15.03.2017, 00:01  

Tornos victime du coup de frein des sous-traitants auto

Abonnés
chargement
Par ats

Sous le coup de la réticence à investir de ses clients de l’industrie automobile, Tornos a plongé dans les chiffres rouges l’an dernier. Le fabricant prévôtois de machines-outils a essuyé une perte nette de 3,6 millions de francs, contre un bénéfice net de 895 ...

Sous le coup de la réticence à investir de ses clients de l’industrie automobile, Tornos a plongé dans les chiffres rouges l’an dernier. Le fabricant prévôtois de machines-outils a essuyé une perte nette de 3,6 millions de francs, contre un bénéfice net de 895 000 francs lors de l’exercice précédent.

La perte nette comprend un gain de 1,1 million de francs, consécutif notamment à la cession de l’immeuble abritant le restaurant du personnel sur le site historique de Moutier, a précisé l’entreprise. Alors que l’entreprise affichait un débours de 3,5 millions après six mois, l’évolution des affaires s’est révélée meilleure en seconde partie d’exercice.

Performance «insatisfaisante»

Sur l’ensemble de l’année, le résultat opérationnel avant intérêts et impôts (Ebit) s’est aussi inscrit dans le rouge à hauteur de 3 millions de francs, contre un gain de 2,35 millions un an plus tôt. De même, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’est retrouvé en zone négative pour un montant de 323 000 francs, contre un bénéfice de 4,92 millions en 2015.

Alors que Tornos était parvenu à boucler les deux précédents exercices sur un profit, la performance de 2016 s’est révélée «absolument insatisfaisante», a commenté le président du conseil d’administration hier à Zurich. Mais les chiffres ne reflètent pas les progrès réalisés.

Plus de machines, moins d’emplois

A ce titre, François Frôté a mis en exergue les premiers effets des mesures de réduction des coûts introduites en début d’année et du recours accru à des fournisseurs externes. Alors que les charges ont diminué, Tornos a aussi gagné en flexibilité, à la faveur de l’expansion de la production sur les sites de Xi’an, en Chine, et de Taïchung, à Taïwan.

Depuis 2012, la part des machines produites en Suisse est passée de 98 à 36%. Par conséquent, l’entreprise a continué de supprimer des emplois en Suisse, 44 postes à temps plein étant passés à la trappe l’an dernier. Elle en a créé onze en Asie.

A fin décembre, le groupe employait 631 collaborateurs, dont 353 dans ses unités helvétiques de plus en plus concentrées sur les machines haut de gamme. Alors que la production a augmenté de deux tiers depuis 2012, l’effectif de Tornos a diminué de près d’un quart (-22%). A Moutier et La Chaux-de-Fonds, près de la moitié (49%) des emplois ont disparu.

Comme annoncé fin janvier, les revenus ont chuté de 16,9% à 136,2 millions de francs et les commandes de 16,6% à 133,5 millions. Les replis reflètent essentiellement la frilosité des équipementiers automobiles, laquelle a fortement pesé sur les machines multibroches haut de gamme produites à Moutier, a observé le directeur général Michael Hauser.

Haut de gamme à la peine

Le tassement des revenus de 27 millions de francs subi dans ce segment explique l’essentiel du recul total. Tornos a durement ressenti cette faible propension à investir des sous-traitants automobiles, en particulier en Allemagne, dans la foulée du scandale des moteurs truqués de Volkswagen, a précisé Michael Hauser. Or ce secteur constitue le premier client de l’entreprise prévôtoise.

Autre client de poids pour Tornos, l’horlogerie a aussi affronté des vents contraires, mais le fabricant de machines est cependant parvenu à résister. Alors que la demande est restée stable dans les techniques médicales, elle a en revanche évolué de manière plus favorable du côté de la branche de l’électronique, notamment pour la production de connecteurs.

Si les chiffres dévoilés par Tornos se sont révélés conformes aux attentes des analystes, les investisseurs, eux, les ont sanctionnés. Vers 14h20, à la Bourse suisse, l’action avait lâché 2,46% à 3fr.57, dans un marché élargi en baisse de 0,16%. ats


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top