20.03.2017, 00:01  

Montmirail, un château à rafraîchir

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 20.03.2017, 00:01   Montmirail, un château à rafraîchir

Par lucas vuitel

THIELLE - La restauration du bâtiment classé coûtera 2,8 millions de francs.

«Le premier défi pour les architectes, c’est qu’ils ne connaissaient pas l’état de la bâtisse. Les sondages ont rapidement révélé pourquoi les appartements du château n’étaient pas bien chauds en hiver: la toiture n’était pas isolée!», explique Martin Eugster, conseiller communal de La Tène, mais aussi membre de la communauté religieuse Don Camillo, installée depuis 1988 au domaine de...

«Le premier défi pour les architectes, c’est qu’ils ne connaissaient pas l’état de la bâtisse. Les sondages ont rapidement révélé pourquoi les appartements du château n’étaient pas bien chauds en hiver: la toiture n’était pas isolée!», explique Martin Eugster, conseiller communal de La Tène, mais aussi membre de la communauté religieuse Don Camillo, installée depuis 1988 au domaine de Montmirail, à Thielle.

Le temps qui passe n’a pas épargné le château de Montmirail, construit en 1618 par Abraham Tribolet, châtelain de Thielle. «Jusqu’à présent, seules les réparations les plus urgentes ont été effectuées. Pour des raisons budgétaires, les interventions plus conséquentes ont toujours été remises à plus tard», raconte Martin Eugster, chef du projet de rénovation, alors qu’il nous fait visiter les lieux.

Le toit et la façade Sud sont effectivement en mauvais état: «Il y a eu des dégâts d’eau à plusieurs reprises. Quand aux installations électriques, elles ne répondent plus aux normes de sécurité.»

Encore de l’argent à trouver

Le montant des travaux est devisé à 2,8 millions de francs. Une somme importante pour la communauté chrétienne Don Camillo, propriétaire du domaine qui compte, en plus du château, une quinzaine de constructions abritant des lieux de culte, des logements et des activités agricoles. «Actuellement, le financement des travaux est assuré à 63%», informe Martin Eugster.

La rénovation a démarré la semaine passée, et devrait durer 16 mois. Pour financer ces travaux d’envergure, la communauté a reçu pour 1,5 million de francs de donations émanant d’amis, de paroisses, de fondations. De plus, le projet reçoit environ 200 000 francs de soutien des offices du patrimoine cantonaux et fédéraux, puisque le domaine de Montmirail est classé depuis 1999.

«La restauration se fait d’ailleurs en étroite collaboration avec l’Office du patrimoine et de l’archéologie du canton de Neuchâtel», précise Martin Eugster. Pour limiter les coûts, la communauté et ses amis participent activement à la rénovation.

Population invitée à visiter

De vendredi à hier, c’était l’effervescence au domaine Don Camillo. La population neuchâteloise, les autorités et les amis de la communauté religieuse étaient invités à visiter les lieux et à participer à la cérémonie officielle de l’ouverture de la rénovation du château. «J’ai toujours eu envie de visiter ce domaine et de voir comment vit cette communauté, ça m’intriguait», confiait samedi une visiteuse, charmée par le site.

La population a donc pu s’imprégner de l’atmosphère du château, de sa tourelle, de son grand salon au plafond en stuc, de ses portes en chêne, de ses moulures, de ses fenêtres donnant sur les jardins à la française. «Le projet de rénovation cherche à remettre en valeur les typologies du bâtiment et à tirer parti des décors architecturaux existants», indique l’architecte mandaté pour ce projet, Philippe von Bergen, du bureau Geninasca Delefortrie.

Le château, qui abritait des appartements, continuera à héberger des membres de la communauté. «Nous y ajouterons une salle de conférences», annonce Martin Eugster.

L’inauguration est planifiée pour juin 2018. «Nous ferons une grande fête, avec des portes ouvertes», se réjouit le chef de projet, prouvant une nouvelle fois que la communauté religieuse est bien intégrée à la vie de la commune.

Don camillo, c’est quoi?

Mais quelle est donc cette communauté Don Camillo qui vit au domaine de Montmirail? Il s’agit d’une communauté chrétienne évangélique composée de plusieurs familles qui ont choisi de vivre ensemble: «Nous mettons en commun toutes nos ressources, nos revenus, nos idées. Certains d’entre nous travaillent au sein de la communauté, d’autres ont un emploi à l’extérieur. L’importance n’est pas ce que l’on gagne, mais de faire en sorte que cela suffise pour tout le monde», explique Dominique Cerveny, l’une des membres de Don Camillo.

La communauté est rattachée à l’église morave, une branche du protestantisme issue de Moravie. Elle compte une vingtaine d’adultes à Montmirail, ainsi qu’une dizaine de fidèles répartis entre Bâle, Berne et Berlin. Les enfants de Montmirail sont scolarisés à l’école publique, à La Tène. «Je venais ici comme hôte, j’étais touchée par la manière dont j’étais accueillie», raconte Dominique Cerveny. «Nous avons choisi de nous installer ici il y a onze ans, avec nos trois enfants.»

La communauté protestante fonctionne aussi comme maison d’hôte, elle organise des séminaires, des stages et des retraites pastorales qui lui garantissent près de 10 000 nuitées par an. Elle accompagne des personnes dans la précarité. Enfin, elle vit également des revenus du domaine agricole et des dons.


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