13.03.2017, 00:01  

Semi-attractif, semi-répulsif

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Par mathieu roduit

ATHLÉTISME - A l’image de l’épreuve organisée par le CEP de Cortaillod, le semi-marathon peine à séduire.

A Colombier hier, un joli méli-mélo s’affairait sur la piste du stade du Littoral. Des marathoniens aux spécialistes de la montagne, en passant par ceux de la piste et du demi-fond, la liste de départ était particulièrement hétéroclite. Dans les travées du stade colombinois, la rumeur courait que le semi-marathon du CEP Cortaillod n’était qu’une étape de plus dans la préparation pour d’autres objectifs.

À ce moment de l’année, coincé entre la saison de cross et celle de route, rares sont les athlètes en forme. «Je sortais d’un gros bloc d’entraînement et je n’ai pas voulu trop en faire», confiait ainsi Julien Fleury, vainqueur du 10 km (en 32’37’’). Pour le Chaux-de-Fonnier, les premiers objectifs arrivent à grands pas. «Je suis en pleine préparation pour la Kerzerslauf (réd: samedi prochain)», glissait Julien Fleury. «Le semi du CEP m’a permis d’entraîner un peu la vitesse. C’est une bonne chose.» Viendra ensuite le temps des courses de montagne, le point d’orgue de sa saison.

Même son de cloche pour Mekonen Tefera, sacré sur l’épreuve reine. Quatrième du 10 kilomètres de Payerne deux semaines plus tôt, l’Ethiopien rallonge les kilomètres. Colombier n’était qu’un passage supplémentaire avant de se tourner vers le marathon de Zurich début avril. «Le semi-marathon était un exercice pour moi», reconnaissait le vainqueur du jour. «Il faut faire des kilomètres pour l’entraînement.»

Un effort différent

Second tribut qui joue en défaveur du semi-marathon, son effort. Incomparable avec un marathon, car bien plus court, il n’a également rien d’assimilable à un 10 kilomètres. «Sur un semi-marathon, tu dois en garder sous le pied dans les dix premiers kilomètres», expliquait Julien Fleury. «Le 10 km est presque un sprint par rapport à un semi-marathon.»

«Un semi, c’est beaucoup de souffrance par rapport à une course en montagne», avançait Kevin Fuchs, deuxième toutes catégories du semi-marathon à Colombier. «Il y a quand même des rythmes différents.» En bon Neuchâtelois, il a souvent arpenté les sentiers du BCN Tour. Mais, pour lui, l’épreuve phare du canton n’a pas son pareil avec le semi-marathon, moins fréquenté. «Au niveau de l’ambiance par exemple, le BCN Tour, c’est le top des courses», narre le Colombinois. «C’est également beaucoup plus rapide et tu te fais encore plus mal. On ne s’y prépare pas de la même manière.»

Seule exception à Colombier, la coureuse de Cernier Laurence Yerly apprécie de mélanger les plaisirs. «Aujourd’hui (hier), j’étais venue pour prendre mes repères, car c’était ma première course de la saison», raconte la deuxième dame. «Cela fait du bien de reprendre avec des longues distances. Mais moi, je fais du court, du long, un peu tout et n’importe quoi!»

Une participation élevée

Le rang de «course de préparation» n’a en rien enlevé l’intérêt du semi-marathon du CEP. Hier, à Colombier, près de 600 coureurs – un record selon les organisateurs – ont pris le départ des deux courses du 10 kilomètres et du semi-marathon. Partis dès les premiers mètres de course, Julien Fleury et Mekonen Tefera ont dominé leur sujet dans leur catégorie respective. Le premier s’est adjugé le 10 kilomètres, tandis que Tefara, favori du jour, n’a fait qu’une bouchée du semi-marathon. Deuxième, Kevin Fuchs de Colombier a terminé à 5’07’’ et il devance Michael Verniers 5’09’’.

Chez les dames, la Bernoise Daniela Aeschbacher (1h19’19’’) s’est imposée devant Laurence Yerly (à 44’’) et Virginie Schumacher (à 7’03’’).

Nous ferons paraître les classements complets dans une prochaine édition.


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