12.07.2017, 00:01  

Michael Rasmussen «ne regrette rien»

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En plus d’être consultant, Rasmussen remplit un rôle d’éducateur dans une fondation pour jeunes en difficultés.

 12.07.2017, 00:01   Michael Rasmussen «ne regrette rien»

CYCLISME - Il y a dix ans, le Danois était exclu du Tour à Pau alors qu’il portait le maillot jaune.

RAPPEL DES FAITS

Aujourd’hui, le Tour de France retrouve une nouvelle fois Pau. La relation de la Grande Boucle avec la ville a été marquée par de nombreux épisodes historiques. Les plus fameux ont eu lieu il y a dix ans. En deux jours, du 24 au 25 juillet 2007, le Tour avait vécu l’exclusion d’Astana, suite au contrôle positif de son leader Alexandre Vinokorov, puis celle...

RAPPEL DES FAITS

Aujourd’hui, le Tour de France retrouve une nouvelle fois Pau. La relation de la Grande Boucle avec la ville a été marquée par de nombreux épisodes historiques. Les plus fameux ont eu lieu il y a dix ans. En deux jours, du 24 au 25 juillet 2007, le Tour avait vécu l’exclusion d’Astana, suite au contrôle positif de son leader Alexandre Vinokorov, puis celle du maillot jaune Michael Rasmussen, renvoyé par son équipe. Retour sur ces événements avec le Danois.

Le 25 juillet 2007, Michael Rasmussen triomphe en jaune au sommet de l’Aubisque. Le Danois ne le sait pas encore, mais il s’agit de sa dernière grande victoire. En redescendant vers Pau, Theo De Rooij, le manager de son équipe Rabobank, lui apprend que le directeur de la banque sponsorisant son team a décidé d’exclure le maillot jaune du Tour pour avoir menti sur sa localisation lors de la préparation de la Grande Boucle.

Sorti par la porte de service de l’hôtel Mercure de Pau, Michael Rasmussen est conduit dans une auberge qui n’existe plus avant de retourner à son domicile de l’époque en Italie. Suspendu ensuite pendant deux ans (pour défaut de localisation), il était revenu dans le peloton en deuxième division sans grand succès. En 2013, «Chicken» prenait sa retraite avant de passer aux aveux. On dit qu’il avait failli se suicider lors de son retour sur les lieux des faits. Presque aussi maigre qu’à l’époque, le désormais consultant du journal de Copenhague «Ekstra Bladet» répond aux questions sans remords, avec une glaçante lucidité.

Michael Rasmussen, quels souvenirs gardez-vous du 25juillet2007?

Cette journée fut, à l’image des trois semaines précédentes, la plus intense de ma vie. J’ai vécu des choses incroyables avant le Tour, pendant le fantastique départ à Londres, puis lors de mes huit jours en jaune et avant mon retour précipité en Italie.

De quoi devenir fou, non?

Oui, mais je ne regrette rien de ce qui s’est passé. J’ai porté le maillot jaune pendant huit jours et j’étais alors le meilleur cycliste du monde. Ce genre de choses, l’histoire ne peut pas le changer.

Vous êtes retourné à Pau en 2013. Pourquoi?

Pour écrire une partie de ma biographie (réd: «Fièvre jaune»), je suis retourné dans la même chambre d’hôtel où j’avais vécu mes derniers jours sur le Tour 2007. J’en ai eu des frissons. Je me souviens très bien de tout ça.

Vous êtes revenu sur le Tour 2015 en tant que consultant. Avec quels sentiments?

J’étais nerveux. Lorsque je suis revenu dans la salle de presse, j’ai vu de la curiosité et de la rancœur dans le regard des journalistes présents à Pau en 2007. Ils voulaient tous me poser les questions auxquelles je n’avais pas répondu lorsque j’avais quitté le Tour huit ans plus tôt. Pour moi, la situation était différente. Je ne voulais plus me cacher. J’avais déjà fait mes aveux à travers mon livre et j’étais en paix avec moi-même. Et puis, je ne suis pas le seul ex-dopé présent sur cette épreuve. D’autres sont aussi là. A l’image d’Aldag, Vinokourov, Fofonov, Jalabert et d’autres...

Avez-vous le sentiment d’avoir payé pour les autres?

Oui, tout à fait. Comme Lance Armstrong, Michael Boogerd, Jan Ullrich, Tyler Hamilton, entre autres. C’est comme ça que fonctionne le cyclisme. Nous avons été les moutons noirs. Je suis tout de même le premier et seul coureur du Tour expulsé pour ne pas avoir dit la vérité. C’est mon équipe qui m’avait exclu.

Lors du jour de repos à Pau en 2007, un jour avant votre expulsion, vous aviez menti sur votre localisation. Pourquoi?

Question stupide. Cela faisait partie des particularités de mon métier. Vous n’avez jamais entendu un coureur avouer qu’il se dope pendant qu’il est en activité. Bien sûr, durant ces journées de 2007, la pression était très grande sur mes épaules, mais je ne pouvais pas répondre autre chose. Pendant que vous êtes dans le cyclisme, vous ne pouvez que nier, pour espérer continuer votre carrière. A ce moment-là, avouer n’était pas une option.

Quelle a été la plus grande erreur que vous ayez commise?

De compromettre beaucoup de personnes autour de moi. En particulier, Whitney Richards, ce vététiste américain qui avait transporté des produits depuis les Etats-Unis en Italie, où j’étais établi. Je regrette de l’avoir impliqué. J’aurais dû lui expliquer ce qu’il faisait.

Quel regard portez-vous sur le cyclisme actuel?

Je pense que le vélo est devenu plus professionnel. Plusieurs équipes, à l’image de la Sky, travaillent de façon très pointue. En fait, ils n’ont rien inventé en termes de gains marginaux. Je faisais déjà ça avec mon entourage. Nous étions très attentifs à tous les détails au niveau de l’alimentation et de l’équipement (réd: il pesait sa nourriture et allait jusqu’à chausser des souliers plus petits que sa taille pour gagner du poids...).

Le vélo est-il devenu plus propre, selon vous?

Plus propre, oui. Mais pas totalement propre, non plus. Il ne faut pas être naïf. Les choses changent et ont changé, mais le dopage n’a pas totalement disparu.

Les Suisses ont essayé

Wyss et Küng Danilo Wyss, libéré de ses fonctions d’équipier de Richie Porte, s’est glissé dans le sprint hier à Bergerac. «Nous essayons de nous refocaliser sur de nouveaux objectifs après l’abandon de Richie Porte et j’ai tenté ma chance», expliquait le Vaudois (17e au final). «Mais c’est trépidant sur le Tour. J’ai dû freiner dans le dernier virage et ce n’était plus possible de me relancer. Cela faisait longtemps que je n’avais pas participé à un sprint.»

Au début de l’étape, Stefan Küng a tenté de participer à l’échappée initiale, mais les équipes de sprinters l’en ont empêché. «Ils savent que c’est dangereux de me laisser partir», rigole le Suisse, double vainqueur d’étape au Tour de Romandie. «Ce n’est pas grave. Je retenterai ma chance une autre fois.» Cette crainte du peloton est une belle marque de reconnaissance pour le Thurgovien.

Kittel tyrannique Marcel Kittel s’est transformé en tyran de Bergerac et il a étendu sa domination dans les sprints sur ce Tour. Face à une opposition décimée, l’Allemand a remporté sa quatrième victoire sur cette édition. «C’est incroyable d’avoir une telle réussite», jubile le sprinter de Quick-Step, qui pourrait étendre son règne aujourd’hui à Pau.

Pignons sur roue

Les phrases

«C’était presque une deuxième journée de repos.»
De Chris Froome après l’étape d’hier. «C’est bien, nous pouvons économiser notre énergie avant les étapes des Pyrénées», relevait le Britannique qui craint l’arrivée de demain à Peyragudes.

«Cela fait bizarre de se retrouver à cinq au petit-déjeuner.»
D’Arthur Vichot, coureur de la FdJ, par rapport à la nouvelle situation de son équipe décimée après le mise hors-course de quatre de ses coéquipiers dimanche.

«Il faudrait venir ici en vacances, pas forcément pour faire du vélo.»
De Michael Schär qui a eu le temps d’apprécier les paysages de la Dordogne et du Périgord hier. «C’est une très belle région», ajoutait-il avant de rejoindre l’hôtel de son équipe, situé à Bergerac, en vélo avec ses coéquipiers.

Président  La date de la visite du nouveau président français est connue: Emmanuel Macron sera présent sur le Tour de France demain entre Pau et Peyragudes. La Garde républicaine est déjà sur les dents.

Drame  Un cyclosportif hollandais de 52 ans a été victime d’un accident mortel lundi près de Bergerac. Il a été percuté par un conducteur de 80 ans, selon le quotidien «Sud-Ouest». Ce père de famille est décédé sur le coup. Le tragique quotidien des cyclistes…

Café  Il n’y a pas que les suiveurs et les téléspectateurs qui s’ennuient pendant les étapes comme celle d’hier. Le coureur Andrey Amador est même allé demander à un café à son directeur sportif pendant la course pour se maintenir éveillé. C’est dire…

Nouvelle équipe  A la retraite depuis 2015, Jérôme Pineau pourrait se retrouver à la tête d’une nouvelle équipe la saison prochaine. L’ancien coureur de IAM, consultant pour RMC, est sur le pointe d’annoncer la création de nouveau team qui devrait évoluer en Continental Pro et dont le leader serait le Français Bryan Coquard. A suivre…


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