17.03.2017, 00:01  

«Il n’y a rien de mieux que de jouer devant les gens»

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 17.03.2017, 00:01   «Il n’y a rien de mieux que de jouer devant les gens»

MATMATAH - Le groupe breton, fraîchement reformé, se produira à Morgins dimanche puis à Orsières en mai et Payerne en juin. Le chanteur, Tristan Nihouarn, évoque cette renaissance ponctuée d’un nouvel album.

Ils ont éclaté en 1998, avec un premier album, «La Ouache», fort remarqué. Les musiciens du groupe Matmatah ont parcouru un beau chemin, sortant trois autres disques, enchaîné les longues tournées bien au-delà des frontières de leur Bretagne natale, avant de se séparer, à bout de souffle, en 2008.

Après des retrouvailles autour d’un coffret marquant les 20 ans d’une...

Ils ont éclaté en 1998, avec un premier album, «La Ouache», fort remarqué. Les musiciens du groupe Matmatah ont parcouru un beau chemin, sortant trois autres disques, enchaîné les longues tournées bien au-delà des frontières de leur Bretagne natale, avant de se séparer, à bout de souffle, en 2008.

Après des retrouvailles autour d’un coffret marquant les 20 ans d’une grande aventure, les membres du groupe ont envie de reformation et se réunissent, l’an dernier, pour concocter un nouveau disque, «Plates coutures», sorti au début de ce mois de mars. L’histoire se poursuit aussi sur scène, puisque la vie de tournée a repris. Matmatah annonce trois dates en Suisse romande: ce dimanche à Morgins (VS), puis le 13 mai à Orsières (VS) et le 24 juin à Payerne (VD). L’occasion de faire le point sur le groupe avec le chanteur Tristan Nihouarn.

Neuf ans après votre rupture, vous reformez le groupe. Pensiez-vous que ce serait possible?

En 2008, c’était vraiment une tournée d’adieu, et j’avais tourné la page, personnellement. Chacun a pris son chemin, nous n’étions pas fâchés, mais c’est comme ça, on prend d’autres routes. Et en 2014, nous avons voulu créer un coffret pour les 20 ans du groupe, qui allait sortir en 2015. On voulait y mettre quelques inédits, quelques chansons qui avaient été inachevées. On s’est retrouvé en studio et je crois qu’on s’est pris à notre propre piège: les automatismes étaient toujours là, on a pris du plaisir à le faire... Et, à force de discussions, tard le soir en studio, on s’est dit: «Et si on remontait sur scène?» Mais on ne voulait pas y retourner pour faire que des anciennes chansons, ça faisait trop genre «hommage à soi-même», ce n’est pas trop le style de la maison... On s’est dit qu’il fallait arriver avec du neuf et, dans ces cas-là, il faut faire un nouveau disque.

En rejouant ensemble, avez-vous eu l’impression de ne vous être jamais séparés?

Quand on a commencé à répéter, le musicien qui est venu nous épauler au clavier, nous a dit: «C’est émouvant de vous voir, on a l’impression que vous avez joué ensemble la veille.» Donc, apparemment...

A vous écouter, avez-vous l’impression d’être le même groupe qu’en 2008 ou sentez-vous un souffle nouveau?

Nous sommes les plus mal placés pour le dire... D’autant plus que nous considérons toujours un disque comme le Polaroid d’une époque ou d’un temps que nous avons passé ensemble. Quand on me parle de tel ou tel album de Matmatah, je ne pense pas à l’album en lui-même, parce qu’il se trouve que je ne l’ai plus écouté dès le moment où il est sorti, mais je pense surtout à l’époque à laquelle il a été fait, là où on était, ce qu’on a vécu ensemble... Donc, c’est une nouvelle aventure, avec un an et demi passé ensemble, dans certains endroits. Nous avons notre propre histoire de chaque album, alors, évidemment, pour nous, c’est toujours différent. Après, du point de vue musical, c’est aux gens à dire ce qu’ils en pensent, parce que nous, nous savons comment cela a été fait! (Rires.)

Avec le temps qui passe, avec l’âge, écrivez-vous des chansons différentes?

Ah oui, sûrement. Je pense que c’est quand même des textes de notre âge, on va dire. On a essayé quand même de faire un album rock, car on ne peut pas arriver avec des tempos un peu mollassons de quadragénaires. On voulait quand même quelque chose d’assez pêchu, mais sans faire de jeunisme non plus. Le discours qu’il y a dans nos chansons, c’est le résultat de nos réflexions des dix dernières années.

Sentez-vous concrètement les changements survenus depuis dix ans au sein de l’industrie du disque?

Oui, oui, on est sur une autre planète. Mais on a quand même eu le temps de s’accoutumer aux nouveaux outils de communication, mais c’est vrai que ça n’a plus rien à voir avec ce qui se passait il y a encore dix ans, ce n’est plus du tout la même manière d’écouter de la musique. Les gens ont plus tendance à regarder de la musique sur Youtube qu’à écouter de la musique. Nous sommes encore de la vieille école, nous considérons qu’un album, c’est une entité, qui s’écoute du début à la fin. Et nous le concevons même comme un album en deux parties, avec deux faces, donc... (Rires.) Il faut s’accommoder de ces changements, et, en même temps, on fait toujours des chansons, et les chansons restent toujours des chansons. Mais dans l’écoute de la musique, tout a changé, et dans la manière de communiquer aussi.

Jouer dans des cadres originaux, comme à Rock the pistes, à Morgins, c’est le genre de plan qui vous branche?

On a fait ce genre de concert, mais il y a très, très, très longtemps. C’était au début du groupe, on a fait des semaines dans les Alpes, où on jouait le soir, et même à midi aussi... On est quand même assez tout-terrain, avec des plans un peu bizarres, comme ça, parce que ce n’est quand même pas commun d’aller jouer sur les pistes en plein jour. Donc, il va falloir prévoir la crème solaire et les lunettes de soleil, s’il fait beau. Mais bon, nous ne sommes pas vraiment des habitués de la montagne, nous venons de l’Ouest...

A l’aube d’une nouvelle tournée, êtes-vous tendus ou excités?

La pression monte... sérieusement! On en avait un peu marre de répéter, il était temps que l’on joue devant des gens, parce qu’il n’y a rien de mieux que de jouer devant les gens, ça vaut toutes les répétitions du monde.

INFO +

«Plates coutures», L’autre distribution.

En concert à Rock the pistes, le 19 mars à Morgins (VS), au Grand Festival le 13 mai à Orsières (VS) et au Red Pigs Festival le 24 juin à Payerne (VD).


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