16.03.2017, 00:01  

Vues inédites de Neuchâtel exposées à Boudry

Abonnés
chargement
1/7  

 16.03.2017, 00:01   Vues inédites de Neuchâtel exposées à Boudry

ART - Henri de Bosset est à découvrir au Musée de la vigne et du vin.

Avec des photos prises à Neuchâtel hier et aujourd’hui, une exposition avait connu le succès l’an dernier au Musée d’art et d’histoire. Ceux qui l’ont aimée seront peut-être séduits par la nouvelle exposition temporaire du château de Boudry.

Le Musée de la vigne et du vin met en lumière le Neuchâtelois Henri de Bosset (1876-1956), architecte et artiste à ses...

Avec des photos prises à Neuchâtel hier et aujourd’hui, une exposition avait connu le succès l’an dernier au Musée d’art et d’histoire. Ceux qui l’ont aimée seront peut-être séduits par la nouvelle exposition temporaire du château de Boudry.

Le Musée de la vigne et du vin met en lumière le Neuchâtelois Henri de Bosset (1876-1956), architecte et artiste à ses heures. La visite vaut ne serait-ce que pour une série de quinze grands dessins de la ville, réalisés entre octobre et novembre 1941.

Une découverte

Jusqu’ici, cette commande de la commune, alors que la ville était «en pleine mutation», n’avait pratiquement jamais été vue, «en tout cas pas par moi», relève Patrice Allanfranchini, conservateur du musée. S’il avait eu connaissance de ces dessins, l’historien les aurait sans doute intégrés dans son livre sur l’iconographie de la Neuchâtel entre 1642 et 1942.

«Ces vues insolites de Neuchâtel, je peux en parler longuement», note le conservateur. Il y a par exemple ce panorama de Serrières où, sur des rivages en friche, se dressent les moulins Bossy. La place est désormais occupée par une fabrique de cigarettes. Ou cette vue du cimetière du Mail, dont il ne reste aujourd’hui plus que deux monuments aux soldats italiens et français.

«Ma préférée, c’est cette vue depuis le sommet de la colline du Crêt, arasée pour faire place au gymnase cantonal.» A droite, on distingue la tour Saint-Jacques, dite «Firestone», et les bâtiments de l’école catholique. La maison de Reynier, qui abrite le Junior College, est aussi visible, comme le développement du quartier de la gare et de l’hôpital de la Providence.

Sortis du grenier

Ces dessins, réalisés sur du papier-calque d’architecte, sommeillaient dans un cartable, dans le grenier de la propriété familiale. «Je le feuillette de temps en temps. J’ai toujours trouvé ces dessins très intéressants», confie Louis-Philippe de Bosset.

Le petit-fils du dessinateur apprécie ce «travail d’architecte, précis et beau». A l’aspect très appliqué s’ajoute une expressivité, par exemple avec les cyprès du cimetière du Mail (ci-contre). A propos de la commande faite par la Ville, elle est à replacer dans son contexte, où «tout changeait à une telle vitesse». Dans la demeure du Bied, à Colombier, ces précieux témoins du passé ont notamment survécu à un incendie.

INFO +

«Henri de Bosset, aquarelles entre lac et terroir, ici et ailleurs»: A voir jusqu’au 30 juin au château de Boudry. Du mercredi au dimanche de 14h à 18h. Visite guidée sur demande. www.chateaudeboudry.ch

D’abord aquarelliste

Henri de Bosset, «c’était un écolo avant l’heure, avec une âme d’artiste», raconte Patrice Allanfranchini, conservateur au château de Boudry. Natif de Neuchâtel, il a été élevé par sa grand-mère à Wavre, «dans un environnement de gentleman-farmer». Mais, «pour avoir une profession admissible dans cette aristocratie de la fin du 19e siècle», il choisit le métier d’architecte, pour lequel il se formera à Paris. A Neuchâtel, il construira des cités ouvrières et des villas, ou conduira la restauration du théâtre. «Dès qu’il avait un moment, il s’échappait avec sa boîte d’aquarelle, près de chez lui ou lors de voyages.» Ce sont donc d’abord des aquarelles que l’on peut goûter au Musée de la vigne et du vin. Des paysages lacustres, alpins, tessinois ou égyptiens, souvent empreints d’un «sens de la mélancolie». Parmi les curiosités à découvrir figure un carnet de dessins signés Marcel North retraçant le parcours de Henri de Bosset.

L’exposition, et une publication à venir, ont été suggérées par un de ses descendants. «Je me suis toujours dit que nous devions ça à notre grand-père», déclare Louis-Philippe de Bosset. Ce dernier s’est ainsi approché de parents pour réunir 370 œuvres. «Au 19e siècle, c’est l’artiste prépondérant de la famille, qui comptait plutôt des officiers de carrière.» Agé de 14 ans à la mort de son aïeul, Louis-Philippe de Bosset retient l’image d’un homme «retiré, peut-être mélancolique, très fin et gentil, qui ne criait jamais». Enfant, Louis-Philippe de Bosset accompagnait parfois l’artiste, lorsqu’il allait peindre sur le motif. «J’ai de très beaux souvenirs. Souvent, il se levait tôt l’été pour aller pêcher, chercher des asperges ou cueillir des pois de senteur pour en faire des bouquets.»


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top