12.07.2017, 00:01  

Une pile géante pour alimenter l’Australie

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Elon Musk, PDG de Tesla (à g.), et Jay Weatherill, premier ministre de l’Etat d’Australie-Méridionale, lors de leur conférence de presse, le 7juillet.

 12.07.2017, 00:01   Une pile géante pour alimenter l’Australie

Par Mathilde Blottière

TECHNOLOGIE - Déployée par Tesla et par le français Neoen, la plus grande batterie du monde approvisionnera 30 000 foyers aux heures de pointe.

Une prouesse technologique et une percée idéologique: les énergies renouvelables viennent de gagner une double bataille au pays du charbon. Vendredi, le premier ministre de l’Etat d’Australie-Méridionale, Jay Weatherill, a annoncé avoir confié au californien Tesla, constructeur de voitures électriques haut de gamme mais aussi fabricant de systèmes de stockage d’énergie, la livraison de la plus grande batterie...

Une prouesse technologique et une percée idéologique: les énergies renouvelables viennent de gagner une double bataille au pays du charbon. Vendredi, le premier ministre de l’Etat d’Australie-Méridionale, Jay Weatherill, a annoncé avoir confié au californien Tesla, constructeur de voitures électriques haut de gamme mais aussi fabricant de systèmes de stockage d’énergie, la livraison de la plus grande batterie lithium-ion du monde.

D’une capacité de 100 mégawatts, elle sera alimentée en électricité par le parc éolien d’Hornsdale, développée et gérée par Neoen, producteur français d’énergies vertes et filiale d’Impala, holding de Jacques Veyrat. La batterie géante pourra approvisionner 30 000 foyers aux heures de pointe. Tesla doit l’installer avant la fin de l’année à 230 kilomètres d’Adélaïde, à Jamestown, non loin d’Hornsdale.

L’intérêt de cette mégapile? Pallier l’intermittence de l’électricité renouvelable – le soleil et le vent manquent parfois, même en Australie – pour seconder le réseau électrique de l’Australie-Méridionale, incapable de répondre aux pics de consommation. «Vous pourrez charger les batteries lorsque vous aurez trop d’électricité et que le coût de production sera très bas, et les décharger quand il sera élevé», a expliqué Elon Musk, président-fondateur de Tesla, vendredi à Adélaïde. «Cela abaissera les coûts pour les clients et améliorera l’efficacité du réseau.»

En septembre 2016, une tempête avait endommagé d’importantes infrastructures locales et plongé 1,7 million de personnes dans le noir sur une zone équivalente à une fois et demie la France. En février 2017, en plein été austral, d’autres coupures ont laissé les habitants affronter la chaleur sans climatisation. S’en est suivi un houleux débat sur la sécurité énergétique de l’Australie, douzième puissance économique mondiale. Le gouvernement de l’Australie-Méridionale, dont l’objectif est d’arriver à 33% d’énergies propres dans sa production d’électricité d’ici à 2020, a réagi aux risques de pénurie en annonçant un plan de 500 millions de dollars australiens (367 millions de francs). Parmi les dispositions prévues: la batterie géante.

«En mars, nous avons répondu à un appel d’offres du gouvernement avec Tesla», explique Franck Woitiez, le directeur de Neoen en Australie. «C’est le meilleur acteur sur le marché pour réaliser cette première mondiale. Le stockage est la clé pour que les énergies vertes que nous produisons soient opérationnelles en cas de besoin, 24heures sur 24.»

Arrêt de mort

Si le coût de ce projet, choisi parmi 90 candidats, n’a pas été communiqué, Adélaïde parle d’une «offre commerciale hautement compétitive avec le meilleur rapport qualité-prix». Elon Musk s’est engagé à installer la batterie avant cent jours, faute de quoi il en fera cadeau au contribuable.

Dans un pays où l’électricité provient à 63% du charbon, ce contrat pourrait bien changer la donne. Certains y voient même l’arrêt de mort des énergies fossiles en Australie. D’autres, prudents voire sceptiques, attendent de voir la batterie à l’œuvre.

D’aprèsl’Institut du climat, 96% des Australiens en 2017 souhaitent que les «renouvelables», considérés comme une nécessité écologique, mais aussi comme un judicieux débouché économique, soient à l’avenir la première de leurs sources d’énergie. le figaro


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