15.06.2017, 00:01  

Le réseautage, antidote à la culture du secret?

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Le Château de Neuchâtel, théâtre d’une séance exceptionnelle de réseautage au service de l’économie.

 15.06.2017, 00:01   Le réseautage, antidote à la culture du secret?

SERVICES - Un club d’entrepreneurs où chacun se fait l’ambassadeur des autres.

Il n’est pas encore 7 heures, hier matin, lorsque les membres de BNI (Business network international), investissent la salle du Grand conseil, hier au Château de Neuchâtel, pour une séance de réseautage.

L’organisation rassemble des entrepreneurs dans le but d’échanger des recommandations, afin de conclure des affaires. BNI est né aux Etats-Unis en 1985 et compte des franchises partout...

Il n’est pas encore 7 heures, hier matin, lorsque les membres de BNI (Business network international), investissent la salle du Grand conseil, hier au Château de Neuchâtel, pour une séance de réseautage.

L’organisation rassemble des entrepreneurs dans le but d’échanger des recommandations, afin de conclure des affaires. BNI est né aux Etats-Unis en 1985 et compte des franchises partout dans le monde rassemblant 200 000 membres.

Premier «chapitre» suisse à atteindre cinquante membres, la franchise du littoral neuchâtelois, née il y a 6 mois, veut célébrer ce cap. Elle a donc choisi d’être accueillie au château par le chef du service cantonal de l’économie Christian Barbier.

Après un petit-déjeuner dans la salle des chevaliers, au boulot! Il fut un temps où le réseautage consistait dans une poignée de mains entre inconnus présentés l’un à l’autre par une connaissance commune. Mais ça, c’était avant.

Au sein de BNI, le réseautage atteint une dimension industrielle. Des centaines de recommandations peuvent s’échanger en à peine deux heures grâce à un mécanisme bien rodé (voir ci-contre). Toute personne cherchant à conclure des affaires peut demander l’adhésion. Pour éviter la concurrence, une seule personne par spécialité est acceptée.

Absence de l’industrie

Hier, une aubergiste a demandé un contact privilégié avec un pêcheur professionnel. Un fleuriste cherchait à contacter le directeur d’une entreprise pharmaceutique. Un coach sportif visait l’unité de santé au travail d’une administration.

Artisans, commerçants, responsables des ventes ou patrons de PME de services forment le gros des troupes. A force d’entendre les «pitchs» (brèves présentations) des membres, chacun devient l’ambassadeur de tous. «Ainsi la recommandation dépasse le simple échange de contact, mais contient déjà une entrée en matière substantielle», raconte une membre. Des collaborations entre entreprises de domaines variés se font donc jour. Mais l’industrie est pratiquement absente de la démarche. «Elle fonctionne sur un mode différent. Il y est plutôt question de traiter des problématiques spécifiques auxquels la pratique des appels d’offres répond plus efficacement», explique Florian Németi, directeur de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie.

Pour lui, ce mécanisme peut expliquer que pour l’instant, peu d’industriels se prêtent à l’exercice, sans exclure qu’une expérience réussie pour l’un entraîne un appel d’air pour cette pratique relativement jeune.

D’autres font aussi l’hypothèse que le secret des affaires freine les industriels à se livrer à ce qui peut s’apparenter à un exercice de transparence, même restreint. A l’heure où les entreprises de différents domaines sont de plus en plus appelées à collaborer entre elles, de tels réseaux peuvent peut-être faire sauter quelques barrières.

des règles du jeu strictes

Les rencontres de BNI se déroulent selon une mise en scène stricte: des petits déjeuners hebdomadaires. Les membres sont tenus d’y assister, ou à se faire remplacer. Les séances débutent à 7 heures et demie, et tout est réglé avant le début de la journée de travail. Les membres ont chacun 20 secondes pour présenter leur activité et formuler une demande. Généralement, il s’agit de la recherche d’un contact privilégié au sein d’une entreprise. Une cloche limite le temps de parole et les présentations s’enchaînent rapidement. Dans un deuxième temps, chacun annonce les réponses qu’il peut apporter aux demandes du jour, puis remercie les personnes qui l’ont recommandé. C’est l’occasion d’annoncer le montant de la transaction qui s’en est suivi. Hier, un fleuriste a remercié une demi-douzaine de membres, annonçant des montants entre 20 francs et quelques centaines de francs. D’autres, des affaires à plusieurs dizaines de milliers de francs. Le tout est consigné sur des fiches, pour permettre un suivi des recommandations et quantifier les résultats. Ceux qui accumulent les recommandations ou permettent de décrocher les meilleures affaires sont remerciés nommément. Hier, les membres ont annoncé au total plus de 160 000 francs en affaires réalisées grâce aux recommandations des séances précédentes.

bni en suisse

membres Environ 1500 personnes réparties au sein de 60 «chapters».

coûts Une cotisation annuelle de 1450 francs et une taxe d’inscription de 250 francs est demandée actuellement.

résultats L’association annonce 36 500 recommandations professionnelles pour 2015. Elles auraient généré un chiffre d’affaires de 131 millions de francs.

fondation 2005, en Suisse.


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