18.04.2017, 00:01  

Les biodéchets sont rois à Sauge

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 18.04.2017, 00:01   Les biodéchets sont rois à Sauge

JURA BERNOIS - Commune primée pour la transformation de ses déchets en compost.

Les lauréats du Green Award 2017 sont connus. Sur le podium: Renens (VD), devant Sauge et Plan-les-Ouates (GE). Ces trois communes ont été distinguées récemment par Biomasse Suisse pour leur gestion des biodéchets. Sur 2000 dossiers envoyés par l’organisation, une quarantaine de communes ont retourné le formulaire: des questions concernant la sensibilisation, le traitement et la valorisation des biodéchets....

Les lauréats du Green Award 2017 sont connus. Sur le podium: Renens (VD), devant Sauge et Plan-les-Ouates (GE). Ces trois communes ont été distinguées récemment par Biomasse Suisse pour leur gestion des biodéchets. Sur 2000 dossiers envoyés par l’organisation, une quarantaine de communes ont retourné le formulaire: des questions concernant la sensibilisation, le traitement et la valorisation des biodéchets.

Trente communes l’ont ainsi dûment rempli. Un taux de participation relativement bas, selon le président du jury, Arthur Wellinger. «Le Green Award est une récompense, alors seules les communes qui sont bonnes en la matière s’inscrivent.» Une compétition utile, puisqu’en plus de sensibiliser d’autres collectifs à ce sujet, elle permet aux localités participantes de jauger leur pratique en termes de biodéchets. «Un expert indépendant évalue sur place la situation des cinq communes sélectionnées par rapport aux réponses figurant dans le questionnaire», détaille-t-il.

Romands, les meilleurs?

Parmi les 30 municipalités en lice, seules huit étaient romandes. Ce qui n’a pas empêché un podium 100% francophone. «Aucun favoritisme n’a été opéré. Les communes romandes étaient simplement meilleures», déclare Arthur Wellinger. A la question de savoir pour quelles raisons la commune de Sauge (fusion de Frinvillier, Plagne et Vauffelin) a été distinguée, le président du jury explique qu’elle s’est démarquée sur plusieurs points.

Le ramassage des biodéchets y est bien supérieur à la moyenne nationale. Arthur Wellinger précise: «Il se situe à 240kg par habitant, soit le double de la moyenne suisse. Cela s’explique par le fait que c’est une commune rurale. Il y a donc davantage de jardins privés et donc de feuilles, d’herbes et de branches à ramasser.» Ce type de déchets ne pollue-t-il pas? Il s’agit de déchets biodégradables tels que les restes alimentaires et les déchets ligneux des jardins. Ceux de la commune de Sauge sont uniquement transformés en engrais par l’entreprise Celtor (voir ci-dessous). La raison n’est pas politique, mais technique. Les déchets contiennent une quantité trop élevée de bois pour produire du biogaz.

Selon Arthur Wellinger, une professionnalisation du traitement des déchets organiques, comme c’est le cas à Sauge, permet d’atteindre une meilleure qualité de compost. Le conseiller municipal en charge des déchets, Patrick Villard, confirme: «Celtor contrôle que les déchets dans les conteneurs des privés soient organiques. Si ce n’est pas le cas, un autocollant est apposé et ils ne sont pas ramassés.»

Il a également constaté une diminution significative du littering. «Avant que ce service soit proposé à la population, on retrouvait davantage de déchets sauvages, notamment aux abords de la Suze», s’exprime avec satisfaction le conseiller municipal.

Compost en libre accès

La valorisation des déchets a été également bien notée. La commune met du compost en libre-service. «Les habitants peuvent venir se servir gratuitement. Après tout, ce sont leurs déchets qui ont été transformés en engrais par Celtor», complète l’élu.

En nommant une commune de petite taille, un message symbolique est également délivré. «Cela démontre qu’un petit village tel que Sauge, possédant peu de moyens, trouve aussi des solutions innovantes en termes de promotion et de gestion de biodéchets», conclut le président du jury.

De déchets à compost

1. Tournée verte Les déchets sont récoltés chaque semaine aux points de ramassage du village (toutes les deux semaines en hiver). Si des déchets non organiques sont trouvés, un autocollant «non conforme» est apposé et le conteneur n’est pas vidé.

2. Chez Celtor Les déchets sont triés. Le chef d’exploitation de Celtor, Béat Gerber, déclare ne pas apprécier os, papiers biodégradables et déchets carnés. «Car cela se décompose difficilement et avec lepoulet par exemple, il y a un risque de salmonellose». C’est sans danger pour la santé, mais transformé en engrais, cela peut contaminer les sols.

3. Broyage La matière est broyée. «Le fait de défibrer les branches permet une meilleure adhérence des microbes, qui sont nécessaires à la transformation des déchets verts en compost.»

4. Mise en cellule La matière est entreposée dans des fosses. Une à deux fois par semaine, le contenu est remué. «L’air permet d’activer la décomposition. Parfois, on verse aussi de l’eau car si c’est sec, l’azote s’estompe. Et sans azote, rien ne pousse.» Ce processus dégage une chaleur de 50 à 60 °C et environ huit semaines sont nécessaires pour décomposer la matière.

5. Tamisage Finalement, on passe le contenu devenu engrais au tamis. «On sort les grands morceaux de bois sinon cela se retrouve dans le foin.» Béat Gerber se dit très fier de la qualité de l’engrais produit par Celtor. «Les gens utilisent encore trop d’engrais chimiques, alors qu’il en existe, comme le nôtre, 100% naturels, gratuits et efficaces», conclut le chef de l’exploitation.


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