18.05.2017, 00:01  

La campagne des législatives françaises fait halte à Neuchâtel

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Les onze circonscriptions des Français de l’étranger, dont six en Europe (sans la Russie). La Suisse (avec le Liechtenstein) en a une à elle seule.

ÉLECTIONS - Réunion publique de la députée sortante des Français de Suisse.

Elle avait été élue il y a cinq ans avec plus de 57% des suffrages lors des premières élections des députés des Français de l’étranger. Cette année, la députée Claudine Schmid (Les Républicains) semble plus menacée. Depuis quelques jours, elle fait donc sa tournée électorale helvétique, une tournée qui l’a conduite hier soir dans un grand hôtel de Neuchâtel et qui la conduira également à la Chaux-de-Fonds vendredi soir.

Une petite vingtaine de personnes – parmi lesquelles la candidate de la France insoumise (lire ci-dessous) – avaient répondu à l’invitation de la députée. Celle-ci a rappelé qu’elle était déjà venue régulièrement à Neuchâtel durant ces cinq dernières années pour des permanences afin de régler des cas individuels. Claudine Schmid a ainsi insisté sur son rôle d’intermédiaire qu’elle a pu jouer pour défendre les intérêts des Français de Suisse, en particulier dans le domaine fiscal ou dans celui des retraites. Par rapport à la situation politique actuelle en France avec l’entrée au gouvernement de plusieurs ministres de son propre parti, la députée des Républicains est restée très prudente sur ses futures positions: «Je voterai les lois en fonction de leur contenu.»

Reste que Claudine Schmid sent, depuis trois mois, la menace que représente pour son siège le candidat de La République en Marche, Joachim Son Forget. Et ce dernier ne ménage pas ses efforts pour arpenter la Suisse entière.

En mars, il est ainsi déjà venu à Neuchâtel pour la création du comité local d’En Marche! (nos éditions du 16 mars). Et il a d’ores et déjà prévu de revenir en terre neuchâteloise le 30 mai prochain: «Il se passe quelque chose de vraiment inattendu. Il y a un véritable engouement derrière ma candidature. Les réunions que nous organisons sont pleines, et je reçois le soutien de nombreuses personnalités, de droite comme de gauche.»

Un duel attendu dès le premier tour

Ils sont quatorze sur la ligne de départ cette année, les candidats pour représenter les Français de Suisse. Il y a cinq ans, à l’occasion des premières élections des députés des Français de l’étranger, la sixième circonscription, qui concerne la Suisse, était visée par 21 candidats. A l’issue du premier tour, Claudine Schmid était arrivée largement en tête avec plus de 34% des suffrages exprimée devant la socialiste Nicole Castioni, juge et écrivain genevoise (27%). Les autres candidats étaient loin derrière et Claudine Schmid l’avait emporté facilement au second tour.

Cette année, la députée sortante (voir ci-dessus) et le candidat soutenu par le nouveau président Emmanuel Macron, Joachim Son Forget, devraient logiquement se détacher en tête. Du moins s’ils réalisent les scores de leurs champions lors du premier tour de la présidentielle le 23 avril dernier, 34,7% pour Macron et 30,9% pour François Fillon (dans le canton de Neuchâtel 34,4% pour le premier, 22,9% pour le deuxième).

Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était arrivé en troisième position avec 15,1% des voix (20,9% dans le canton). La candidate qui se réclame de lui aura fort à faire pour atteindre ce score. Emmanuelle Boudet est en effet peu connue. Cette enseignante de 30 ans originaire de Chambéry a posé ses valises en Suisse il y a deux ans pour travailler dans un lycée international de la Riviera vaudoise après avoir beaucoup voyagé à travers le monde: «Nous sommes en train d’organiser notre campagne, car les délais sont très courts», nous a-t-elle expliqué mardi. «J’espère que nous pourrons aller dans les différentes régions de la Suisse pour des réunions publiques, mais pour l’heure, nous n’avons pas encore mis sur pied nos événements. Nous espérons cependant bénéficier de l’énorme élan qu’a suscité, y compris en Suisse, la campagne de Jean-Luc Mélenchon.»

La candidate «insoumise» veut mettre en avant trois aspects «helvétiques» dans sa campagne: «Nous plaidons pour le plébiscite citoyen, sur le modèle de la démocratie directe que connaît la Suisse, pour pouvoir se prononcer sur les grands sujets nationaux. Nous souhaitons aussi parler de la sortie du nucléaire, comme l’ont fait les Suisses. Et enfin, nous voulons renforcer les accords commerciaux franco-suisses pour que la France ne soit pas que le quatrième partenaire commercial de la Suisse.»

Du côté du Front national, le Vaudois Jean-Claude Marchand n’a pas beaucoup d’espoir de faire mieux que Marine Le Pen le 23 avril dernier (8,1%). Ce Franco-Suisse de 65 ans, né à Paris, est membre du FN depuis sa création en 1972 et l’est resté quand il est arrivé en Suisse en 1982. Son père, enfant de Neuchâtel, était parti faire une carrière musicale à Paris dans les années 30. «Nous allons faire une campagne modeste, car nous n’avons pas beaucoup de moyens face aux deux candidats macronistes que sont, à nos yeux, Claudine Schmid et Joachim Son Forget.»

La candidate socialiste de 2012, Nicole Castioni, a renoncé à une nouvelle campagne après le score de Benoit Hamon (5,5%) le 23 avril. Le PS a néanmoins investi un candidat, Guillaume Mathelier, le maire d’Ambilly, en Haute-Savoie, enseignant à Genève. Pour les écologistes, c’est le Vert genevois Jean Rossiaud, qui tentera de faire aussi bien que la candidate écologiste en 2012, arrivée en troisième position avec 5,5%. Lui aussi tiendra une réunion publique à Neuchâtel, le 29 mars prochain.

Onze circonscriptions

Depuis 2012, onze députés (sur 577) représentent les Français de l’étranger. La planète a ainsi été divisée en onze circonscriptions (voir infographie ci-dessus).

La Suisse (avec le Liechtenstein) est le seul pays à avoir droit à une circonscription à lui seul car elle rassemble la première communauté française à l’étranger (près de 130 000 électeurs, surtout en Suisse romande). Si le premier tour des élections en France métropolitaine est fixé au 11 juin, pour les Français de l’étranger, il aura lieu une semaine plus tôt le 4 juin, le dimanche de la Pentecôte. Le second tour aura lieu partout le 18 juin.


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