19.04.2017, 00:01  

Les De Carvalho prennent leur retraite

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MÔTIERS - Poissonnerie, épicerie, service traiteur: Luciano et Marguerite De Carvalho ont servi les Fleurisans puis les Môtisans durant 38 ans. Deux jeunes repreneurs leur succèdent.

Ils arrêtent pour «éviter l’épuisement», mais «sans s’êtrerendu compte» de leurs 37 années de service, à Fleurier puis à Môtiers. Trente-sept ans aux commandes de la charcuterie du Commerce, puis de leur poissonnerie et traiteur de l’avenue de la Gare et enfin de l’unique épicerie de Môtiers. Marguerite et Luciano De Carvalho prennent leur retraite et laissent la place à un jeune couple de repreneurs, Marine Graf et Amilcar Rodrigues (lire ci-dessous).

Cette retraite, le couple bien connu des Vallonniers la passera surtout au Portugal. Pour des raisons économiques – «on ne peut pas vivre en Suisse avec notre petite retraite», explique Luciano –, mais aussi et surtout parce que Monsieur y a hérité de la maison familiale à Vela où le couple a aménagé des chambres d’hôtes. S’ils reviendront régulièrement au Vallon, ils comptent bien accueillir leurs amis au Portugal.

Les clients, ces amis

«Nos amis, ce sont nos clients», remarque la désormais ex-patronne du magasin. Luciano – ou plutôt Lucien comme les Vallonniers l’appellent – acquiesce: «On veut vraiment les remercier pour leur soutien», dit-il, en se rappelant «les rires», notamment lors de l’ouverture, il y a deux ans, de l’épicerie de Môtiers.

L’arrivée des De Carvalho au Vallon, en janvier 1980, s’est faite à la suite «d’une balade à vélomoteurs depuis Serrières». Travaillant jusqu’alors aux Gourmets, à Neuchâtel, Luciano y rate un poste à responsabilité et souhaite dès lors lancer sa propre affaire. Ils mettent le cap sur le Val-de-Travers. Marguerite y avait des contacts, elle qui avait commencé sa scolarité obligatoire à Travers.

Entre les Arcades, l’avenue de la Gare puis l’ancienne boulangerie de Môtiers et «beaucoup, beaucoup, beaucoup» de banquets ou apéritifs dînatoires, les De Carvalho ont aujourd’hui nombre d’anecdotes à raconter. Ils ont par exemple servi un millionnaire qui avait demandé à pouvoir manger son poulet dans le laboratoire de leur échoppe. Marguerite se souvient aussi d’un jour où, en plein rush, elle s’était coupé le doigt tandis que Luciano était pris d’un saignement de nez. Sans oublier les rebords arrondis des vitrines qui ont causé pas mal de chute d’objets, œufs compris.

«Le truc pour appâter»

Depuis 1980, les De Carvalho ont vu leur métier évoluer. Pour eux, il y a toujours de la place pour ceux qui se donnent à fond. «Il y a un renouveau pour les petits commerces», estime même Luciano. «Il faut juste trouver un truc pour appâter le client», continue Marguerite. Qui voit une seule ombre au tableau: «Les normes qui deviennent très strictes. On comprend, mais il ne faut pas exagérer.»

Alors que les nouveaux sont aux commandes depuis un peu plus d’un mois, les époux De Carvalho sont heureux de leurs successeurs. La remise s’est faite uniquement grâce au bouche-à-oreille. S’ils pensaient remettre un peu plus tard, «nous avons pris notre décision en une nuit», lorsqu’une offre leur a été faite. «Il faut s’estimer heureux de pouvoir remettre. Mais on ne peut plus demander ce qu’on aimerait toucher pour la remise d’un commerce», conclut Marguerite.

«Un coup de jeune»

Rue Centrale, à Môtiers, De Carvalho traiteur est devenu depuis un gros mois Chez Marine. Marine Graf et Amilcar Rodrigues ont été conquis par «l’état d’esprit» des Môtisans. «Les clients sont exceptionnels au Val-de-Travers. Après un mois, je connais plus de 50% de la clientèle. Ce n’est pas comme à Neuchâtel», remarque Amilcar. «Ici, les gens ont besoin de parler. On discute de recettes et des produits. C’est davantage qu’un commerce. Il y a un côté social auquel je ne m’attendais pas, mais que j’apprécie beaucoup», explique le jeune homme, portugais d’origine, comme l’ancien patron.

Les livraisons de repas, un secteur que les nouveaux veulent dynamiser, sont un bon exemple de ces interactions sociales. «Quand on va livrer chez des personnes âgées, on est parfois la seule personne qu’elles verront de la journée, c’est important pour elles», remarque Amilcar. Pour conquérir et fidéliser la clientèle, les nouveaux épiciers, cuisiniers et traiteurs misent sur de bons gâteaux maison. Au fromage et au chocolat notamment. «On veut donner un coup de jeunesse au magasin», conclut Marine Graf.


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