16.03.2017, 00:01  

Une montre pour la réinsertion

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TRAVERS - Le programme Ecoval commercialise un garde-temps mécanique.

Une nouvelle montre conçue au Val-de-Travers arrive sur le marché. Estampillée «Swiss Made», cette montre mécanique automatique «relativement sobre» utilise un calibre ETA «plutôt simple mais qui a fait ses preuves». Elle est commercialisée pour la modique somme de 260 francs, mais surtout, son montage est l’œuvre de personnes en réinsertion professionnelle chez Ecoval, à Travers.

Projet multi-atelier pour l’«entreprise d’exercice» traversine, la montre Ecoval permet aux bénéficiaires du programme «d’aller jusqu’au bout de la pièce» et de se retrouver ainsi au plus près du monde du travail, note Marie-Danièle Bruttin Troutot, présidente de l’Oseo Neuchâtel, la structure qui chapeaute Ecoval (lire ci-dessous).

Une journée de travail

Il faut environ une journée de travail à l’un des 18 participants à l’atelier horlogerie d’Ecoval – ce sont soit des chômeurs en reconversion professionnelle ou des horlogers au chômage en mal d’exercice – pour monter une pièce, alors que les autres ateliers d’Ecoval apportent également leur pierre à l’édifice. L’atelier menuiserie construit ainsi les coffrets, alors que les ateliers de logistique et de vente s’occupent de la commercialisation.

«Le challenge, c’était de trouver des composants pas trop chers pour proposer une montre que les participants puissent acheter», explique Claude Brosy, directeur d’Ecoval. Aujourd’hui commandées à des entreprises, ces pièces pourraient bientôt provenir d’autres structures de réinsertion ou d’apprentissage, souhaite le fondateur de la structure, en discussion notamment avec le Cnip (Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle), à Couvet.

Pour Claude Brosy, chez qui le projet «mijote depuis environ une année», il était primordial de proposer un objet «avec une certaine valeur ajoutée»: «A ma connaissance, nous sommes le seul programme de notre genre qui proposons une telle montre.»

Toutefois, en commercialisant une telle montre, Ecoval, qui reçoit de l’argent public pour ses programmes, doit bien faire attention à ne pas entrer en concurrence avec des entreprises de la place. «Nous ne touchons pas la clientèle des entreprises horlogères avec ce type de montre», estime Claude Brosy, qui indique avoir reçu «le feu vert des Fleurons», soit les grandes entreprises horlogères du Val-de-Travers.

Main-d’œuvre disponible

Pour ces derniers, l’attrait du projet se trouve dans la main-d’œuvre qu’Ecoval forme et qui est ainsi rapidement disponible. L’année dernière, 18 participants à l’atelier horlogerie – qui ne consacre d’une «petite partie de leur temps» aux montres Ecoval – ont quitté la structure pour un job, sur les quelque cinquante personnes ayant fréquenté l’atelier. Tous ateliers confondus, 31 personnes ont retrouvé un emploi sur 101 l’an dernier. «Nous pouvons mieux faire, mais sommes satisfaits en regard du contexte économique», remarque Claude Brosy.

Porteur de la première montre Ecoval, le directeur du programme annonce également être en discussion avec la commune de Val-de-Travers pour proposer prochainement une montre communale, similaire au modèle désormais en vente.

Des projets pour l’Oseo

Depuis le 1er janvier, Ecoval a quitté le giron communal pour désormais être chapeauté par l’Oseo, l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière. Après deux mois et demi, les responsables de la nouvelle antenne neuchâteloise de l’Oseo dressent un bilan encourageant. Si aujourd’hui, les responsables finalisent le changement de structures, «il pourrait y avoir des développements rapides», note Claude Brosy, directeur d’Ecoval et de l’Oseo Neuchâtel.

Le premier développement pourrait être la mise en place d’un programme de coaching+. «C’est la mesure phare de l’Oseo-Vaud, que tout le monde reprend», explique le Covasson. Ce programme consiste en un accompagnement du demandeur d’emploi, du bilan de compétences jusqu’à l’obtention d’un travail. «Nous avons déposé un projet auprès du Conseil d’Etat», note Marie-Danièle Bruttin Troutot, présidente de l’Oseo Neuchâtel.

A l’image de ce projet, l’intégration d’Ecoval au sein du réseau de l’Entraide ouvrière permet surtout de profiter des expériences menées ailleurs. Et le projet va aussi dans le sens inverse, la section genevoise de l’institution s’intéresserait de près à l’atelier d’horlogerie de Travers.


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