13.07.2017, 00:01  

Avec ça, un petit coucher de soleil?

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Anita et Aires Afonso, les gérants de La Mayaz.

 13.07.2017, 00:01   Avec ça, un petit coucher de soleil?

MÉTAIRIES - Reportage au chalet de La Mayaz, au-dessus de Sainte-Croix.

«Aaah... Il fait trop chaud en bas. J’ai eu beau me baigner à Yverdon, j’étais à plat toute la journée. Je vais rentrer à pied à Sainte-Croix, ce soir.» Et à son compagnon goguenard: «Si, si, je vais le faire, je te dis!» A leur façon de saluer les patrons, Madame et Monsieur sont des habitués.

Au chalet de La...

«Aaah... Il fait trop chaud en bas. J’ai eu beau me baigner à Yverdon, j’étais à plat toute la journée. Je vais rentrer à pied à Sainte-Croix, ce soir.» Et à son compagnon goguenard: «Si, si, je vais le faire, je te dis!» A leur façon de saluer les patrons, Madame et Monsieur sont des habitués.

Au chalet de La Mayaz, deuxième étape de notre série d’été sur les métairies, le monde commence à respirer au coucher du soleil, «le plus beau de tout le Jura», comme l’aurait proclamé un journal il y a quelques années. Lieu de pèlerinage des vététistes et des skieurs (de peaux), la métairie est perchée à 1315 mètres d’altitude, à une bonne heure à pied du sommet du Chasseron.

Rivés sur leur smartphone

Situé juste au-dessus de la ligne de l’horizon dessiné par les premiers reliefs de France voisine, l’endroit est écrasé de lumière, en journée. Mais le soir, on savoure. Le regard va du village de L’Auberson à celui de La Côte-aux-Fées, puis remonte sur le mont d’Or et la Dent de Vaulion. On resterait assis pendant des heures.

«L’hiver, on voit même la piste de ski de Métabief», nous indique la patronne, Anita Afonso. Pas de doute, elle est Vaudoise. Elle dégaine son téléphone portable et nous montre une série de couchers de soleil. «Souvent, les plus beaux, c’est après la pluie.»

A l’heure du dessert, quand les clients installés sur la terrasse deviennent orange, ils abandonnent la cuillère pour appuyer eux aussi sur l’icône de l’appareil photo.

Quatre amies vallonnières quittent même la table avec leur verre de rouge pour s’installer sur l’herbe, au premier rang du spectacle. Encore des clientes qui ne sont pas venues en bagnole. «On a marché depuis le Saut de l’Eau. Ce n’est pas une immense trotte», précise Michèle comme pour s’excuser. «On a assisté au lever du soleil le 28août, et cette année on s’est dit que c’est ici qu’on ferait le coucher du soleil.» Santé, les filles!

Les époux Anita et Aires Afonso gèrent le chalet de La Mayaz, qui appartient à la commune de Sainte-Croix, depuis huit ans. «Reprendre cette affaire, c’était mon truc à moi, mais on a attendu que les enfants deviennent grands», raconte le gérant. Ceux-ci, d’ailleurs, n’hésitent pas à donner un coup de main à leurs parents au restaurant.

Chalet propret

Le couple s’est rencontré en 1982. Lui travaillait au grand hôtel des Rasses et elle faisait un apprentissage de coiffeuse. «C’est elle qui m’a trouvé, puisque je m’étais perdu là-haut», confie le Portugais d’origine en souriant.

Quand on arrive en voiture, on hésiterait presque à balader ses gros pneus sur les surfaces planes impeccablement tondues qui font office d’une partie du parking. C’est à l’image de tout le site, en particulier de l’intérieur du chalet: propret. La salle est blanche et lumineuse, aussi. «Ça présente quand même mieux que s’il y avait du chenit partout...», réagit Anita.

Aux murs, accrochés, on trouve des outils de toute sorte, des aquarelles – dont une est un cadeau d’une exposition abritée par La Mayaz – et deux chamois empaillés.

Un coq «méchant, mais qui donne l’alerte»

Les époux Afonso ont des cochons et des poules. Des volatiles, il en reste 17 sur 20. La faute au renard qui rôde dans le coin. Les tenanciers se sont résolus à garder leur coq, «qui est méchant, mais qui donne l’alerte».

Du rusé renard, le couple n’en a vu que la queue. Il a eu beau, sur l’idée du garde-chasse, placer un appétissant repas dans une cage... Le lendemain, plus de repas, mais pas de renard non plus.

Au menu du jour

Fondue, gratin, croûte: la carte du chalet de La Mayaz fait la part belle au fromage et ce n’est pas un hasard: «Les règlements vaudois pour les restaurants d’altitude nous interdisent de proposer de la viande, sauf si elle est fumée», explique Anita Afonso, qui a fait la patente.

Et comme la contrainte peut pousser à l’inventivité, cela donne les rœstis Mayaz: roestis, fromage à raclette et tranches de lard sec. «On cuit les rœstis à la poêle, on les met dans un poêlon et au four avec les tranches de fromage et, à la sortie, on rajoute le lard.»

On jette encore un coup d’œil à la carte. «C’est quoi, le café Mayaz?» La serveuse, une amie des tenanciers, ne fait pas semblant d’inventer une histoire: «On ne sait pas exactement ce qu’il y a dedans, mais ça fait un peu chaud à la tête et ça fait plaisir!» Ce genre de phrases, ça vaut presque un joli coucher de soleil.

Là-haut sur la montagne

Y aller Arrivé en voiture (en provenance du Val-de-Travers) au sommet du col des Etroits, il faut tourner à gauche. C’est bien indiqué. La route se poursuit sur quelques kilomètres et vaut le détour. Ce n’est qu’au dernier virage qu’on aperçoit le chalet de La Mayaz et que la vue se dévoile.

Ouverture Du premier week-end de mai au troisième week-end du mois d’octobre.

série d’été

Après Le Maillard, la semaine dernière, on vous emmène au-dessus de Sainte-Croix, au chalet de La Mayaz, où les époux Afonso mitonnent de bons petits plats au fromage, comme autant d’offrandes au soleil qui se couche sur la France voisine.


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