22.05.2017, 00:01  

Une fois encore, il est midi moins une chez Zenith

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Jean-Claude Biver (à gauche) et Julien Tornare, lors de la conférence de presse de Zenith, au Locle.

HORLOGERIE - L’étoile du Locle veut revenir au sommet avec un nouveau patron.

Zenith est «une belle marque appréciée des connaisseurs, mais un peu trop tranquille». C’est l’idée que s’en fait son nouveau patron. Julien Tornare, économiste genevois de 45 ans, a parcouru le monde pour Vacheron Constantin (groupe Richemont), dont il a dirigé les entités aux Etats-Unis et en Asie. Il dit apprécier Zenith, au sein de laquelle il est...

Zenith est «une belle marque appréciée des connaisseurs, mais un peu trop tranquille». C’est l’idée que s’en fait son nouveau patron. Julien Tornare, économiste genevois de 45 ans, a parcouru le monde pour Vacheron Constantin (groupe Richemont), dont il a dirigé les entités aux Etats-Unis et en Asie. Il dit apprécier Zenith, au sein de laquelle il est arrivé le 1er mai et admire la richesse de son histoire, qui consiste notamment dans 2333 prix de chronométrie et de nombreuses inventions.

Record en vue

On en annonce d’autres, à Paris, dans le courant de l’année: une montre mécanique sans balancier ni spiral (le cœur de la régulation d’une montre mécanique), promise à une précision de deux secondes en 50 heures. De quoi redonner à Zenith la place qu’elle mérite dans le cœur des amateurs d’horlogerie.

«Les compétences sont extraordinaires» au sein de la manufacture, cependant Julien Tornare estime qu’il va falloir «animer le savoir-faire» qui semble s’être enlisé au cours des années: beaucoup de collections, pas toujours bien définies: «On a manqué de désirabilité ces dernières années». Il manque de cette «magie qui pourrait conquérir un public un peu plus large».

Vente à revoir

Appelé à Hong Kong par Jean-Claude Biver, Julien Tornare a accepté de rencontrer le patron du pôle horloger de LVMH le lendemain, à condition qu’il puisse repartir dans l’autre sens avec le même avion. «Un gars capable de venir à l’autre bout de la planète sans pyjama, comme je l’ai fait moi si souvent… Il était déjà à moitié engagé», rigole Monsieur Biver.

Oui, Jean-Claude Biver, 68 ans, voyage beaucoup et a les yeux partout. Il voit que les clients ont changé. Il raconte que tel patron du web chinois a écoulé 200 Lamborghini en 18 secondes, que tel grand détaillant réalise déjà 40% de ses ventes sur le net.

Embauches à venir

Il semble avoir trouvé en Julien Tornare, cinquième patron de la marque en quinze ans, celui qui redonnera à Zenith sa juste place au firmament de l’horlogerie. «Approche des clients, écrins, catalogue, il faut tout revoir» promet celui-ci. La marque, en difficulté depuis plusieurs années, compte environ 250 collaborateurs. Indiquant le soutien du groupe LVMH et des perspectives de développement, le responsable des manufactures, Aurélien Le Bigot, assure, aux côtés de Julien Tornare, que l’activité prévue pour la marque nécessitera de nouveaux engagements, dans plusieurs corps de métiers. Quant à la marche des affaires, Jean-Claude Biver a fait part d’une «croissance» sur les quatre premiers mois de l’année, après une année 2016 «très difficile».

lvmh veut un pôle de recherche et développement

Le groupe de luxe français LVMH compte 4 maisons horlogères suisses: Zenith, Tag Heuer et Bulgari, installées dans le canton, et Hublot, à Nyon. Les deux premières construisent des mouvements, pour elles-mêmes et pour des clients.

Certains personnages clé du groupe agissent au sein de plusieurs marques, à commencer par Jean-Claude Biver lui-même. Cependant, suite à la question d’un journaliste, il a rejeté l’idée de constituer un «pôle industriel» chargé de construire les composants pour toutes les marques du groupe. Il lui préfère la notion de «pôle de compétences», les spécialistes d’une marque du groupe pouvant être mis au service d’une autre marque, «la production industrielle restant de la responsabilité de chaque marque». Zenith pourra ainsi profiter des synergies du groupe pour se remettre en piste. En revanche, il a indiqué l’«éventualité» de voir regroupées en un seul endroit les activités de recherche et développement.

Zenith

fondation En 1865, Georges Favre-Jacot réunit toute la production de montres sous un même toit, créant avec Zenith la première manufacture horlogère.

production Environ 40 000 montres par an.

personnel 203 personnes au Locle, et 40 ailleurs dans le monde.

Propriétaire Vendu au groupe LVMH en 1999.


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