15.03.2017, 00:01  

Danse sur l’eau au Nid-du-Crô

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«La natation synchronisée est plus difficile que la natation», estime Claudine Saraçlar,  responsable de la section au Red-Fish.

NATATION SYNCHRONISÉE - Le Red-Fish organise le championnat romand espoirs ce week-end.

Le 8 septembre, le Red-Fish Neuchâtel fêtera ses 100 ans. Une jolie longévité pour ce club né sur l’initiative de sept garçons et qui regroupe aujourd’hui quelque 1200 membres, répartis en cinq sections (natation, plongeon, natation synchronisée, triathlon et water-polo). Ce week-end, c’est une discipline très exigeante et complexe qui sera en représentation au Nid-du-Crô, à l’occasion du championnat romand espoirs.

Responsable de la section natation synchronisée du Red-Fish, mais aussi juge, juge arbitre, entraîneure, coach J+S ou encore nageuse, Claudine Saraçlar s’occupe d’une petite soixantaine de filles. «C’est un sport qui demande beaucoup de motivation et de volonté, car les résultats s’améliorent petit à petit, grâce à la répétition des mêmes mouvements de très nombreuses fois. La natation synchronisée est plus difficile que la natation, car il faut avoir une bonne endurance, de la souplesse artistique, de bonnes capacités respiratoires sous l’eau et, bien sûr, un bon niveau de natation», explique la Landeronnaise.

Discipline chronophage

Amandine Rochat (12 ans) en sait quelque chose. La jeune synchronette consacre 11h30 par semaine à son sport favori, entre les piscines du Nid-du-Crô, de Hauterive et de Boudry. Si elle peut encore participer aux compétitions en catégorie J4, la Bôloise s’entraîne en J3. «Grâce à des arrangements avec l’école, je suis dispensée de gymnastique et de piscine. Les entraînements avec le Red-Fish durent entre 1h et 4h, essentiellement dans l’eau. Mais il y a aussi de la gymnastique, de la course, du stretching et la répétition des chorégraphies en dehors de la piscine.»

A 25 ans, Jenna Mannino bénéficie d’un programme hebdomadaire plus allégé en catégorie Masters. «C’est plus cool», sourit l’Altaripienne. «J’effectue entre 5 et 7 heures d’entraînement par semaine. Pour moi c’est insuffisant, je pratique donc plusieurs autres sports à côté.» Avec, en ligne de mire, les championnats du monde de natation, qui se dérouleront du 12 au 28 juillet à Budapest, en Hongrie. «Les bases de ce sport s’apprennent très jeune», explique Claudine Saraçlar.

Au Nid-du-Crô, personne n’a oublié la multiple championne de Suisse Isabelle Quinche. Mais la succession de la Neuchâteloise s’annonce difficile selon la responsable de la section natation synchronisée du Red-Fish: «Actuellement, il y a un petit vide. Nous avons 3-4 filles qui ont du potentiel, mais il faut qu’elles s’accrochent. Pour aller loin, une synchronette a besoin de l’appui de ses parents et de faire des sacrifices.»

Président du club neuchâtelois, Daniel Gumy voit un autre problème, car «nous sommes limités par le nombre d’heures d’eau données par la Ville. Tant que nous n’aurons pas une nouvelle piscine, il sera très difficile de faire éclore un nouveau grand talent. Mais de manière générale je suis satisfait. Les piscines du Nid-du-Crô sont déficitaires, il est donc difficile de demander plus…» Malgré tout, celui qui a pris la présidence en octobre 2016 ne manque pas d’idées pour le futur: «On pourrait construire une bulle par-dessus la piscine extérieure, qui n’est utilisée que quelques mois par année. Mais cela demande des garde-bain supplémentaires, des nettoyages, un passage entre l’intérieur et l’extérieur,… On pourrait aussi la recouvrir avec une ‘couverture isolante’, ce qui permettrait de garder la température de l’eau.»

Si des solutions existent, la mise en œuvre est plus difficile. Mais le Red-Fish continue son chemin, sans laisser transparaître son âge avancé.

La relève se présente dès samedi

Le Red-Fish Neuchâtel organisera ce week-end le 31e championnat romand espoirs de natation synchronisée au Nid-du-Crô. Un événement – qui attirera environ 200 jeunes compétitrices – qui demande du travail «avant, pendant et après. Le programme n’est pas facile à faire, car il faut répartir les compétitions de manière à le rendre attractif», explique Claudine Saraçlar, responsable de la section natation synchronisée du club. «Je veille aussi à ne pas faire commencer la journée avec les groupes, car ils ont besoin de temps pour se préparer, et certains viennent de loin.»

Les meilleurs classements du club neuchâtelois sont attendus avec les J4 (7-13 ans), en groupes (samedi) et en solos (dimanche). «Mais le moment le plus spectaculaire sera très certainement la compétition des combos (dimanche dès 14h45). Les passages dureront 4’30.’’»

Le 24 juin, le club neuchâtelois organisera sa RedFish Cup, une compétition suisse interclubs créée en 2002.


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