11.07.2017, 00:01  

BFM et ses bières spéciales célèbrent leurs vingt ans

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Par Dorine Kouyoumdjian

JURA - La brasserie de Saignelégier mise sur son caractère artisanal pour survivre dans un marché en pleine expansion.

La bière BFM, pionnière en Suisse, célèbre ses 20 ans dans un marché en expansion depuis quelques années. Née du rêve et de l’audace d’un homme de 20 ans, la brasserie de Saignelégier mise sur son caractère artisanal pour survivre au milieu des grands groupes internationaux.

En deux décennies, l’enthousiasme et les ambitions du directeur de l’entreprise, Jérôme Rebetez, n’ont...

La bière BFM, pionnière en Suisse, célèbre ses 20 ans dans un marché en expansion depuis quelques années. Née du rêve et de l’audace d’un homme de 20 ans, la brasserie de Saignelégier mise sur son caractère artisanal pour survivre au milieu des grands groupes internationaux.

En deux décennies, l’enthousiasme et les ambitions du directeur de l’entreprise, Jérôme Rebetez, n’ont pas faibli. D’ici un an, l’entreprise située à l’entrée du chef-lieu des Franches-Montagnes possédera une nouvelle brasserie, explique-t-il en montrant du doigt le terrain où se construit l’infrastructure. L’investissement est conséquent. Il se monte à un peu plus de 9 millions de francs. La capacité totale de la Brasserie des Franches-Montagnes (BFM) sera alors quatre à cinq fois plus grande qu’actuellement. Jérôme Rebetez espère doubler sa production grâce aux nouvelles installations.

L’entreprise, qui emploie 24 personnes, devrait produire 6000 hectolitres de bière en 2017. En 2010, le volume était de 600 à 700 hectolitres. Le chiffre d’affaires affiche une croissance de 10% par année, ajoute le patron, sans toutefois préciser les revenus de sa société.

Essor des brasseries

Malgré cette expansion notable, la BFM reste une petite brasserie en Suisse, comparé aux 3,4 millions d’hectolitres produits dans le pays l’an dernier, selon les chiffres de l’Administration fédérale des douanes (AFD). Les Suisses ont bu 4,573 millions d’hectolitres, une consommation en recul de 0,3% sur un an. Ce qui n’a pas empêché le nombre de brasseries d’exploser. Elles étaient 753 en 2016, soit 130 de plus qu’en 2015.

Toutefois, selon l’Association suisse des brasseries, 99,2% de la bière suisse est produite par 49 brasseries, qui écoulent plus de 1000 hectolitres par an dans l’ombre des deux géants Carlsberg et Heineken.

«On manque de bases légales pour définir les brasseries artisanales», estime Jérôme Rebetez. Quiconque brasse plus de 4 hectolitres de bière par année, à titre professionnel ou non, ou met de la bière en circulation sur le marché, indépendamment de la quantité vendue, est considéré comme une brasserie. Les nouvelles brasseries ne sont pas toutes des brasseries professionnelles. Ce sont souvent des «brasseries de garage», remarque celui qui a notamment démarré son entreprise en gagnant un prix lors d’une émission de la Télévision suisse romande. Mais son projet n’est pas seulement parti d’un rêve, explique-t-il. Ingénieur œnologue, il connaissait son sujet. Une professionnalisation qu’il conserve en employant des maîtres brasseurs diplômés.

Malt bavarois

Fier de sa région, le brasseur jurassien ne mise néanmoins pas sur un produit entièrement local. Le malt de ses bières provient de Bavière. Au total, il en importe 200 tonnes. Il ne rejette pas l’idée de se fournir un jour en Suisse. Mais la quantité dont il a besoin dépasse pour l’instant la production des malteries régionales.

La BFM est distribuée dans toute la Suisse grâce notamment à des contrats avec Coop et Manor. Environ 20% du chiffre d’affaires de la brasserie est réalisé à l’étranger dans une quinzaine de pays. Les bières de signature, aux goûts et techniques particulières, sont les plus recherchées dans des pays comme les Etats-Unis, le Japon, la Belgique, la France, la Scandinavie, l’Italie ou l’Espagne, indique le brasseur, qui revient de Corée du Sud et du Japon – et qui comptabilise jusqu’à trois mois de voyages par an. ats

Pour se démarquer

La bière BFM se caractérise par ses spécialités. La marque compte une quinzaine de produits différents, élaborés dans la brasserie de Saignelégier. Jérôme Rebetez crée des bières qui s’apparentent au vin ou au whisky. Sa gamme comprend notamment une bière vieillie en fûts de chêne ayant contenu du vin, explique-t-il en faisant visiter sa brasserie. Pour se démarquer, il multiplie les nouveautés. La prochaine, ce sera une bière au concombre, annonce-t-il fièrement.

Toutes les bières sont des spécialités non filtrées. Elles fermentent à nouveau en bouteille et se conservent ainsi plusieurs années.

La BFM est brassée à près de 1000 mètres d’altitude, ce qui peut faire la différence en matière de goût, mais aussi de conception.


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