13.07.2017, 00:01  

Les petits Romands apprennent plus tard à gérer leurs sous

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En Suisse, la plupart des enfants touchent leur premier argent de poche entre 6 et 10 ans.

 13.07.2017, 00:01   Les petits Romands apprennent plus tard à gérer leurs sous

Par ariane gigon

ÉDUCATION - En Suisse, près de 75% des enfants de 14 ans reçoivent régulièrement de l’argent de poche. Mais les disparités régionales sont grandes.

Stephan*, un Zurichois, donne de l’argent de poche à ses enfants depuis leur entrée à l’école primaire: un franc par semaine la première année, deux francs dès l’entrée en deuxième, (de la numérotation pré-Harmos), etc. Viviane*, une Chaux-de-Fonnière, ne donne aucun argent de poche à ses fils, mais ils reçoivent ce dont ils ont besoin quand ils veulent s’acheter...

Stephan*, un Zurichois, donne de l’argent de poche à ses enfants depuis leur entrée à l’école primaire: un franc par semaine la première année, deux francs dès l’entrée en deuxième, (de la numérotation pré-Harmos), etc. Viviane*, une Chaux-de-Fonnière, ne donne aucun argent de poche à ses fils, mais ils reçoivent ce dont ils ont besoin quand ils veulent s’acheter quelque chose.

Ces deux exemples confirment les résultats du premier sondage de grande ampleur (14 000 personnes) réalisé pour le compte du Credit Suisse et de Pro Juventute, présenté hier à Zurich: en Suisse alémanique, 63% des enfants de 7 ans reçoivent de l’argent de poche, contre 18% en Suisse romande.

Donner très tôt

«En Suisse romande et au Tessin, les parents fixent l’âge à partir duquel les enfants sont capables de faire leurs premiers pas avec l’argent plus tard qu’en Suisse alémanique», explique Michael Hermann, directeur de l’Institut de recherches Sotomo, qui a réalisé l’étude. Même au secondaire, moins d’un tiers des enfants (30%) touchent un pécule, contre 90% outre-Sarine.

En moyenne suisse, 75% des enfants de 14 ans reçoivent de l’argent de poche régulièrement (48 francs en moyenne par mois). En comptant les jeunes qui perçoivent quelque chose de façon irrégulière, la proportion est d’un peu moins de 90%. «Nous constatons aussi ces différences régionales en comparant les soirées de parents que nous organisons dans toute la Suisse», confirme Monique Ryf, responsable régionale de Pro Juventute. Selon elle, «ces disparités révèlent une différence de mode de vie. Dans tous les cas, les parents pensent toujours bien faire».

N’empêche: depuis 2010, Pro Juventute développe un programme encourageant à éduquer les enfants aux questions d’argent dès qu’ils en sont capables, soit vers 6 ans.

«Dans ce sens-là, il est important de donner très tôt de l’argent de poche», poursuit Monique Ryf. «L’apprentissage de la différence entre les désirs et les besoins est primordial et contribue à éviter l’endettement, plus tard.»

Pas pour les bonnes notes

Donner de l’argent de poche, selon les besoins ponctuels, peut aussi se révéler «trompeur»: «Lors d’une soirée, deux pères avaient calculé les montants donnés à leur enfant», relate Monique Ryf. «Celui qui donnait sur une base irrégulière était arrivé, à sa grande surprise, à un montant plus élevé que celui qui donnait de l’argent de poche chaque semaine.» Les professionnels conseillent aussi de ne pas conditionner l’argent de poche à la réalisation de tâches, et surtout pas à l’obtention de bonnes notes à l’école. «Cela empêche les enfants de construire leur estime de soi», explique Monique Ryf.

Là aussi, les conseils sont différemment suivis de part et d’autre de la Sarine – et des Alpes. Plus de 60% des Tessinois lient l’argent de poche à des conditions, contre un peu plus de 45% des Romands et environ un tiers des Alémaniques.

Différence filles-garçons

L’étude révèle enfin une différence entre filles et garçons, qui laisse même ses auteurs perplexes: les filles reçoivent en effet, en moyenne, leur premier argent de poche plus tard, à 8 ans, que les garçons (vers 7 ans). Seules 28% des filles de 5 à 7 ans en touchent, contre 43% des garçons. Entre 8 et 11 ans, l’écart se réduit, mais demeure (72% des filles, 81% des garçons). Ce n’est qu’à partir de 12 ans que les deux sexes sont présents à égalité dans la statistique.

Or, les parents disent ne pas faire de différences entre les filles et les garçons dans ce domaine, précise Michael Hermann. L’explication réside dans la différence entre les aînés et les cadets: chez les premiers, aucune différence ne transparaît entre les sexes, tandis que chez les cadets, les garçons touchent leur premier argent de poche plus vite que les filles. «Peut-être parce qu’ils râlent jusqu’à ce que les parents cèdent», selon l’hypothèse de Michael Hermann. * Prénoms d’emprunt.


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