15.07.2017, 22:46  

Turquie: Erdogan a célébré le premier anniversaire du Putsch manqué

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Recep Tayyip Erdogan suivi par des représentants de l'opposition pour fêter le premier anniversaire du coup d'Etat manqué.

Putsch - Le premier anniversaire du coup d'Etat manqué a été célébré samedi pendant la journée. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mené la plupart des commémorations.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et des représentants de l'opposition se sont réunis samedi pour commémorer le premier anniversaire du coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016. Depuis, le pays a connu des purges d'une ampleur sans précédent dans l'histoire de la Turquie moderne.

"Notre peuple n'a pas abandonné sa souveraineté à ses ennemis et s'est battu pour la démocratie", a lancé le premier ministre Binali Yildirim samedi après-midi lors d'une session spéciale au parlement à Ankara. "Ces monstres recevront sans doute les châtiments les plus lourds que la loi puisse prévoir", a-t-il martelé.

Dans tout le pays, des statues ont été érigées à la gloire des martyrs morts durant ce putsch, tandis que leurs portraits s'affichaient en posters dans le métro d'Istanbul. Par ailleurs, des vidéos sponsorisées par le gouvernement turc sur l'"épopée du 15 juillet" 2016 étaient diffusées à la télévision.

Campagne de purges

La tentative de coup d'Etat a fait 240 morts, mais elle a aussi sans doute marqué la fin des interférences de l'armée dans la vie politique turque. Elle a ouvert la voie à une campagne de purges qui ont touché toutes les strates de la société.

Accusant le prédicateur Fethullah Gülen d'être derrière le coup d'Etat, ce que nie l'intéressé, Ankara traque inlassablement ses sympathisants depuis un an: 50'000 personnes ont été arrêtées, plus de 100'000 limogées par vagues successives. Vendredi encore, plus de 7000 militaires, policiers et employés de plusieurs ministères ont été radiés par décret-loi.

Parlement "privé de son autorité"

"Ce parlement, qui a résisté aux bombes, a été rendu obsolète et privé de son autorité", a pour sa part déploré Kemal Kilicdaroglu, chef de file du parti républicain du peuple (CHP, républicain, social-démocrate et laïc, principal parti d'opposition). Il a aussi évoqué le référendum remporté de justesse par Recep Tayyip Erdogan.

Grâce à la réforme constitutionnelle qu'il portait, Recep Tayyip Erdogan a pu élargir les prérogatives présidentielles, parfois au détriment du parlement. "Au cours de l'année qui s'est écoulée, la justice a été détruite. Au lieu d'une normalisation rapide, un état d'urgence permanent a été instauré", a déclaré M. Kilicdaroglu.

Le pont des martyrs

Au soleil couchant, des milliers d'habitants d'Istanbul se sont rendus vers le pont qui enjambe le Bosphore où des foules de civils, descendus à l'appel du président Erdogan, avaient affronté les chars et soldats qui s'étaient emparés de l'ouvrage au début de la tentative de putsch.

De nombreux marcheurs brandissaient des drapeaux turcs et des photographies des personnes mortes ce soir-là. Le pont se nomme désormais le "pont des Martyrs du 15-Juillet".

Le président Erdogan devait s'adresser à la foule dans la soirée. Il prononcera également un discours au Parlement au cours de la nuit, afin de marquer la minute précise où les putschistes ont bombardé le siège de l'Assemblée nationale.

ATS

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