19.04.2017, 00:01  

Mêmes contraintes, autres solutions

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Les deux projets prévoient une centrale de distribution utilisant du bois déchiqueté comme combustible, comme ici, à Lignières.
Par Dan Steiner

VALLON DE SAINT-IMIER - Deux communes prévoient la construction d’un chauffage à distance. Mais, si Villeret sait a priori où installer sa centrale, Renan cherche encore une option viable.

Tant à Villeret qu’à Renan, dans le vallon de Saint-Imier, les vétustes installations de l’école et de la halle de gymnastique engloutissent un nombre considérable de litres de mazout. Presque 40 000 au total chaque année dans la deuxième commune citée. Sans parler d’anciens locatifs, tout aussi énergivores. A l’aube du renouvelable, user – tout autant qu’abuser – des énergies fossiles, cela fait un peu tache. De pétrole, s’entend.

Puisqu’il faudra bien rénover l’enveloppe, ou en tous les cas le chauffage de ces bâtiments du siècle dernier, les deux conseils municipaux lorgnent la construction d’un chauffage à distance. Malgré leur relative proximité géographique, l’«obstacle Saint-Imier», situé entre eux, est évidemment trop important pour imaginer une solution commune. La finalité est toutefois identique.

Où construire la centrale?

Le nœud de problèmes à démêler à Renan semble cependant plus imposant. «Il reste à déterminer quel volume (réd: de bois déchiqueté, la même solution qu’à Villeret) cela représente, où se trouvera la centrale de distribution et où trouver le financement nécessaire.» La tâche – avec circonflexe, cette fois – qu’attend le conseiller municipal Jean-Pierre Reymond et le groupe de travail mis sur pied s’annonce rude. Mais possible. La population est en tout cas ouverte au projet.

Cela fait toutefois un an que ce dernier cherche quelqu’un à même de porter le projet. «Il nous faut quelqu’un de bonne volonté, mais dans l’idéal un financement local.» Le groupe possède quelques pistes, mais il faudra avant tout régler la question de l’emplacement de la centrale. «Pour ce faire, on nous impose de trouver une zone à bâtir et non une zone agricole, ce qui est un non-sens», peste Jean-Pierre Reymond, en charge des travaux publics.

Une autre possibilité serait le milieu du village. Perspective difficile à «faire passer» auprès des citoyens, «qui ne sont pas contre l’idée d’un chauffage à distance, mais croient que cela ferait du bruit ou sentirait mauvais». Une fois filtrée, la fumée dégagée par l’incinération des copeaux se transforme en vapeur d’eau, selon Jean-Pierre Reymond.

Plus à l’est, on aurait trouvé une solution adéquate. Pour le maire de Villeret, Richard Habegger, la zone industrielle, à la sortie du village en direction de Saint-Imier, est tout indiquée pour accueillir la centrale de distribution. Elle serait reliée non seulement aux bâtiments communaux, mais également privés et industriels. «La bourgeoisie s’est montrée ouverte à fournir tout ou une partie du bois nécessaire.»

A rénover quoi qu’il arrive

Reste à savoir quel spécialiste mènera le projet en compagnie de la société que les autorités de Villeret s’apprêtent à créer. On a pris les devants en contactant Pierre Bühler, entrepreneur de Courtelary. Dans le village de Camille Bloch, un chauffage à distance tourne déjà à plein régime depuis fin 2015. Il est géré par la société anonyme dudit menuisier, «La Praye Energie», et développe une puissance de 2400 kW (voir également les chiffres de Renan et Villeret ci-contre). «Rien n’est encore fait, mais selon l’intérêt de la population de Villeret, je suis en effet prêt à donner un coup de main», confirme Pierre Bühler. A voir avec la commune et la bourgeoisie. Au contraire de Courtelary, il ne ferait toutefois office que d’intermédiaire.

Et si ces projets venaient à capoter, pour quelque raison que ce soit? Il faudrait en tous les cas rénover les installations de chauffage existantes des bâtiments publics. Surtout celles qui fonctionnent encore à l’électricité et qui seront ainsi interdites dans quelques années.

Les propriétaires d’immeubles à Villeret sont conviés à une séance d’informations, mercredi 26 avril, à 19h30, à la halle de gymnastique. Ceux de Renan se sont déjà réunis en février dernier.


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