15.07.2017, 00:01  

Un Tour indécis et indéchiffrable

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 15.07.2017, 00:01   Un Tour indécis et indéchiffrable

CYCLISME - La situation en tête est plus serrée que jamais. Quintana revient, Barguil gagne.

«La course a beaucoup bougé, mais les choses n’ont pas beaucoup changé.» Tel Machiavel, Yvon Ledanois, directeur sportif de BMC, résume la situation après la très courte et mouvementée étape d’hier sur le Tour de France. Mikel Landa et Nairo Quintana ont tout de même réalisé un retour intéressant au classement général, alors que George Bennett a été le...

«La course a beaucoup bougé, mais les choses n’ont pas beaucoup changé.» Tel Machiavel, Yvon Ledanois, directeur sportif de BMC, résume la situation après la très courte et mouvementée étape d’hier sur le Tour de France. Mikel Landa et Nairo Quintana ont tout de même réalisé un retour intéressant au classement général, alors que George Bennett a été le grand perdant de la journée. Warren Barguil, lui, a offert une victoire à son pays en ce 14 juillet.

Comme attendu, l’étape la plus courte de l’histoire de la Grande Boucle s’est avérée mouvementée. Il n’y a pas eu de temps mort entre Saint-Girons et Foix à travers les trois cols placés sur ce parcours. Dès le premier, celui de Latrape, Alberto Contador a déclenché les hostilités. Avec Mikel Landa dans sa roue, le «Pistolero» a livré un très beau baroud. Nairo Quintana l’a suivi avec Michael Kwiatowski dans sa roue et Warren Barguil. Le duel entre ces deux groupes a été haletant.

Les deux grands gagnants en vue de la victoire à Paris sont Mikel Landa (désormais cinquième au classement général à 1’09’’ de Fabio Aru) et Nairo Quintana, revenu au huitième rang (à 2’07’’). Rigoberto Uran a regagné 20 secondes sur le tapis vert (voir ci-contre), alors qu’Alberto Contador est 10e (à 5’22’’). Derrière ces coureurs, la lutte entre les autres prétendants à la victoire finale a été très tactique. Les attaques ont fusé de toutes parts, dans le mur de Péguère mais surtout dans les descentes, pour un résultat famélique: 11 secondes reprises par l’habile Simon Yates et l’épatant Dan Martin.

Sky brouille les cartes

La situation est ultraserrée, avec quatre coureurs (Aru, Froome, Bardet et Uran) séparés par 35 secondes au général, et indéchiffrable. Chacun semble vouloir calculer son coup sans vouloir trop se déplumer. «Personne ne veut prendre le risque de tout perdre d’un coup», constate Jonathan Vaughters, manager de Cannondale (le team d’Uran). L’exemple de George Bennett est parlant: le Néo-Zélandais, ex-sociétaire du VC Morteau-Montbenoit, a attaqué avant de lâcher pour se retrouver 11e à 6’24’’ au général, alors qu’il était 9e avant cette étape (à 4’24’’).

«Qui sait ce qu’il peut encore se passer maintenant?», se demande Jonathan Vaughters. Difficile à dire, surtout quand le Team Sky s’amuse à brouiller les cartes en faisant vraiment entrer en jeu Mikel Landa. «Notre objectif sur cette étape était d’abord de ne pas perdre de temps et, ensuite, de jouer aussi avec les atouts que nous avons», livre Nicolas Portal, directeur sportif du Team Sky, en référence au Basque. «Il est vraiment très fort et il s’agissait pour nous de placer nos pions aux bons endroits. Landa devait suivre les ténors qui partaient en attaque et il l’a très bien fait. Pour nous, la situation est parfaite. Nous avons deux coureurs dans les cinq premiers. Nous pouvons continuer de mettre la pression sur nos adversaires. Notre priorité est toujours Chris Froome (réd: deuxième à 6’’), mais la situation est devenue superintéressante.»

«Fabio Aru a la clé»

Attention toutefois à trop vouloir calculer. A force de se marquer et de défendre des places secondaires au général, les favoris ont remis en jeu Nairo Quintana. «C’est dommage, car nous avions réussi à le distancer», déplore Romain Bardet (troisième à 25’’). «Certaines équipes se sont livrées à des comptes d’apothicaire pour défendre des accessits et j’espère qu’on ne se mordra pas les doigts. Maintenant, la course va devenir encore plus palpitante.»

Cette physionomie très tactique favorise Fabio Aru. Toujours en jaune et esseulé (surtout après l’abandon de Fuglsang), l’Italien a maintenu sa position. «Je m’attendais à des attaques et je me suis surtout attaché à suivre mes principaux adversaires», raconte le Sarde. «La différence est que je ne pourrai plus laisser autant de champ à Mikel Landa.»

Reste à savoir pendant combien de temps Fabio Aru pourra défendre sa première place avec une équipe aussi diminuée. «S’il court intelligemment, il n’a pas besoin d’avoir des équipiers autour de lui», estime Yvon Ledanois. «Actuellement, c’est lui qui a la clé du Tour.» A vérifier, mais le droit à la plus infime erreur est interdit. A commencer par ce week-end lors de deux étapes piégeuses.

La revanche de Warren Barguil

Battu de justesse dimanche passé à Chambéry par Rigoberto Uran, Warren Barguil a triomphé hier à Foix. Une sacrée revanche pour le Breton, revenu de loin après sa vilaine chute lors du Tour de Romandie, qu’il avait quitté avec une blessure à la hanche. «Il y a deux mois, je n’arrivais pas à marcher et maintenant je gagne une étape sur ce Tour de France, c’est exceptionnel», jubile le Français, qui s’était imposé en 2012 au Locle lors d’une étape du Tour de Franche-Comté. «J’ai reçu beaucoup de critiques ces derniers temps et j’étais vexé. J’ai bien répondu en battant mon idole Alberto Contador. En amateur, quand je gagnais, je faisais le geste du «Pistolero», comme lui. J’ai du mal à réaliser.» Douze ans après David Moncoutié, Warren Barguil a permis au cyclisme français de jubiler à nouveau lors de la fête nationale. Cocoricooooo!

Pignons sur roue

pénalités Les pénalités de 20 secondes infligées, pour ravitaillement illicite à moins de 12 kilomètres de l’arrivée, à Uran, Pauwels et Bennett à l’issue de la 12e étape ont fait beaucoup parler. Romain Bardet, qui avait reçu une bouteille d’un spectateur à 6 km et en avait certainement bu quelques gouttes, n’avait pas été sanctionné. Histoire de remettre de l’ordre, les commissaires de l’UCI ont annulé toutes leurs sanctions. En expliquant que vu le grand nombre de spectateurs sur la route, les coureurs n’avaient pas pu se ravitailler correctement. Jolie pirouette.

crevaisons Les habitants de l’Ariège ne sont pas tous des fans du Tour, en particulier à Massat. Au pied du mur de Péguère, dont les derniers kilomètres étaient interdits au public hier, plusieurs pneus de voiture ont été crevés dans la nuit de jeudi à hier. La police a interpellé l’auteur des faits. Les enquêteurs tentent d’établir un lien avec l’affaire des clous jetés sur la chaussée survenue en 2012. Tiens, tiens…

tour de force C’est un petit miracle si les coureurs du Tour de France ont pu emprunter hier les pentes du col d’Agnès. Plusieurs éboulements survenus le 2 juin avaient sérieusement endommagé la route et des réparations d’urgence ont été effectuées pour un coût de 300 000 euros, selon «La Dépêche». Joli tour de force.

les phrases «On ne perd pas ses qualités du jour au lendemain.» De Nairo Quintana, qui assure vouloir se battre jusqu’au bout tant qu’il lui restera un gramme de forces. «J’ai aidé Mikel Landa tout ce que j’ai pu.» D’Alberto Contador qui a beaucoup travaillé pour son compatriote. Le Madrilène n’a toutefois pas réussi à remporter l’étape hier à Foix. «Warren Barguil était plus rapide que moi au sprint.» «J’ai les jambes, mais pas les galons.» De Mikel Landa, cinquième au classement général, par rapport à sa situation ambiguë chez Sky.


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