17.03.2017, 00:01  

Il dit n’être jamais venu en Suisse, mais son ADN prouve le contraire

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Les cinq malfrats qui s’étaient introduits dans la demeure landeronnaise ont usé d’une violence qui n’a que rarement cours dans les cambriolages, a relevé le Ministère public (image de reconstitution).

TRIBUNAL - Un des brigands du Landeron condamné à quatre ans et demi de prison.

Un des cinq hommes qui avaient participé au brutal brigandage dans une villa du Landeron, un soir de novembre 2014, a été jugé hier par le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers, à Neuchâtel. Les trois juges n’ont eu aucune pitié pour ce Kosovar de 45 ans qui n’a cessé de nier toute participation à cette affaire. Les juges, qui ne lui ont trouvé aucune circonstance atténuante, ont suivi le réquisitoire du Ministère public et ont prononcé une peine de quatre ans et demi de privation de liberté, sous déduction de 254 jours de préventive.

Crâne tondu, barbe grisonne, la tête le plus souvent baissée, le prévenu n’a pas plus collaboré devant les juges que durant l’instruction. Assisté d’un traducteur, il a continué à prétendre durant son interrogatoire qu’il n’avait jamais mis les pieds en Suisse. Son assurance n’a pas été ébranlée par la présence certifiée de son ADN sur les lieux du crime. Non seulement au Landeron, mais également dans deux autres villas que le prévenu avait visitées sur territoire vaudois quelques jours avant de perpétrer le forfait du Landeron. Comme, il a soutenu n’être jamais venu en Suisse (il a été arrêté en Italie), il ne pouvait pas non plus dénoncer les quatre comparses qui ont participé à la mise à sac de la villa du Landeron (seul son code génétique est apparu lors de l’enquête policière).

Son avocat a tenté le tout pour le tout en demandant au tribunal la comparution du couple séquestré par la bande. «J’aimerais les entendre, car il subsiste de nombreuses contradictions et incohérences sur leur témoignage», a soutenu Claude Nicati. Après un temps de réflexion, les juges ont statué que la requête était inutile, puisque leurs déclarations ne changeraient rien aux faits, a expliqué la présidente du tribunal Florence Dominé.

Dans son réquisitoire, le procureur général n’y est pas allé par quatre chemins. Pierre Aubert: «C’est une des plus violentes et répugnantes affaires de ma vie. Les victimes sont marquées à vie par cette opération de pillage. Vous êtes un pro de la razzia avec une consternante absence de regrets.»

Me Nicati a tenté d’adoucir les facteurs aggravants retenus pour le brigandage et la séquestration. Il n’a pas été suivi.

«Le tribunal est convaincu que vous êtes le coauteur des faits», a conclu Florence Dominé. L’appréciation décisive est bien sûr l’ADN, ainsi que le fait que le prévenu se soit exprimé en espagnol (où le prévenu a résidé) avec un des complices, ainsi qu’un gant et un briquet (vendu en Espagne) retrouvés dans le jardin.

Violente séquestration

La nuit du 14 novembre 2014 restera le souvenir le plus pénible du couple landeronnais. Alors que le fils de l’épouse vient de sortir du domicile et que madame sort prendre l’air au jardin, vers 21h15, un individu lui saute dessus, l’empêchant d’appeler à l’aide. Elle est emmenée de force à l’intérieur. Là, c’est au tour du mari de subir les coups du prévenu avec un tournevis, relate l’acte d’accusation. Il est ensuite roué de coups de pied et de poing dans le but de lui faire avouer où se trouve l’argent du ménage et du commerce qu’exploite le couple. L’acte retient aussi des menaces de mort. Finalement les victimes sont ligotées avec des lacets et des bas trouvés sur place, et bâillonnées. En mettant à sac la villa, les cinq brigands mettent la main sur une vingtaine de milliers de francs, vingt Vreneli, diverses montres et bijoux, du matériel informatique et d’autres petites valeurs pour un montant estimé à 67 000 francs. Les pillards quittent les lieux une heure plus tard, abandonnant leurs victimes attachées.

Traces d’ADN répandues

Il prétend n’avoir jamais mis les pieds en Suisse, mais son ADN est retrouvée au Landeron ainsi qu’en deux autres lieux dans le canton de Vaud. C’est l’Allemagne qui reconnaît le code génétique du prévenu. Car il y a aussi sévi et a été condamné en 1996. Surprise, la Cour apprend durant le procès que le Kosovar a aussi eu des problèmes avec la justice slovène. Dans ce cas, souffle le prévenu, ce sont deux de ses neveux qui ont utilisé un de ses tournevis pour une entreprise criminelle. L’esprit de famille a alors pris le dessus et, dit-il, il a assumé l’infraction à la place des vrais auteurs.


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