18.04.2017, 00:01  

Des franches-montagnes au pas

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Par lucas vuitel

LES HAUTS-GENEVEYS - Débardage forestier avec une dizaine de chevaux.

Ce week-end, les chevaux franches-montagnes étaient à l’honneur au Val-de-Ruz. Guidés au son de la voix et au pas, ils ont pris part samedi à un chantier de débardage forestier, aux Hauts-Geneveys. Dès 8h30, les équidés ont commencé à tracter des billons de bois, suscitant la curiosité du voisinage, qui n’a pas hésité à s’approcher pour contempler le travail.

Par l’intermédiaire de Laurent Huegli, un habitant des Hauts-Geneveys qui connaît le garde forestier du secteur, la commune de Val-de-Ruz a proposé à l’équipe suisse des franches-montagnes de se charger du chantier (lire ci-contre). Ce qui constitue un excellent entraînement pour les chevaux. Ainsi, une petite dizaine d’équidés – dont trois comtois – ont mis du cœur à l’ouvrage dans le bois jouxtant la place des Gollières.

Ne pas dégoûter l’animal

«Une magnifique complicité se crée entre l’animal et l’homme. Il faut apprendre les mots types pour obtenir ce qu’on veut de son cheval», confie Laurent Huegli. Celui-ci possède un comtois qu’il entraîne tous les jours. Lors du débardage, «il ne faut surtout pas dégoûter l’animal, ça doit être un plaisir, tant pour le meneur que pour le cheval».

Responsable de l’équipe FM, Juliette Tardent-Buser souligne la précision des animaux à tracter les troncs d’arbres. «Le cheval obéit pas à pas. Il ne doit surtout pas faire dix pas de trop», car ça pourrait être dangereux. «Ça demande de la volonté, beaucoup de travail et d’entraînement, le franches-montagnes est une perle.» Alors, en récompense à leurs efforts, les équidés ont toujours des morceaux de pain, non loin.

Bien que ce débardage n’ait pas été annoncé, «il y avait pas mal de spectateurs», relève Juliette Tardent-Buser. «Les gens peuvent se rendre compte qu’il existe d’autres formes de traction.»

Pas de dégât au terrain

Agriculteur retraité, Théo Brand faisait justement partie des riverains captivés par la discipline des chevaux. «J’ai planté cette forêt. L’ingénieur forestier de l’époque avait demandé à plusieurs jeunes de l’aider. Elle a été reboisée dans les années 1965-1970», raconte, ému, le Vaudruzien, qui a exploité le pâturage des Gollières de 1969 à 2008. Tout comme lui, nombre de promeneurs étaient admiratifs devant le travail équestre.

Selon la responsable de l’équipe FM, dans cette forêt, «le chantier de débardage au cheval a du sens. On ne fait pas de dégâts sur le terrain», contrairement à des machines qui provoqueraient du «bruit ou des odeurs d’essence. Et c’est économiquement défendable».

Vers 18 heures, les chevaux avaient sorti quelque cinquante mètres cubes de bois de la forêt, prêts à être chargés par le camion. Le tout «en préservant le terrain et la végétation», conclut Juliette Tardent-Buser.

«Redorer l’image de ce cheval de trait»

Férus de chevaux de trait, une septantaine de membres bénévoles font partie de l’équipe suisse des franches-montagnes. «Des passionnés de cette race seule d’origine suisse –, qui entraînent leurs animaux toute l’année», indique la responsable de l’équipe FM Juliette Tardent-Buser. «Et il y a 20 à 22 chevaux dans l’équipe, mais tous ne font pas du débardage». Cette Fribourgeoise ne tarit pas d’éloges sur le franches-montagnes, qui est considéré, «à l’étranger, comme la rolls du cheval de loisirs».

Juliette Tardent-Buser déplore toutefois «une baisse des naissances chez la race franches-montagnes». D’après elle, les causes sont multiples. «Un cheval doit être prêt à la vente à 3 ans et ça demande beaucoup de travail», notamment au niveau financier. Et d’ajouter que la Fédération suisse des Franches-Montagnes «ne nous soutient pas beaucoup».

Ainsi, divers événements et compétitions sont organisés tout au long de l’année pour «promouvoir la polyvalence de cette race et redorer l’image de ce cheval de trait». A l’instar des nombreuses routes européennes du cheval de trait, comme la «Route du poisson», auxquelles participent, depuis 1991, des meneurs de toutes les régions du pays.


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