15.03.2017, 00:01  

«On n’est jamais autant amoureux en même temps»

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Fils de Guy, Nicolas Bedos est un artiste aux talents multiples. Ecrivain de pièces de théâtre à succès et scénariste, il s’est fait connaître du grand public sur le petit écran, puis en devenant acteur de cinéma dans des comédies romantiques comme «Populaire». Avec «Monsieur & Madame Adelman», il nous livre son premier long-métrage, une petite perle caustique et...

Fils de Guy, Nicolas Bedos est un artiste aux talents multiples. Ecrivain de pièces de théâtre à succès et scénariste, il s’est fait connaître du grand public sur le petit écran, puis en devenant acteur de cinéma dans des comédies romantiques comme «Populaire». Avec «Monsieur & Madame Adelman», il nous livre son premier long-métrage, une petite perle caustique et existentielle, dont il joue le rôle-titre avec sa compagne Doria Tillier. Rencontre.

Nicolas Bedos, pourquoi avoir choisi de raconter la vie entière d’un couple?

Doria Tillier et moi aimons les grands films romanesques, où on a le sentiment apaisant et jubilatoire de voyager avec les personnages. Il ne s’agit pas de donner des leçons de vie, mais de permettre d’observer une philosophie de vie, comme dans les romans d’apprentissage du 19e siècle. On voulait aussi un film hétéroclite, avec plusieurs couleurs et plusieurs époques. Très rapidement, nous nous sommes focalisés sur les années 1970 et 1980, des périodes de liberté sexuelle qui offrent également beaucoup de propositions en termes de fringues et de décoration, et qui nous ont permis de montrer une certaine désillusion politique...

Quelle était la part d’improvisation durant l’écriture du film?

Il y a eu une première étape, où Doria Tillier et moi avons improvisé en jubilant d’avance, comme des enfants qui préparent un spectacle de fin d’année! On a essayé de rendre universelles toutes ces improvisations et de les lier les unes aux autres pour raconter l’histoire d’un couple et du couple en général. C’est ce dont nous sommes le plus fiers: en Suisse, en Belgique ou en France, on rencontre des spectateurs qui s’identifient, souvent en larmes à la fin du film, alors qu’ils ne sont ni écrivains ni Parisiens.

Le film montre qu’au cours d’une vie, l’un ou l’autre membre du couple prend l’ascendant sur l’autre…

Exactement! C’est l’un des éléments les plus importants du film. Que ce soit en lisant, en observant la trajectoire amoureuse des autres ou en en vivant une moi-même, j’ai compris qu’on n’est jamais autant amoureux en même temps. Ce croisement sentimental me paraissait intéressant à souligner. Les sentiments fluctuent et, malheureusement, se croisent. Celui qui est le plus aimé au début n’est pas forcément le plus aimé à la fin.

Pourquoi avoir décrit avec ironie la bourgeoisie ou les traditions de Noël du temps de votre enfance?

J’étais un adolescent espiègle et attentif aux gens qui venaient à la maison. Ça a donc été très agréable de faire le portrait satirique de mon milieu d’origine. Je suis bien conscient de la banalité du scénario: le sujet du couple a été abordé des milliards de fois. En revanche, le film prend le contre-pied de certains clichés et je ne pouvais pas éviter de souligner que nous sommes conscients de suivre deux personnages bourgeois. Cela dit, si certaines personnes traversent des problèmes sociaux ou médicaux, c’est leur vie sentimentale qui compte le plus. Un chagrin d’amour n’a rien d’anodin.

Quelles contraintes avez-vous rencontré en tant que réalisateur et acteur?

Pour un premier film, le cahier des charges était vertigineux et c’était un tournage anxiogène. Paradoxalement, étant très impatient, j’ai aimé le fait d’être monopolisé par le film en tant qu’acteur et metteur en scène. J’ai pu préciser le rythme des scènes. J’avais envie d’un film contrôlé, qui me ressemble, car j’ai parfois participé à des films que je ne revendique pas artistiquement. Quel que soit le résultat, j’en suis resté totalement responsable.

de Nicolas Bedos, avec Doria Tillier, Nicolas Bedos, Denis Podalydès... Durée: 1h24. Age légal/conseillé: 12/14

L’amour dure des ans

En 1971 à Paris, Sarah Adelman (Doria Tillier), une intello à lunettes de la Sorbonne issue d’une famille juive populaire, rencontre Victor de Richemont (Nicolas Bedos), un fils à papa qui se dit romancier. Tandis qu’il écrit des manuscrits truffés d’adverbes et de redondances, la jeune femme le séduit et commence à corriger son style. Après 45 ans de passion, de hauts et de bas, Victor décède et Sarah remonte le fil de leur vie en compagnie d’un biographe…

De leur mariage idyllique à leurs vieux jours oscillant entre tendresse et cruauté, en passant par leurs aventures extraconjugales et la naissance de leur petit garçon simplet et méchant, Nicolas Bedos raconte l’existence entière d’un foyer avec une verve irrésistible, souvent grâce à une voix off décalée. Reconstituant les années 1970 à 1990 avec humour et sens de l’observation, le cinéaste réussit une comédie bien enlevée, sertie de dialogues ciselés et de scènes sarcastiques, qui exorcise à la fois les angoisses et les fantasmes liés à l’infidélité, à la famille ou à la vieillesse.


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