30.03.2017, 00:01  

Alexandre Balmer fait exception

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 30.03.2017, 00:01   Alexandre Balmer fait exception

Par Julián Cerviño

Alexandre Balmer (16 ans, 191 cm, 65 kg) est un jeune athlète hors norme. Depuis le début de sa carrière, ses résultats l’attestent. En Suisse, il fait déjà figure d’exception. Le Chaux-de-Fonnier est le seul vététiste membre des cadres nationaux juniors aussi convoqué avec l’équipe nationale sur route. Si le tout-terrain lui convient mieux, le sociétaire du Cimes...

Alexandre Balmer (16 ans, 191 cm, 65 kg) est un jeune athlète hors norme. Depuis le début de sa carrière, ses résultats l’attestent. En Suisse, il fait déjà figure d’exception. Le Chaux-de-Fonnier est le seul vététiste membre des cadres nationaux juniors aussi convoqué avec l’équipe nationale sur route. Si le tout-terrain lui convient mieux, le sociétaire du Cimes Cycle a des atouts à faire valoir sur le bitume.

Même au niveau international, il ne doit pas y avoir beaucoup de jeunes cyclistes à s’aligner et gagner des épreuves des Juniors Series en VTT et à participer au Tour du Pays de Vaud sur route sous le maillot national. Alexandre Balmer va tenter ce pari cette saison. «Pour l’instant, je suis surtout focalisé sur le VTT», explique-t-il. «Mon calendrier est chargé aux mois de mars et avril avec plusieurs épreuves de Coupe du monde. En mai, je me tournerai davantage vers la route.»

Daniel Gisiger, coach national, décidera à quelles épreuves sur route le Chaux-de-Fonnier pourra participer. Le tout sans se mettre trop de pression. «Pour moi, une course sur route correspond à un bon entraînement», confie-t-il. «Je ne m’y prépare pas spécifiquement. Cela me permet de travailler l’endurance et l’explosivité. En VTT, on roule toujours à fond et la tactique n’est pas très importante. Sur route, c’est le contraire, il y a beaucoup d’à-coups et il faut savoir réagir quand ça démarre. La stratégie est plus importante.»

Apprentissage utile

En tant que routier, Alexandre Balmer apprend aussi le placement. «Il faut savoir frotter et ne pas perdre sa place dans un peloton», confirme-t-il. «On doit s’imposer et c’est un peu mon problème. J’ai tendance à me faire remonter trop facilement. Je me laisse aussi trop facilement influencer, comme lors d’une étape des Classiques du Littoral que j’ai terminé troisième. En fait, à chaque course sur route, j’apprends de nouvelles choses.»

Un apprentissage utile pour le VTT dont le grand échassier du Cimes Cycle a fait sa priorité. «Je souhaite m’installer dans le top 10 mondial en juniors», annonce celui qui est passé du 122e au 23e rang au classement juniors UCI après sa récente victoire à Marseille. «Je veux mettre toutes les chances de mon côté pour les championnats d’Europe et du monde afin d’avoir une bonne place au départ. Je vise aussi un podium aux championnats de Suisse.»

«J’aime avoir des journées bien remplies»

Le champion de Suisse cadets sur route tentera peut-être aussi sa chance lors des championnats nationaux de cette discipline fin juin en juniors. «Il y a une manche de la Coupe de Suisse en même temps et je ne sais pas si je m’alignerai à Affoltern», tempère-t-il. «En fait, tout dépendra du profil du parcours. Je suis un bon grimpeur et un assez bon rouleur, mais pas très bon en sprint. Si après mes premières courses sur route, je vois que j’ai une chance de médaille, je pourrais y participer.» Comme le tracé s’annonce sélectif, le Chaux-de-Fonnier pourrait réaliser un nouvel exploit.

Sa saison s’annonce chargée et pas facile à gérer, d’autant plus qu’il concilie son activité sportive avec son apprentissage de polymécanicien. «J’ai une moyenne de 5,9 pour l’instant», clame-t-il fièrement. «Je donne toujours le meilleur de moi-même partout. Je demande même à Pauline Roy de me prêter ses cours d’allemand pour apprendre cette langue. J’aime avoir mes journées bien remplies afin de ne pas passer mon temps sur mon ordinateur ou mon smartphone.» Une exception qu’on vous dit.

Nouvel équipement et jolis dons

Les routiers du canton l’ont déjà remarqué, le Cimes Cycle a changé de tenue cette année. «D’abord en raison de changements au niveau de nos sponsors; puis, c’était l’occasion de modifier nos maillots», explique Claude-Alain Roy, président du club des Montagnes neuchâteloises. «Après six ans, nous avons un peu modernisé notre image.» Fort de 130 membres, dont 25 à 30 licenciés et une dizaine de jeunes à l’école de vélo, ce club fondé en 2011 se rajeunit avec l’arrivée d’une nouvelle vague de juniors.

Généreux, les dirigeants du Cimes Cycle ont effectué des dons avec les 250 articles de leur ancien équipement. Les deux tiers de ce stock ont été offerts à l’association caritative «Vélos pour le Faso» œuvrant pour le développement du cyclisme au Burkina Faso. Ce don a été réalisé grâce aux contacts de l’ancien professionnel Roger Beuchat avec Laurent Bezault, présent dans ce pays d’Afrique depuis de nombreuses années. L’autre tiers a été cédé à la fondation genevoise Aigues-Vertes qui travaille en faveur des handicapés.

Pauline Roy penche vers le VTT

Chez les dames, la polyvalence est moins une exception. Egalement membre de l’équipe nationale juniors (M19), Pauline Roy (18 ans, photo sp) allie la route et le VTT comme les autres membres de ce cadre. Championne de Suisse juniors en 2016 à Martigny, la Chaux-de-Fonnière avait aussi enlevé la médaille d’argent en VTT à Echallens. L’année passée, elle avait cumulé les deux disciplines, même au niveau international (championnats d’Europe et Mondiaux). Cette saison, ce sera moins le cas. «Je vais surtout privilégier le VTT», dévoile la Chaux-de-Fonnière en camp d’entraînement avec le cadre national au lac de Garde cette semaine. «De toute façon, les grands championnats se disputeront dans des délais trop raccourcis pour que je puisse cumuler les deux. Le problème sur la route en Suisse est que les courses réunissent un peloton d’une trentaine de coureuses. Au niveau international, on se retrouve avec 150 concurrentes au départ et c’est totalement différent. Il faut être très forte pour se distinguer et pour moi ce n’est possible que quand les pentes sont escarpées.»

La sociétaire du Cimes Cycle continue toutefois à pratiquer les deux disciplines à l’entraînement. «Elles sont assez complémentaires», assure-t-elle. «La route permet de travailler le rythme et l’endurance utile aussi pour le VTT, j’aime bien allier les deux. En compétition, toutefois, je préfère mettre toutes les chances de mon côté avec le VTT. Il vaut mieux assurer un bon résultat dans une discipline que deux moyens dans les deux. Je participerai tout de même à quelques courses sur route, comme les championnats romands et de Suisse.» Elle n’entend pourtant pas trop se disperser cette année, car ses examens de baccalauréat seront un autre cap à passer.

Côté sportif, Pauline Roy n’est pas trop satisfaite de son début de saison au niveau international après deux épreuves en VTT et une sur route disputées en Italie et en France. «ça ne s’est pas passé comme je le souhaitais, mais tout ne peut pas toujours bien marcher», glisse-t-elle. Elle espère signer son premier classement parmi les dix premières juniors ce week-end en Coupe du monde en Italie avant d’entamer la saison en Suisse avec la Swiss Cup.


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