20.04.2017, 00:01  

Quand deux amis deviennent ennemis

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TRIBUNAL - Les suites d’une rixe qui aura laissé de douloureuses séquelles.

C’est une histoire qui laisse un goût un peu amer. Ou comment deux amis se retrouvent ennemis après une bagarre un soir de printemps devant un bistrot chaux-de-fonnier. Bagarre ou agression? Le ministère public requérait contre Marc* 120 jours-amende avec sursis pendant quatre ans pour lésions corporelles simples et dommage à la propriété à l’encontre du plaignant, Jean*.

Marc a fait opposition. Il expliquait hier matin au tribunal de police, à La Chaux-de-Fonds, que lui aussi s’estimait victime, lui aussi avait souffert.

Mais malgré les tentatives réitérées de la juge Aline Schmidt Noël, Marc et Jean ne sont pas parvenus à un arrangement. Jean, le plaignant, ne voulait pas entendre parler de pardon car «cela ne changerait rien», avançait-il.

Donc ce soir de printemps dernier, deux familles amies sont en train de souper ensemble dans un restaurant du lieu. Mais, d’après Marc, Jean n’arrête pas de lui envoyer des piques, notamment sur son travail, ses rapports avec sa compagne dont il profiterait, d’après Jean...

De l’autre côté, Jean affirme que, non, il ne s’est pas moqué de Marc, au contraire, il s’inquiète pour les relations de ce couple.

Les deux jeunes femmes vont fumer dehors. Entre les deux hommes, la discussion s’envenime au point que Marc se lève, «en manquant renverser la table», assure Jean, et s’en va, pour rentrer chez lui. Il marche un peu, s’aperçoit qu’il n’a pas les clés de la voiture, téléphone plusieurs fois à sa compagne qui ne répond pas, retourne au restaurant chercher ces clés.

Devant l’établissement, les choses dégénèrent pour de bon. Il y a encore des «mots», les deux hommes s’empoignent. Qui a lancé le premier coup de poing, évidemment les versions divergent. Ils se retrouvent tous deux par terre. «Je me suis senti partir», décrit Jean, qui a perdu connaissance. Il aura écopé d’une plaie ouverte derrière la tête, d’un petit doigt cassé, d’un hématome qui longtemps lui aura causé vertiges et crises d’angoisse au volant. Marc aura écopé d’une commotion et devra rester un mois dans le noir.

Pour l’avocate de Marc, le Ministère public est parti des blessures de Jean pour fixer la peine sans tenir compte du contexte, son client cherchant à fuir la confrontation en quittant la scène pour retourner chez lui. «S’il avait eu ses clés sur lui, on n’en serait pas là aujourd’hui.» Tandis que l’avocate de Jean mettait l’accent sur le caractère de Marc, «susceptible, colérique, violent et jaloux apparemment», décrivait-elle.

Toujours est-il que cette bagarre a laissé des traces sur la vie des deux familles, qui depuis près d’un an essaient de s’éviter au maximum.

Le jugement sera rendu début mai. cld

*Prénoms fictifs.


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