20.04.2017, 00:01  

Six curiosités sur la Grande Fontaine

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LA CHAUX-DE-FONDS - Sous nos yeux, un monument bien mystérieux...

On re-pare de belles couleurs la Grande Fontaine à La Chaux-de-Fonds. Mais qu’à moitié, pour compresser la dépense autour d’une petite quinzaine de milliers de francs au lieu du double, si elle était repeinte du bassin inférieur à la nymphe tout en haut du monument.

C’est pour ça, la couche blanche, sur les tortues, les anges et d’autres éléments!...

On re-pare de belles couleurs la Grande Fontaine à La Chaux-de-Fonds. Mais qu’à moitié, pour compresser la dépense autour d’une petite quinzaine de milliers de francs au lieu du double, si elle était repeinte du bassin inférieur à la nymphe tout en haut du monument.

C’est pour ça, la couche blanche, sur les tortues, les anges et d’autres éléments! Elle sert de fond d’accrochage pour les composants à venir.

Sans doute envisagera-t-on de repeindre la partie supérieure, lorsque les auspices économiques seront meilleurs.

Cette fontaine, invite à la détente, lorsque le soleil est de la partie. Mais elle est aussi source de découvertes: nous vous invitons à en faire le tour en six curiosités bien à elle. Suivez le guide!

«Davantage que le froid, ce sont les rayons du soleil, de la lune et la pollution qui font subir les affres du temps au monument», explique le fontainier de la Ville, Fabiano Capelli. «A cela s’ajoutent les dégâts commis par le calcaire sur la fontaine. L’eau de La Chaux-de-Fonds en est riche», ajoute José Angel Esteras, architecte du patrimoine de La Chaux-de-Fonds. «Il s’est donc aussi agi d’en débarrasser le monument.»

En 2007, après d’importants travaux de rénovation, dont le coût s’était élevé à 750 000 francs, on étendit une housse sur la fontaine, pour la protéger. «C’était la première intervention significative sur ses structures de base depuis 1888, date de son érection», signale encore José Angel Esteras. «Jusque-là, elle avait bien résisté aux intempéries.Ailleurs, dans des villes d’Europe, cela se fait de couvrir des statues ou autres. Mais dans des endroits moins en vue que cette fontaine, capitale au début du Pod. Ici, la population voudrait-elle voir la fontaine cachée par un fourreau plusieurs mois par année?»

Non, pas de restaurateurs d’art sur le coup! «Des peintres en bâtiments font très bien l’affaire à ce stade des travaux», informe Fabiano Capelli.Des analyses des couleurs qui restaient sur le monument ont été effectuées. «On en a trouvé de semblables, à deux composants, hyperrésistantes à l’eau», commente à ce stade Antonio Stragapede, qui travaille sur place avec son fils Mickael. L’ouvrage devrait être terminé fin avril, si la météo est clémente.

Une nouvelle couche de peinture fut posée une première fois, en 1937, lors du jubilé de l’arrivée des eaux en ville. En 1962, Georges Froidevaux para la fontaine de bleu, vert, brun et or. Un nouvel exercice de style fut appliqué en 1982. «Vous serez surpris quand vous reverrez du doré! Vous vous demanderez si nous ne nous sommes pas trompés!», lance Fabiano Capelli.

Les douze tortues de la vasque inférieure nourrissent les débats depuis des décennies. «Une légende et une explication plus érudite s’affrontent», raconte Jean-Daniel Jeanneret, chef du Service des affaires régionales et extérieures et l’auteur d’un fascicule historique à propos de la Grande Fontaine. Il existerait, quelque part dans la Métropole horlogère, une maquette de la fontaine en ses moindres détails. Et, au lieu des tortues, s’y dresseraient des femmes à la poitrine opulente.

Le créateur de la fontaine aurait finalement opté pour des tortues, fâché de la pudibonderie de ceux qui s’étaient scandalisés de la nymphe négligemment drapée en haut de la fontaine. Mais cette substitution était une provocation, raconte la légende. Car, de la sorte, il recourait par allégorie à l’expression «on va chez les tortues», d’usage pour qui allait voir des filles de joie. Pour l’explication plus érudite, lire le point suivant...

Le professeur Jacques Gubler livre une version bien différente. «Le monument commandé pour marquer l’arrivée de l’eau à La Chaux-de-Fonds devait refléter l’identité de la ville. L’idée de la ruche, du travail collectif, de l’harmonie sociale.» Et dans l’art baroque, l’animal qui évoque ces valeurs est la tortue, «cette abeille aquatique».

On vous l’accorde, cette histoire fait moins rêver... Alors vite, on va vous raconter cette autre anecdote, tout à fait charmante. A la voirie, lorsqu’il s’agit de régler les buses dans les gueules des tortues pour orienter les jets d’eau, les employés appellent les reptiles à carapace par leur prénom.

Par exemple, la tortue qui tourne le dos à la place de la Carmagnole s’appelle Véronique. Celle à sa droite, Lucienne. Puis ce sont Nathalie, Jacqueline, Nicole, Françoise, Béatrice, Claudine, Germaine, Charlotte, Hélène et enfin Bernadette. D’où vient ce rituel? On raconte qu’un employé chargé de l’entretien du monument donna à chaque tortue le prénom de l’une de ses conquêtes...

La Grande Fontaine cartonne sur les réseaux sociaux. Il suffit de voir les «j’aime», les commentaires et les partages que suscitent les vidéos et les photos du monument sur le compte Facebook de La Chaux-de-Fonds.

Dimanche dernier, la Ville publiait un cliché de la fontaine illuminée, de nuit, avec les jets d’eau Elle signalait aux internautes qu’il n’y avait plus que quinze jours à attendre avant que le monument ne remplisse à nouveau ses fonctions de fontaine. Les like, pouces levés, et les partages sont tombés en cascade. Idem le 12 avril dernier. Un petit film a cartonné et a rejoint près de 4000 vues.

La fontaine, on l’aime, à La Tchaux!

De monumentale à grande

Le 27 novembre 1887, la population chaux-de-fonnière célèbre l’arrivée des eaux de l’Areuse. L’œuvre est due au génie civil de l’ingénieur Guillaume Ritter, secondé par son directeur des Travaux publics, Hans Mathys. Il rime avec 20 km d’aqueduc et 500 mètres d’élévation pour assurer l’approvisionnement. Un jet d’eau sommaire fut alors installé au milieu du petit square qui aujourd’hui accueille la Grande Fontaine. Celle-ci naquit du désir que la cité, en pleine expansion à l’époque, ait un monument digne de sa prospérité. L’arrivée de l’eau, de l’électricité, du téléphone et des tramways fit sortir La Chaux-de-Fonds de son statut de village pour s’affirmer comme ville. La fontaine, alors «pompièrement» baptisée «Fontaine monumentale», fut inaugurée le 14 novembre 1888. De fil en aiguille, la rue Léopold-Robert devint avenue.

Depuis, cette Fontaine monumentale a perdu de sa superbe, avec la construction, autour d’elle, de bâtiments modernes disproportionnés, et elle dut descendre de son piédestal pour ne plus devenir que la modeste «Grande Fontaine». Eugène Schaltenbrand (1861-1919) élabora le projet. Il se pourrait bien en fait qu’il n’en ait que choisi les éléments, dessinés par le sculpteur Maximilien Bourgeois, dans un catalogue de «fontaines monumentales» de la fonderie parisienne A. Durenne.


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