20.03.2017, 00:01  

Le père du rock’n’roll est mort

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Par Olivier Nuc - Le figaro

«Si on rebaptisait le rock’n’roll, on l’appellerait Chuck Berry», disait John Lennon. «C’est le plus grand poète du rock. On lui doit tout.» Le chanteur, né Charles­Edward Anderson Berry le 18 octobre 1926 à Saint Louis (Missouri), a écrit bon nombre de classiques du rock des...

«Si on rebaptisait le rock’n’roll, on l’appellerait Chuck Berry», disait John Lennon. «C’est le plus grand poète du rock. On lui doit tout.» Le chanteur, né Charles­Edward Anderson Berry le 18 octobre 1926 à Saint Louis (Missouri), a écrit bon nombre de classiques du rock des années 1950 et 1960: Roll Over Beethoven, Maybellene, Memphis Tennessee, Sweet Little Sixteen, Johnny Be Good…

Chroniques musicales, hyperréalistes ou sentimentales, elles ont constitué la bande sonore d’une jeunesse américaine avide de consommation au sortir de la Seconde Guerre mondiale. «Johnny B. Goode, c’est un peu mon histoire, celle d’un musicien qui monte dans une grande ville pour y trouver le succès», avait-il coutume de raconter au sujet de ce qui demeure son plus gros tube.

Source d’inspiration

Chuck Berry considérait que la musique noire avait été «volée» par les Blancs. C’est l’animateur de radio Alan Freed qui fut le premier à faire connaître auprès du public blanc cette musique estampillée «race music», avant de la rebaptiser rock and roll. Le succès fut au rendez-vous dès les années 1955-1956, d’abord avec la chanson Maybellene, son numéro 1 des ventes, qui fut par ailleurs le 45-tours le plus joué à travers les Etats-Unis dans les juke-box.

La consécration internationale est survenue lorsque les groupes anglais, Beatles et Rolling Stones en tête, ont repris ses chansons. C’est en remarquant qu’il portait un disque de Berry sous le bras que Mick Jagger adressa la parole à Keith Richards sur le quai d’une rame de métro de la banlieue londonienne, entraînant la formation des Rolling Stones.

«Chuck Berry fut le premier auteur rock à se montrer malicieux et amusant», expliquait Mick Jagger. «Le premier chanteur dont les paroles valaient la peine d’être écoutées.» Des Beach Boys aux Kinks, en passant par Jimi Hendrix et Elton John, la plupart des rock stars ont repris ses morceaux ou s’en sont inspirées largement.

Démêlés avec la justice

Sa carrière fut interrompue en 1959 lorsqu’il ramena une mineure du Nouveau-Mexique afin de la faire travailler comme hôtesse dans son club de Chicago, la forçant à se prostituer. Après deux ans de prison, ses avocats prouvèrent que le juge était raciste et, surtout, les charges fausses.

Devenu riche, Chuck Berry investit dans l’immobilier, achetant des cinémas et aménageant Berry Park, un parc d’attractions. Mais il eut encore des démêlés avec la justice après un contrôle fiscal. Il fut condamné à donner 1000 heures de concerts gratuits. En 1987, il a été accusé d’avoir outragé une femme. En 1990, il fut incarcéré et libéré sous caution pour possession de drogue et mauvais traitements envers des mineurs, puis mis en examen pour avoir caché une caméra dans les toilettes pour dames du restaurant de son parc.

S’il n’a publié aucun nouvel enregistrement depuis l’album Rock It, en 1979, Chuck Berry arpenta les scènes jusqu’au bout, éternellement flanqué de sa Gibson rouge, effectuant son légendaire «Duck Walk», qu’il avait mis au point un soir pour cacher les plis disgracieux de son pantalon. Olivier Nuc - Le figaro


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