21.03.2017, 00:01  

Une bien maigre saison de ski

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Une bien maigre saison de ski

 21.03.2017, 00:01   Une bien maigre saison de ski

REMONTÉES MÉCANIQUES - Les stations ont peu ouvert, mais elles limitent la casse.

Mais où était donc la neige cet hiver? A l’heure de tirer le bilan, les exploitants des téléskis de la région se posent la question en regard des maigres périodes d’ouverture. Grosso modo, en moyenne, elles ont été deux fois moins nombreuses que sur les dix dernières années. La saison n’est pas à oublier pour autant: le...

Mais où était donc la neige cet hiver? A l’heure de tirer le bilan, les exploitants des téléskis de la région se posent la question en regard des maigres périodes d’ouverture. Grosso modo, en moyenne, elles ont été deux fois moins nombreuses que sur les dix dernières années. La saison n’est pas à oublier pour autant: le public a répondu présent lorsque les conditions le permettaient. Tour d’horizon.

Principale station du canton, Les Bugnenets-Savagnières a aussi été celle qui a le plus ouvert. Avec 43 jours de fonctionnement, les installations ont pu marcher dès le 14 janvier. Après un trou début février, les téléskis ont repris du service le 5 pour deux semaines, avant de rouvrir quelques jours en mars. «Nous avons pu ouvrir durant la semaine blanche du Vallon de Saint-Imier, mais ce sont les seuls qui ont eu de bonnes conditions durant leurs vacances», remarque Michel Voutat, président du conseil d’administration.

Non loin, on parle d’un «bilan assez mince» au Crêt-du-Puy. Le responsable Christian Wüthrich indique de le téléski a pu fonctionner durant trente jours en janvier, puis en février. «Nous avons eu une très, très bonne fréquentation lorsque nous avons ouvert, aussi parce que les conditions n’étaient pas bonnes en Valais et que les gens avaient envie de skier.»

Petit nouveau, le téléski des Loges, à La Vue-des-Alpes, a ouvert 27 jours. «Nous sommes contents malgré le manque de neige», dit la responsable Natacha Meyer. «Pour nos débuts, ça va bien. On verra l’an prochain. Nous réfléchissons à investir dans un tire-bob».

«L’affluence était bonne. Ce qui nous manque, c’est le nombre de jours.» A Chapeau Râblé, le propriétaire Sully Sandoz a pu ouvrir 13 jours: «Ce n’était pas une bonne saison», commente le responsable dont les finances ont été nivelées, notamment à cause du changement de la motoneige. «Sans la piste éclairée, on n’arriverait pas à tourner. C’est le soir qu’on parvient à faire deux-trois petits sous.»

A Sommartel, Matthias Wirth et son équipe n’ont pu ouvrir que huit jours. «Nous avons pas mal de cailloux, si nous n’avons pas 40cm de neige, nous ne pouvons pas ouvrir», remarque-t-il. Si le public a répondu présent lors des rares ouvertes, la saison est à oublier: «Heureusement que nous avons le soutien de la Ville du Locle, sinon, cela ferait longtemps que nous ne serions plus là.»

A La Corbatière, Pierre Banderet est davantage enthousiaste. «Nous avons ouvert 19 jours, nous avons donc pu sauver les meubles. Mais surtout, les gens ont bien suivi. Nous avons fait d’excellents week-ends», indique le président de la société des téléskis.

Un autre qui partage un tel enthousiasme est Willy Jeanneret, à Brot-Plamboz. Le petit téléski local n’a pu ouvrir que douze jours, «mais nous avons pu faire nos cours de ski et notre concours sous un temps magnifique», indique le retraité, homme à tout faire local. «Nous avons pu réaliser le même chiffre d’affaires que l’an dernier, où l’on avait ouvert deux fois plus.» Nous n’avons pas pu joindre le responsable du téléski de La Brévine afin de l’inclure dans ce bilan.

Val-de-Travers

Dix-huit jours, c’est le bilan de La Robella, le deuxième domaine cantonal. «Nous avons ouvert les deux dernières semaines de janvier, ainsi qu’un week-end et un lundi en février», note Laurent Bütikofer, le responsable de l’exploitation. Si aucun événement n’a pu se tenir cette année (Chasseron-Buttes, la Nuit de la Robella,...), le télésiège a fonctionné une vingtaine de jours supplémentaires pour les randonneurs. Avec de bons résultats: «nous axerons davantage sur ces prestations l’an prochain: luge, raquettes, trottinette, fat bike.»

«Une petite année» aux Verrières. Avec treize jours d’ouverture, le téléski local a ouvert deux fois plus que l’an dernier, où il avait ouvert six fois. «Il a peu neigé, mais le froid a fait tenir l’enneigement», remarque le chef d’exploitation Blaise Cand.

Le téléski de La Côte-aux-Fées a ouvert, lui, huit jours. «Nous avons eu de belles affluences, avec des gens venus de l’extérieur», remarque Florence Piaget, renforçant définitivement ce constat: les Neuchâtelois ont toujours envie d’aller skier.

Espérons que la neige sera davantage présente l’an prochain pour leur permettre de s’adonner à cette passion.

L’équilibre financier est visé

S’il ne laissera pas un souvenir inoubliable par ses conditions d’enneigement, l’hiver 2016-2017 ne devrait pas laisser d’ardoises non plus pour les stations régionales. La plupart des exploitants annoncent un certain équilibre financier. «Les abonnements et les bons week-ends permettent de compenser», note ainsi Laurent Bütikofer pour La Robella. «Nous pouvons vivre avec une telle saison, nous n’entamons pas nos réserves», note Michel Voutat, pour Les Bugnenets. Un tel équilibre est aussi visé au Crêt-du-Puy et à La Corbatière où «il n’y aura pas de problèmes pour repartir l’année prochaine».

Si Sommartel bénéficie de sous communaux loclois, aux Verrières, à Brot-Plamboz ou à La Côte-aux-Fées, c’est le bénévolat qui permet de tourner. Toutefois, dans ce dernier village, le câble devra être changé pour l’année prochaine, d’où une dépense extraordinaire de 7000 à 10 000 francs qu’il faudra financer.

Par contre, pour ceux qui ont dû faire des dépenses cette saison, les résultats d’exploitations virent au rouge. «C’est une année à perte. Et nous ne recevons plus rien de la Ville», remarque Sully Sandoz pour Chapeau-Râblé, à La Chaux-de-Fonds. Heureusement, quelques bénévoles ont permis de limiter la casse. A La Vue-des-Alpes aussi, l’investissement n’est pas encore rentabilisé. «Mais on ne s’attendait pas à faire du bénéfice», conclut Natacha Meyer.

Moins de jours

A l’image de toute la région, la Robella a moins ouvert qu’à l’accoutumée. Si, avec ses 18 jours de ski, l’hiver passé est dans la lignée du précédent (19 jours), cela reste nettement en dessous des années précédentes. On note ainsi 79 jours en 2008/09, 47 en 09/10, 17 en 10/11, 58 en 11/12, 53 en 12/13, 27 en 13/14 ou encore 39 en 14/15. Mais il y a aussi eu pire: un seul jour en 2001/2002.


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