17.03.2017, 00:01  

Le participatif a séduit Boudry

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Le participatif a séduit Boudry

DÉMOCRATIE - Des citoyens ont planché sur une renaissance du centre-ville.

Une démarche participative, comme celle menée à Neuchâtel, aidera-t-elle à «revitaliser» le cœur de Boudry? Répondant à l’invitation du Conseil communal, une soixantaine d’acteurs du centre ou membres de sociétés locales ont joué le jeu mercredi soir.

«Quand on a 6000 habitants, on mérite un centre digne de ce nom», précise Jean-Pierre Leuenberger, conseiller communal en charge de l’aménagement du territoire et initiateur de l’atelier participatif. Au vu de l’implication des citoyens présents, la démarche a plu. Un jeune homme est d’ailleurs venu interpeller l’élu: «C’est super que ce ne soit pas limité aux politiques. J’espère que cela se répétera!» Un autre citoyen nous confie: «Ce qui est intéressant, c’est déjà la performance: donner la parole à des gens intéressés.»

«Consommer à Boudry!»

Au bout de trois heures de travail autour de sept tables, les porte-parole des groupes ont rendu leur verdict. Sous forme de slogan pour l’un d’eux: «Se sentir bien à Boudry, rester à Boudry, consommer à Boudry!»

Pour ce faire, il faut modérer le trafic routier et améliorer la sécurité des piétons. Mais aussi favoriser l’implantation d’un restaurant et de petits commerces, comme une boucherie ou une fromagerie. Encore faut-il être entendus. «Les commerçants ont l’impression de ne pas être écoutés par la commune. Ce soir, oui...»

«Immense potentiel»

Par ailleurs, il s’agit de «retenir les touristes», en développant l’offre hôtelière. «Nous avons l’attraction touristique la plus importante du canton: les gorges de l’Areuse», a rappelé une participante. «Nous avons un immense potentiel touristique», a confirmé une autre voix citoyenne.

«Certaines choses pourront être réalisées rapidement. D’autres dans dix à quinze ans. Cela dépendra aussi des finances de la commune», a prévenu Jean-Pierre Leuenberger. «Il n’est pas exclu que je demande au Conseil communal de continuer avec ce genre d’ateliers. Je vous ai vus concentrés, engagés, passionnés.»

«le bijou» louis favre

Une rue figure en bonne place parmi les points forts du centre de Boudry: «Un bijou, la Louis-Favre! Pourquoi pas la rendre piétonne?» Cette proposition divise. Quelqu’un a osé une suggestion audacieuse: la rue pavée pourrait n’être autorisée au parcage que pour se rendre dans les commerces qui s’y trouvent et lors d’événements, comme un spectacle, un culte ou une séance du Conseil général. Il a été relevé que «s’il n’y a que des habitants à la rue Louis-Favre, il n’y a plus de vie». Un riverain a abondé en ce sens: «Depuis qu’il n’y a plus Madame Wehrli (réd: la boulangère), il y a moins de monde». Pour libérer des places de parc, l’idée d’un parking sous le viaduc routier a refait surface. Ou même sous le Château, ce qui profiterait aussi aux visiteurs. Plus simplement, la vitesse pourrait être limitée à 20 km/h, au moins par tronçons. Il serait également possible d’aménager «une petite place devant le temple».

«La place pury de Boudry»

Un lieu mécontente largement: le terminus du tram. Un point névralgique, que certains des participants à l’atelier appellent «la PP de Boudry», en référence à la place Pury, à Neuchâtel. Mais l’endroit est «vraiment moche: c’est assez catastrophique». Sous-exploité, «trop terne», cet espace devrait être mieux aménagé. Par exemple avec davantage de verdure ou une terrasse accueillante, dont les parasols devraient être exempts de publicité. Pourquoi ne pas y organiser un marché hebdomadaire, qui fait cruellement défaut? Une belle place permettrait d’améliorer «la lecture d’entrée de Boudry», qui laisse à désirer. Un participant à l’atelier, par ailleurs architecte, déplore l’allure de «boîte à chaussures» de la nouvelle Migros, à l’entrée du centre de la localité. Selon lui, un enjeu est de faire en sorte que «les gens du haut (réd: du plateau de la gare) viennent en bas pour qu’on retrouve une vie de village».

le déclic du projet coop

«Le projet de Coop sera probablement le déclencheur d’autres actions», estime le conseiller communal Jean-Pierre Leuenberger. La revitalisation de la ville basse et du vieux bourg doit ainsi se faire «en rapport avec ce projet».

Coop avait réalisé des travaux de rénovation intérieure il y a dix ans. Un an auparavant, l’entreprise renonçait à un projet de transformation, même s’il bénéficiait d’un plan spécial et d’un permis de construire. D’ambitieux travaux sont donc à nouveau d’actualité.

Créer 30 logements

«C’est un grand groupe; ils aimeraient faire quelque chose rapidement», selon le conseiller communal, sur un terrain de 10 000 mètres carrés. Selon «la vision» de Coop, la surface du supermarché doit rester inchangée. Il est question de construire un parking souterrain, trente logements de 2,5 et trois pièces et de louer des surfaces à des commerces de taille moyenne. «Il est convenu qu’il n’y aura pas d’autres pharmacies», relève Jean-Pierre Leuenberger, car la commune en compte déjà deux, à proximité. Les autorités verraient d’un bon œil l’installation d’une structure d’accueil parascolaire dans ce futur complexe.


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