19.04.2017, 00:01  

Jeûner pendant les vacances, un créneau en vogue

Abonnés
chargement
La maison de cure Sankt Otmar, à Weggis (LU), propose des studios équipés d’une petite cuisine, afin que les clients puissent adapter leur jeûne selon leurs besoins.

 19.04.2017, 00:01   Jeûner pendant les vacances, un créneau en vogue

Par Andrea Fiedler

TOURISME - Tisane, petit-lait, bouillon de légumes ou jus de betterave rouge pour purifier le corps. Les adeptes de congés combinés à une cure sont légion.

Des vacances sans souper avec de la viande ou des pâtes, sans un verre de vin ou un café et sans dessert pour clore un repas. A la place: enveloppement corporel, tisane, petit-lait, bouillon de légumes ou jus de betterave rouge pour purifier le corps.

A première vue, des vacances de ce type ressemblent plus à une punition qu’à du...

Des vacances sans souper avec de la viande ou des pâtes, sans un verre de vin ou un café et sans dessert pour clore un repas. A la place: enveloppement corporel, tisane, petit-lait, bouillon de légumes ou jus de betterave rouge pour purifier le corps.

A première vue, des vacances de ce type ressemblent plus à une punition qu’à du plaisir. Les adeptes de vacances de jeûne estiment toutefois qu’il y a une valeur ajoutée dans le fait de renoncer.

Ces personnes suivent la devise «moins, c’est mieux» et privilégient l’expérience personnelle, explique Beat Bachmann, directeur de la maison de cure Sankt Otmar, à Weggis (LU), petite station de villégiature au bord du lac des Quatre-Cantons. «Cela n’a rien à voir avec une dimension religieuse ou de l’ésotérisme», affirme-t-il.

Patrizia Wechsler, codirigeante de l’association Fastenwandern im Wunderland Schweiz, abonde dans le même sens. «Nos clients viennent, car ils veulent récupérer des forces. L’expérience au sein du groupe et le bien-être social jouent un rôle important», fait-elle remarquer.

Renoncer de plein gré

Le principe des vacances de jeûne est de renoncer à la nourriture solide, de marcher quotidiennement, de concilier mouvement et contact humain au sein d’un petit groupe.

Le régime est basé sur des jus de fruits et de légumes, le thé et l’eau. Patrizia Wechsler et ses deux associées proposent des cures d’une semaine quatre fois par année: à Ascona (TI) et à Andeer (GR) au printemps, en été à Davos et à Gstaad à l’automne. Elles collaborent avec des hôtels trois ou quatre étoiles. Les clients sont prêts à dépenser entre 1400 et 1700 francs pour la semaine de cure.

L’établissement Sankt Otmar, à Weggis, propose des cures durant toute l’année. La semaine, du samedi au samedi, coûte entre 600 et 1000 francs. Les clients ne reçoivent que des boissons jusqu’au vendredi soir, moment de rupture du jeûne, où est servie une soupe.

Les 18 studios de l’établissement sont équipés d’une petite cuisine, afin que les clients puissent adapter leur jeûne selon leurs besoins, explique Beat Bachmann.

Les vacances de jeûne sont assez demandées depuis près de dix ans, constate Suisse Tourisme. Les hôtels de bien-être ont découvert ce créneau. L’offre ne cesse de s’étoffer. Les spécialistes du jeûne laissent de plus en plus place aux fournisseurs de services de bien-être. Il est désormais difficile de différencier les offres de cure, par exemple celles dans le domaine du bien-être ou les offres spirituelles, comme des séjours dans des monastères, relèvent Suisse Tourisme et Hotelleriesuisse.

«Cette distinction est en fait très claire», rétorque Marianne Schiess, de l’association Espaces thermaux et maisons de cure suisses. «Pour nous, les offres de bien-être sont plutôt à ranger dans le domaine du lifestyle, tandis que des établissements comme l’hôtel Hof Weissbad ou la clinica Al Ronc disposent d’une expertise médicale.»

Clientèle fidèle

L’hôtel Hof Weissbad, en Appenzell Rhodes-Intérieures, offre des services de bien-être, mais figure également parmi la liste des hôpitaux. La clinica Al Ronc, située à Castaneda, sur les hauteurs de la vallée grisonne de Calanca, propose des cures, sans wellness, en suivant des principes biologiques. Ces établissements placent au premier plan l’accompagnement médical, contrairement aux simples lieux de cure, qui se focalisent sur le jeûne.

L’établissement Hof Weissbad est spécialisé dans la cure de Franz Xaver Mayr, connue sous le nom de cure au petit pain et au lait. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une cure d’amaigrissement, mais plus d’un traitement qui vise à purifier le corps. Seulement 10% des clients y viennent pour jeûner. Quant à la clinica Al Ronc, elle fait office de centre international pour la médecine biologique. De nombreux clients viennent pour traiter une tumeur, une maladie cardiaque, un diabète ou un burn-out. La part de gens qui s’y rendent pour jeûner se limite aussi à 10%.

Les personnes ayant tenté l’aventure du jeûne ont tendance à renouveler l’expérience, affirment les spécialistes. Elles proviennent en majorité de Suisse et leur nombre a tendance à augmenter ces dernières années. Des chiffres précis sur ce marché font toutefois défaut. ATS


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top