12.04.2017, 00:01  

«L’aval du peuple est indispensable»

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Après l’approbation du Parlement du sport, le projet de Sion 2026 va maintenant entrer dans sa phase politique, sans doute la plus délicate.

 12.04.2017, 00:01   «L’aval du peuple est indispensable»

Par julien wicky

SION 2026 - Le projet a été officiellement validé hier soir par le Parlement du sport de Swiss Olympic, à l’unanimité.

Cette fois, la candidature de Sion 2026 est officiellement lancée. Les fédérations sportives olympiques du pays ont accepté à l’unanimité de lancer la candidature dans sa phase officielle. Dans la foulée, le Parlement du sport – organe législatif de Swiss Olympic – a, toujours à l’unanimité, débloqué les huit millions de francs que l’organisation doit débourser pour financer la...

Cette fois, la candidature de Sion 2026 est officiellement lancée. Les fédérations sportives olympiques du pays ont accepté à l’unanimité de lancer la candidature dans sa phase officielle. Dans la foulée, le Parlement du sport – organe législatif de Swiss Olympic – a, toujours à l’unanimité, débloqué les huit millions de francs que l’organisation doit débourser pour financer la phase de candidature internationale, dont le montant total s’élève à 24 millions. Les seize autres sont répartis solidairement entre la Confédération et les régions concernées.

La décision était attendue, mais l’ampleur du soutien est un signal fort. Le projet entre désormais dans sa phase politique, la plus complexe. Jean-Philippe Rochat, président de Sion 2026, l’aborde avec un réel optimisme et une franche détermination. Le Conseil fédéral, prochain à se prononcer sur le dossier, devrait choisir à la fin septembre s’il l’accepte et présenter un message à l’attention des Chambres.

Jean-Philippe Rochat, cette phase «sportive» est désormais derrière vous. Depuis le refus des Grisons, était-ce une simple formalité?

Je ne crois pas que cela a été plus simple, il ne fallait surtout pas nous reposer sur ce refus des Grisons. Nous n’avons pas eu moins de travail et il y a encore un bon nombre de questions à régler. Il était néanmoins indispensable, après le soutien des autorités cantonales, d’obtenir une large approbation du Parlement de Swiss Olympic pour démontrer que le monde du sport est convaincu par ce projet.

Pour vous, la phase politique qui s’annonce sera la plus compliquée. Pourquoi?

D’abord d’un point de vue technique, parce que nous avons quatre mois pour finaliser et déposer au Conseil fédéral un budget détaillé neuf ans avant la manifestation. Et ensuite politiquement, puisque notre dossier devra convaincre le Conseil fédéral, les Chambres, les cantons et enfin les populations avec d’éventuels référendums vraisemblablement au second semestre 2018. Tout cela, avant l’échéance fixée par le CIO au mois de janvier 2019.

Des référendums semblent indispensables. Vous cherchez à les éviter?

Certainement pas! Mais les référendums dépendent des constitutions cantonales et je ne peux pas improviser de nouvelles manières de faire spécialement pour cette candidature. Pour être clair, tout est une question d’engagement financier. Et si le Conseil fédéral devait décider d’engager un montant qui couvre nos besoins, il est envisageable que les cantons n’aient pas à s’engager et donc que les populations n’aient pas à voter. Mais je reste convaincu qu’un tel projet ne peut pas se faire sans un massif soutien populaire.

Vous choisissez de vivre avec une épée de Damoclès sur la tête puisque le projet peut donc être balayé dans sa phase finale. Pourquoi ne pas voter plus tôt?

Le processus démocratique est ainsi fait que les cantons attendent les décisions fédérales pour s’impliquer. Nous déposerons notre candidature au CIO au printemps 2018 et le peuple sera ensuite libre de refuser ou non ce projet. Ce sera son choix, mais cette seule phase de candidature internationale vaut déjà la peine, en termes de visibilité. J’affronte ces différentes échéances avec sérénité, certain que nous avons les arguments pour convaincre.

Vous évoquez 180millions de francs de contributions publiques dans votre dossier de candidature. A l’heure des coupes dans les budgets et des réserves qui s’amenuisent, pensez-vous vraiment convaincre le peuple?

Mais ce n’est pas de l’argent que nous jetons au Rhône ou au lac, d’autant que le besoin en infrastructures est extrêmement limité. Ce sont des investissements concrets et je pense notamment aux 650 millions que verse désormais le CIO à la candidature désignée pour accueillir les Jeux. Si cet argent n’est pas déboursé en Suisse, il le sera peut-être en Suède ou ailleurs. On voit les dépenses, mais on ne pense pas aux recettes émanant du sponsoring, de la billetterie, etc.

Reste les réelles motivations que beaucoup mettent en doute. Votre projet n’est-il pas, avant tout, celui d’entrepreneurs? Le village de Collombey en est un exemple.

Je vous invite à regarder le projet de Sion 2006, dans lequel il fallait construire un village olympique, quatre patinoires et des tremplins... Nous sommes très éloignés de cela, ces structures existent en majorité. Le fait que la totalité des fédérations sportives soutiennent ce projet tord le cou à cette idée qu’il n’est qu’un rêve d’entrepreneurs.


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