18.05.2017, 00:01  

Musées en effervescence

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RENDEZ-VOUS RENDEZ-VOUS - Vingt et un lieux d’exposition neuchâtelois ouvrent tout grand leurs portes, à l’occasion de la Nuit et de la Journée des musées.

Ils ne nous emmèneront peut-être pas jusqu’au bout de la nuit, mais sauront, à coup sûr, tenir nos sens en éveil de nombreuses heures durant. Comme il est désormais de coutume chaque printemps, 21 lieux d’exposition neuchâtelois ouvrent tout grand leurs portes ce week-end à l’occasion de la Nuit et de la Journée internationale des musées. Emaillée d’impros théâtrales, de projections, de concerts, de contes, de collations et, bien sûr, de visites guidées, cette mise en valeur du patrimoine et des expos en cours se veut avant tout ludique et festive. De quoi faire sauter quelques verrous et dépoussiérer bien des a priori. Suivez le guide, forcément sélectif!

On prend la pose ou on sirote?

Au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, deux équipes de comédiens confronteront leur capacité à improviser lors d’un «impromaton» s’inspirant des photographies de l’expo «Transitions». L’image, c’est bien, mais n’est-ce pas mieux encore avec le son? On pourra en juger en écoutant les plus beaux airs d’opéra en vogue à l‘époque des frères Lumière. Besoin d’une petite pause? Sirotez un café, un thé ou un chocolat, autant de breuvages qui, au 18e siècle à Neuchâtel, étaient encore exotiques! Ainsi requinqués, vous irez prendre la pose dans un décor totalement décalé pendant que vos gosses tenteront de percer les mystères de la lumière.

Good bye, Lenin!

Le Musée des beaux-arts de la Chaux-de-Fonds s’apprête à prendre congé du mode de vie soviétique décliné dans ses trois expositions temporaires. Et en URSS aussi, tout finit par des chansons! Les plus réservés pourront écouter un concert de mélodies soviétiques parmi les plus populaires des années 1950-1980. Les plus audacieux participeront à une master class qui, en un temps record, pourrait leur donner envie d’intégrer les chœurs de l’Armée rouge. Une collation accompagnera ces derniers instants: c’est les gencives baignant dans le jus de baies d’airelles que l’on se quittera!

Une nuit pour frissonner

Le Musée des beaux-arts du Locle fait un grand pas de côté par rapport à ses expositions pour s’offrir une bonne dose de frissons. Sa Nuit coïncidera avec celle des morts-vivants de George A. Romero; le musicien Joachim Latarjet accompagnera en live les images de ce grand classique du film d’horreur. De Sol LeWitt à Wolfgang Zät, l’abstraction régnera à nouveau en maître aux cimaises dimanche.

Comme les experts

«Les experts» vous fascinent? Explorateurs du passé, ceux du Laténium n’ont rien à envier aux héros des séries télé. On va donc fouiller dur du côté d’Hauterive... Et si l’on tombe sur un os? C’est à l’archéozoologue de faire le job! Guidé par les explications du spécialiste, le public tentera de restituer différents os d’animaux à leurs squelettes respectifs. Les enfants, eux, s’appliqueront à recoller les morceaux d’un pot cassé.

Noyautées par son expo «Manger», les activités du Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel ne sont pas toujours très ragoûtantes. Le taxidermiste Martin Zimmerli procédera, par exemple, à l’examen de l’estomac d’un animal afin d’étudier son dernier repas. Ceux qui n’auraient pas encore le cœur au bord des lèvres se précipiteront aux projections concoctées par Passion cinéma: écoulement de selles dans «La grande bouffe», explosion de vomi dans «Le sens de la vie»; de la bouche à l’anus, la vie est une long fleuve de fluides! Les âmes sensibles rejoindront plutôt les rangs de l’orchestre diététique, où elles se mueront en concombriste ou en patatiste!

On expérimente

Oscillant entre art et science, le Centre Dürrenmatt Neuchâtel se livre à d’étranges expériences... Collectifs de musiciens et de biologistes, We Spoke et Hackuarium présenteront une performance biomusicale dans laquelle ils interagissent avec des micro-organismes. Eh oui, il paraît que l’on peut créer des sons en appliquant de la chaleur à des levures, ou en caressant un tapis de mousse. Dimanche, on pourra tester l’installation interactive de l’artiste Cyrille Henry, qui se nourrit de l’activité cérébrale de son utilisateur; les signaux captés par des électrodes sont retransmis sur un écran et y générent des formes, des sons et des comportements inspirés du fonctionnement du cerveau.

La der à la Poste

Au Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds, contraint de quitter ses actuels locaux, il sera temps de faire ses adieux aux dioramas, qui ont ont fasciné le public pendant près de 50 ans. Les visiteurs pourront notamment se déguiser en explorateurs arctiques pour aller prendre le frais sur la banquise de l’ours blanc et s’y faire photographier.

Regards décalés,

A La Chaux-de Fonds toujours, les conservateurs et les guides du Musée international d’horlogerie resteront en coulisses. L’humoriste Christophe Bugnon, le conseiller aux Etats Didier Berberat et l’entrepreneur Marc Bloch récupéreront leurs casquettes pour animer des visites commentées forcément décalées.

La Maison de l’absinthe et le Musée régional du Val-de-Travers ont travaillé main dans la main pour tisser des passerelles entre leurs patrimoines respectifs. On visitera samedi, on ouvrira le champ à la discussion dimanche. Le graffeur Benjamin Locatelli présentera son travail sur le thème de l’absinthe et évoquera le statut ambivalent du graffiti, écartelé entre art et vandalisme. Au Musée des Mascarons, les crises horlogères alimenteront une table ronde.

Des sujets épineux

Certaines expositions connectent la Nuit et la Journée des musées à des problématiques plus sensibles, voire controversées. Le Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds se penche sur la population juive de la Cité horlogère. Visites accompagnées par des membres de la communauté, ambiance musicale colorée avec un concert du groupe balkano-klezmer Yanac, réflexion sur les sujets tabous ponctueront ce week-end. Avec l’exposition «Enfances volées», les Moulins souterrains du Col-des-Roches ont, pour leur part, pris le risque de raviver de profondes blessures en évoquant le sort des enfants séparés de leurs parents pour être placés en Suisse romande et alémanique, entre 1920 et 1960.

Bloc-notes

où et quand Samedi 20 mai, de 18h à 24h, dimanche 21 mai, de 10h à 17h ou 18h (les horaires peuvent varier selon les sites). Cette année, vingt et une institutions muséales participent à l’événement, placé sous l’égide du Groupement des musées neuchâtelois. Liste et programme détaillé sur les page internet et Facebook de l’événement: www.nuitdesmusees-ne.ch www.facebook.com/NuitDesMuseesNeuchatelois

entrée libre dans tous les musées, dès le début des animations. Sur certains sites, il est cependant impératif de s’inscrire sur place pour participer aux ateliers pour enfants, le nombre de participants étant limité. Cette année, quelque 150 animations sont proposées, tous musées confondus, dont une quarantaine spécialement destinées aux jeunes visiteurs. Petite restauration et/ou boissons sont proposées dans la plupart des institutions.

rayonnement Lancée en 2005 par le Conseil de l’Europe, la Nuit des musées a également fait tache d’huile en Suisse. Cette année, 200 musées helvétiques accueilleront leurs visiteurs sous la bannière d’une thématique, «Courage et responsabilité: les sujets sensibles au musée».


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