18.05.2017, 00:01  

Quid de l’électricité dans les ports?

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Une des prises situées au port de La Neuveville. Elle est munie d’un système pour couper l’alimentation électrique presque instantanément si le courant se perd, notamment dans l’eau. Ce qui n’a toutefois pas empêché le drame.

 18.05.2017, 00:01   Quid de l’électricité dans les ports?

Par matthieu Henguely

LA NEUVEVILLE - Après le drame, l’éclairage de gardes-port et d’un électricien.

Le drame de La Neuveville, qui a coûté la vie à deux femmes et à un chien ce lundi, pose la question de la gestion de l’électricité dans les ports. Si, en juin 2013, c’était un câble immergé alimentant le phare du môle du port de Neuchâtel qui avait causé le décès d’un lycéen, l’enquête bernoise s’oriente vers une...

Le drame de La Neuveville, qui a coûté la vie à deux femmes et à un chien ce lundi, pose la question de la gestion de l’électricité dans les ports. Si, en juin 2013, c’était un câble immergé alimentant le phare du môle du port de Neuchâtel qui avait causé le décès d’un lycéen, l’enquête bernoise s’oriente vers une installation servant à alimenter en électricité les bateaux amarrés. Un type d’installation rendu nécessaire par les nouveaux besoins des bateaux de plaisance mais qui doit répondre à une série de normes.

Que ce soit pour recharger la batterie du navire, celle de son téléphone ou faire fonctionner n’importe quel outil électrique, les prises sont vitales pour certains plaisanciers. Ainsi, par exemple, la commune d’Auvernier indique sur son site internet que son port possède «40 places visiteurs, avec courant électrique». Idem à Bevaix, où des «bornes électriques» sont annoncées. «Nous avons refait toute l’installation il y a deux ans», remarque pour sa part Jean-Claude Hofer, garde-port à Hauterive.

«Des caravanes»

«Aujourd’hui, on retrouve des écrans plats ou même des lave-vaisselles dans certains bateaux. Ce sont de vraies caravanes. Il a fallu s’adapter», indique l’Altaripien. «Mais toute l’installation est protégée par des fusibles (réd: des disjoncteurs à courant de défaut), même si un câble tombe dans l’eau.» Son collègue Boris Graber, garde-port à Auvernier, où deux pontons sont équipés de prises, confirme: «Toutes ont des prises FI. Si ça tombe dans l’eau, ça coupe. C’est une obligation.»

«La FI, c’est comme une balance. Le courant part dans un sens et s’il ne revient pas, la balance se déséquilibre et coupe le courant», image Olivier Schorp, directeur de la maison Meillard-Cressier-Glaus à Cortaillod, l’entreprise qui a posé l’installation électrique du port d’Auvernier. «Cela se déroule en quelques millièmes de seconde, ce qui, théoriquement, est suffisament rapide pour éviter une fibrilation ventriculaire ou électrocution.»

Un problème avant la sécurité

A La Neuveville, de telles prises avaient également été installées. Il semble toutefois que c’est le câble alimentant ces prises FI qui soit à l’origine du drame, soit une partie de l’installation précédant la sécurité. Tout a d’ailleurs été emporté par les spécialistes de l’ESTI, l’inspection du courant fort de la Confédération, pour l’enquête.

«Le risque zéro n’existe pas. Les normes évoluent avec le temps et les bonnes et mauvaises expériences», remarque Olivier Schorp. Aujourd’hui, plusieurs contrôles doivent permettre de limiter au maximum les risques. «Normalement, les travaux électriques sont réalisés par des professionnels et contrôlés par d’autres professionnels. Ensuite, ces installations doivent être contrôlées tous les cinq ans au maximum. Seules certaines zones sensibles comme les hôpitaux ou les dépôts de carburants doivent être contrôlés plus régulièrement.»

Des normes qui évoluent

Les dernières normes pour les installations électriques datent de 2015. Il y est recommandé notamment d’éviter tant que ce peut l’immersion des câbles. Toutefois, malgré toutes ces mesures, tout équipement peut présenter un dysfonctionnement.

«L’an passé, en contrôlant les près de 200 prises du port d’Auvernier, quatre ou cinq étaient défectueuses», remarque Olivier Schorp, qui rappelle au passage que ces installations se situent en extérieur et donc soumises aux aléas météorologiques, aux accidents ou aux actes de vandalismes.

Les drames que celui de lundi doivent déboucher sur des améliorations sécuritaires. Que ce soit par des contrôles rapides – ce que plusieurs communes ont commandé ces jours – ou par la révision d’installation. A Auvernier par exemple, les câbles alimentant les feux d’entrées du port ont été équipés d’un système FI, «à la suite de l’accident de Neuchâtel», conclut Boris Graber.

Viteos a contrôlé ses installations

Le distributeur Viteos s’occupe du réseau électrique de deux des communes portuaires sur le Littoral, Neuchâtel et Hauterive. «Mais l’infrastructure portuaire proprement dite, donc par exemple les prises pour l’alimentation des bateaux, est gérée par les communes et non pas par nous», explique Samuel Monbaron, secrétaire général de Viteos.

Ce dernier tient cependant à préciser qu’après l’accident d’électrocution à la jetée du port de Neuchâtel en 2013, Viteos avait fait «procéder, par un expert extérieur, à un contrôle de toutes les installations électriques sur la rive dans une bande de terrain de200 mètres à partir du bord du lac. Aucun danger n’avait alors été décelé.»

Par ailleurs, Samuel Monbaron précise qu’à la suite de cet accident, «l’alimentation électrique du phare du môle, sur la jetée , a été démontée et le phare est désormais alimentée par des panneaux solaires. Il est donc autonome.»

Le secrétaire général de Viteos rappelle aussi que les installations du distributeur sont contrôlées régulièrement par rapport aux normes fédérales. Il note enfin que l’entreprise en mains publiques est toujours à disposition si quelqu’un constate qu’un élément électrique pourrait occasioner des problèmes. nwi


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