19.05.2017, 00:01  

Des adolescentes de 15 à 18 ans

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En 2015, le Centre de santé sexuelle de la rue Sophie-Mairet à La Chaux-de-Fonds a eu 225 demandes  de contraception d’urgence.

LA CHAUX-DE-FONDS - La fréquentation du Centre de santé sexuelle augmente.

«Les activités du centre (de santé sexuelle - planning familial de La Chaux-de-Fonds) sont en augmentation de 38% et répondent à un réel besoin». Piquée dans un rapport de sous-commission des comptes 2016, la phrase fait tilt. D’où vient cette augmentation? Les jeunes ont-ils plus de relations sexuelles, plus tôt, plus nombreuses? Ont-ils des comportements plus risqués?

«Nous avons quasiment doublé le nombre de consultations depuis 2013, pour atteindre 1138 en...

«Les activités du centre (de santé sexuelle - planning familial de La Chaux-de-Fonds) sont en augmentation de 38% et répondent à un réel besoin». Piquée dans un rapport de sous-commission des comptes 2016, la phrase fait tilt. D’où vient cette augmentation? Les jeunes ont-ils plus de relations sexuelles, plus tôt, plus nombreuses? Ont-ils des comportements plus risqués?

«Nous avons quasiment doublé le nombre de consultations depuis 2013, pour atteindre 1138 en 2016, mais je ne constate pas que les jeunes prennent davantage de risques, ni que l’âge d’entrée dans la vie sexuelle 17 ans en moyenne ait évolué», entreprend de répondre Sarah Guyot Robert, la conseillère en santé sexuelle responsable du centre chaux-de-fonnier, qui couvre les Montagnes neuchâteloises.

Prestations pionnières

L’augmentation de fréquentation coïncide plutôt avec de nouvelles prestations peut-être pionnières offertes par le centre. Depuis 2013, la contraception d’urgence (appelée à tort «pilule du lendemain» puisqu’on peut la prendre jusqu’à cinq jours après un rapport mal protégé selon le type de pilule d’urgence) et le test de grossesse sont gratuits au centre. «Pour une bourse d’adolescente, le prix de 23 à 46 francs de cette contraception d’urgence, 15 fr. chez nous avant, pouvait être un obstacle», note la responsable.

Gratuité

«L’augmentation des demandes, constatée après l’introduction de la gratuité, provient essentiellement des adolescentes de 15 à 18 ans», écrit l’une des deux autres collègues (pour un poste et demi) de Sarah Guyot Robert, Anne Pétremand, qui a réalisé une étude sur le sujet en 2015. Elle note aussi que près de 90% des usagers du centre ont moins de 25 ans, avec un pic chez les jeunes de 16 à 17 ans.

«Cette gratuité a été décidée en concertation avec les pharmaciens», précise le chef du Service de santé et de promotion de la santé chaux-de-fonnier Souhail Latrèche. Qui note que le week-end, lorsque le centre est fermé, les jeunes peuvent s’arranger en pharmacie.

L’augmentation d’activité du Centre de santé sexuelle (la notion de planning familial vient désormais en second) ne tient pas qu’à la gratuité du test de grossesse et de la pilule d’urgence. «On voit que la moitié de l’augmentation de nos consultations entre 2013 et 2016 provient des demandes de dépistages des IST», note Sarah Guyot Robert.

Les infections sexuelles

IST? Infections sexuellement transmissibles qu’on n’appelle plus maladies. Depuis 2014, le centre chaux-de-fonnier pratique le dépistage tout ou partie des «big five» du genre: chlamydia et gonorrhée, hépatite B, hépatite C, VIH, syphilis. Plus le papillomavirus. «Même avec un préservatif on peut attraper certaines de ces infections», explique la responsable. Pour ces tests, une population beaucoup plus large est concernée. L’intérêt d’aller au centre? Des prix défiant toute concurrence, pourrait-on dire: 150 fr. le tout. Le centre, proche du service de gynécologie de l’hôpital, organise aussi, une fois par semaine, des contrôles gynécologiques à 15 fr. (moins de 20 ans) ou 30 fr. (plus de 20 ans).

Les mêmes chances

Le but de ces efforts? «L’important, souligne Souhail Latrèche, c’est d’être le plus proche possible de la population en termes de santé et que chacun ait les mêmes chances d’accéder aux mêmes moyens de la préserver». En l’occurrence, le but est de tendre «à une sexualité sans crainte ni violence, sans maladie et de la manière la plus satisfaisante possible», résume Sarah Guyot Robert.

 

neuchâtel

Le centre de santé sexuelle de Neuchâtel n’a pas pris l’option de la gratuité des tests de grossesse et de la contraception d’urgence. Ils coûtent en principe respectivement 10 fr. et 12 francs. Mais ils sont adaptés selon les moyens, jusqu’à zéro franc. Le centre neuchâtelois met plus l’accent sur l’aide pour bénéficier d’une contraception durable.

Un cas typique

Sarah Guyot Robert décrit un cas typique de consultation. Une jeune fille se présente un lundi après-midi, avec une amie ou son copain. Stressée: lors d’un rapport pendant le week-end, le préservatif a lâché et elle dit avoir besoin de contraception d’urgence.

«On discute pour savoir quand elle a eu ses dernières règles, si la relation était consentante et voir si elle a pris des risques concernant les infections sexuellement transmissibles, nous lui donnons toutes les informations nécessaires», illustre la conseillère. Le cas échéant, le centre donne un rendez-vous pour un ou des tests de dépistages et voir si la personne souhaite utiliser des moyens contraceptifs.

D’après Sarah Guyot Robert, les cas d’interruptions de grossesse chez des adolescentes sont très rares. «Sans que les parents ne soient au courant, cela m’est peut-être arrivé une ou deux fois en 20 ans».

INFO +

Centre de santé sexuelle:

Sophie-Mairet 31, dans l’ancien hôpital. Permanence lundi et mercredi 12h-18h, mardi et vendredi 15h-18h. Tél.: 032 967 20 91. www.chaux-de-fonds.ch/sante-sexuelle.

quatre questions

Qui consulte? Le gros des consultations offertes par le centre chaux-de-fonnier concerne des adolescents de 14 à 20 ans. Mais on vient aussi pour des renseignements divers et à tout âge, comme pour la ménopause. Une dame de 78 ans est par exemple venue pour un test de dépistage.

fille ou garçon? Il est certain que ce sont les filles qui viennent en majorité au centre. Mais elles sont souvent accompagnées par leur copain. Les éventuels dépistages d’IST les concernent autant l’un que l’autre. Des garçons viennent aussi pour discuter de leur orientation sexuelle.

l’âge du libre arbitre?Au centre de santé, on s’accorde à penser qu’autour de l’âge de 13-14 ans, une jeune fille a une capacité de discernement suffisante pour prendre elle-même des décisions qui la concernent intimement, sans devoir en référer aux parents.

quoi d’autre? Avec le centre de Neuchâtel, celui de La Chaux-de-Fonds fait de l’info à l’hôpital, auprès des femmes dans les centres de requérants. Tous deux répondent aux questions sur la sexualité sur le site ciao.ch, collaborent au projet PASS pour les travailleuses du sexe. Sans compter l’activité habituelle dans les écoles.


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