11.04.2017, 00:01  

Centres forestier et collecteur ravagés par un feu criminel

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 11.04.2017, 00:01   Centres forestier et collecteur ravagés par un feu criminel

MONTMOLLIN - Un incendie met au défi la récupération de cadavres d’animaux.

Un incendie d’origine criminelle a ravagé, tôt lundi matin, le centre forestier de Montmollin et son voisin direct, le Centre collecteur cantonal d’animaux morts.

Un auteur présumé a été appréhendé très rapidement. Un magistrat s’est rendu sur place et a ouvert une enquête.

«Un sacré réveil»

L’alarme a été transmise vers 4h10 aux pompiers. C’est vers 4h30 qu’a été alerté le...

Un incendie d’origine criminelle a ravagé, tôt lundi matin, le centre forestier de Montmollin et son voisin direct, le Centre collecteur cantonal d’animaux morts.

Un auteur présumé a été appréhendé très rapidement. Un magistrat s’est rendu sur place et a ouvert une enquête.

«Un sacré réveil»

L’alarme a été transmise vers 4h10 aux pompiers. C’est vers 4h30 qu’a été alerté le patron de Cremadog, la société privée qui incinère des animaux domestiques sur le site: «On m’a dit que Cremadog brûlait; je peux vous assurer que c’est un sacré réveil», témoigne Johny Righetti. Sur place, il a pu constater que ce n’était pas le cas. Ses locaux ont été épargnés, comme ceux du Centre de gestion des épizooties.

Les flammes s’étaient par contre étendues au Centre collecteur cantonal d’animaux morts (lire encadré). Mais c’est dans la partie contiguë, au centre forestier, que l’incendie a pris.

«Quand nous sommes arrivés, toute la partie sud était en feu et le toit percé», raconte Patrick Vuilleumier, commandant du Service de défense incendie du Val-de-Ruz. Celui-ci est intervenu avec 20 pompiers et six véhicules. Pour compenser le débit insuffisant d’une borne hydrante située à proximité, deux véhicules de transport d’eau sont venus de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Si le sinistre était maîtrisé vers 8h, les soldats du feu ont encore été à l’œuvre durant plusieurs heures.

Des explosions

Des voisins ont donné l’alerte après avoir entendu des explosions. «C’est peut-être simplement l’éclatement des pneus du véhicule 4x4 qui se trouvait à l’intérieur du hangar forestier», selon Patrick Vuilleumier.

C’est d’ailleurs une explosion qui a réveillé Christian Monnet, responsable du Centre collecteur de Montmollin. «En regardant par la fenêtre, j’ai vu les flammes par-dessus les arbres», explique-t-il. «C’était costaud; l’incendie était violent.» Si son bureau a été épargné, la partie où sont collectés les cadavres d’animaux a bien souffert: «ça fait drôle de voir son lieu de travail parti en fumée...»

Précieux herbier

Le choc est d’autant plus grand pour le garde forestier Jean-Pierre Rausis, dont le bureau n’est plus qu’un souvenir. «Il y avait là tout ce que j’ai emmagasiné en 33 ans». Ce qu’il regrette le plus, c’est la perte d’une «œuvre d’art», un meuble-herbier réalisé par un ancien apprenti. Le résultat de 300 heures de travail.

Le centre forestier hébergeait l’équipe qui s’occupe des forêts de l’Etat du district de Boudry et de celles de la Confédération, aux Pradières. Cela couvre une surface d’environ 500 hectares. L’effectif comprend le garde forestier, un chef d’équipe, un forestier-bûcheron et deux apprentis.

L’un des quatre centres forestiers de l’état

Montmollin abrite l’un des quatre centres forestiers de l’Etat, avec ceux de La Chaux-de-Fonds, Noiraigue et de l’Eter, entre Lignières et Frochaux, en copropriété avec la commune du Landeron. «C’est le seul qui a été installé dans un bâtiment existant», précise Jean-Laurent Pfund, chef du Service de la faune, des forêts et de la nature. Plus récents et modernes, les trois autres ont été construits en tant que centres forestiers. A Montmollin, un hangar à copeaux n’a pas été touché par l’incendie. Mais beaucoup de matériel est perdu. «Il y a toujours passablement de solidarité dans le milieu forestier. Nous allons pouvoir faire face, mais c’est clairement un défi.»

Solution d’urgence

Si les dégâts causés par l’incendie posent un défi au centre forestier, c’est encore davantage le cas pour le Centre collecteur. Quelque 680 tonnes de cadavres d’animaux y sont amenées chaque année. «Je n’ai plus de frigo et il va faire chaud», relève Christian Monnet, qui dirige la structure depuis une année. Le sinistre a en effet mis hors-service la chambre froide. «Nous demanderons aux paysans de nous amener les bêtes plus tôt», ajoute l’équarrisseur, ancien boucher-charcutier.

«C’est un problème», confirme Pierre-François Gobat, chef du Service de la consommation et des affaires vétérinaires, qui parle de «dégât total». A Montmollin, «nous collectons environ 95% des animaux morts du canton. Cela représente une vingtaine de bêtes par jour, du chat au taureau. Mais l’essentiel consiste en des bovins et des porcs». Il s’agit par exemple de bêtes mortes de maladies ou de vieillesse ou foudroyées. Les cadavres sont pris en charge par une entreprise de Lyss (BE), qui valorise ces déchets en biocarburants et farine pour la cimenterie tout en utilisant la chaleur produite pour un chauffage à distance.

Une benne a été fournie en urgence hier, en attendant de trouver un camion frigorifique. Par contre, la reconstruction prendra du temps. D’ici là, le Centre collecteur reste en fonction, mais uniquement durant les heures d’ouverture (de 7h30 à midi et de 13h30 à 16h30). Les conteneurs enterrés en libre accès sont en effet inutilisables.


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