24.02.2017, 00:01  

Au-delà des stéréotypes

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A la lumière de son almanach, le gynéco (Christian Clavier) trouve le sexe de Jeanne (Audrey Dana) tout à fait normal…

 24.02.2017, 00:01   Au-delà des stéréotypes

CINÉMA - Avec «Si j’étais un homme», Audrey Dana livre une nouvelle comédie féministe, l’histoire d’une maman qui se réveille avec un pénis.

Actrice de cinéma dans des films de Claude Lelouch, Eric Toledano et Olivier Nakache, Philippe Lioret ou Bertrand Blier, Audrey Dana est passée à la réalisation pour proposer aux femmes des rôles comiques qui ne seraient pas de simples faire-valoir.

Après «Sous les jupes des filles», un film choral excentrique réunissant onze portraits de femmes, la cinéaste française nous raconte...

Actrice de cinéma dans des films de Claude Lelouch, Eric Toledano et Olivier Nakache, Philippe Lioret ou Bertrand Blier, Audrey Dana est passée à la réalisation pour proposer aux femmes des rôles comiques qui ne seraient pas de simples faire-valoir.

Après «Sous les jupes des filles», un film choral excentrique réunissant onze portraits de femmes, la cinéaste française nous raconte dans «Si j’étais un homme» l’aventure déjantée de Jeanne: suite à son divorce, cette mère de famille se réveille un beau matin avec un sexe masculin. Et Audrey Dana de se moquer ainsi des hommes en jouant avec les clichés.

Rencontre avec l’actrice et réalisatrice de ce drôle de badinage féministe.

D’où vous est venue l’idée d’une femme avec un pénis?

J’ai appris qu’une femme sur trois en aurait vraiment rêvé. Ça m’est arrivé il y a plus de vingt ans. J’étais très déstabilisée, mais je ne comptais pas en faire un film pour autant. Puis, lors de la postproduction de «Sous les jupes des filles», j’ai repensé au personnage de Marina Hands, qui n’a jamais pris sa place de femme et a toujours été au service de l’homme. Et je me suis dit que, si une femme qui n’en a pas envie se réveillait avec un attribut masculin, j’étais sûre de ne pas devenir vulgaire, de ne pas tomber dans le graveleux.

Comment vos producteurs ont-ils réagi à ce pitch?

Super bien, parce que j’ai des producteurs qui n’ont pas de problème avec leur virilité. Le pitch les a fait marrer et beaucoup de copines m’ont encouragée à tourner le film.

Vous vous moquez des hommes…

Bien sûr, je me moque des hommes, comme je me moquais des femmes dans «Sous les jupes des filles». Quand on fait une comédie, on utilise les clichés pour mieux les faire exploser. Le personnage de Jeanne retombe dans une sorte d’adolescence qu’elle n’a jamais pu vivre, parce qu’on lui a appris à rester à sa place de nana. D’un seul coup, elle a les hormones en feu et tout explose, ce qui permet de s’amuser des travers masculins.

Après, ce n’est pas un film contre les hommes, mais contre le patriarcat, dont les hommes souffrent aussi. Le personnage masculin de Merlin est le pendant de Jeanne. Au-delà du stéréotype du macho, on découvre qu’il est différent, mais qu’il ne veut pas le montrer, parce que la société dans laquelle il évolue ne le lui autorise pas. J’avais aussi envie de raconter ça.

Où avez-vous trouvé votre inspiration?

J’ai interviewé une centaine d’hommes. Ça me semblait important d’en parler avec des hommes qui me raconteraient des choses que mon mari ne me dirait pas. Ils se sont vraiment livrés sans complexe et ont beaucoup nourri le film. Je leur ai posé plein de questions: tu te souviens de ta première masturbation? La première fois qu’on t’en a parlé? Ton premier rapport? Ta plus grande humiliation? Ta plus grande satisfaction? Ton rapport à la fidélité et à l’infidélité? La fréquence de tes besoins? Tes pensées sexuelles? Tout ça quoi… parce que, biologiquement, les hommes et les femmes ne sont pas pareils, même s’il y a toujours des exceptions pour confirmer la règle.

Vous tournez aussi en dérision le stress quotidien des familles…

Carrément. On ne laisse pas vraiment les mecs prendre leur place au sein de la famille. Il y a des femmes qui adoreraient que les hommes participent plus, mais le réflexe, par exemple lorsque les couples se séparent, c’est de donner la garde des enfants aux femmes. On en fait toujours beaucoup plus que les hommes. Il m’est arrivé que le père de mon fils m’explique qu’il ne peut pas gérer notre enfant parce qu’il bosse. Des barres de rire. Il y a un vrai travail à faire, en tant que femme, pour laisser de la place aux hommes.

Vous considérez-vous comme féministe?

Oui, de facto, évidemment. Je suis une femme, je suis pour l’égalité, je suis humaniste et féministe, surtout pour la réduction des inégalités dans tous les domaines, que ce soit entre les sexes, les classes sociales, l’homme et la nature. A travers ses revendications, mon film est une invitation à la réconciliation et à la recherche du juste équilibre. On vit dans un monde hyperdéséquilibré, qui n’est tenu que par des hommes et qui va hypermal. Il faut aussi faire de la place au féminin.

INFO +

«Si j’étais un homme»: de Audrey Dana, avec Audrey Dana, Christian Clavier, Eric Elmosnino.

Avant-première dimanche, 18h, Apollo, Neuchâtel.

A l’affiche dès mercredi 1er mars à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.


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