21.04.2017, 00:01  

Denis Malgin, le brûleur d’étapes

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Denis Malgin effectuera ses grands débuts avec l’équipe nationale ce soir.
Par laurent kleikl

HOCKEY SUR GLACE - Le néo-international suisse de 20 ans fera face à la patrie de ses ancêtres ce soir et demain.

Mi-décembre. Deux potes se retrouvent, anonymes, pour une petite bouffe. Une température polaire, des montagnes de neige, l’hiver fait son office à Winnipeg, capitale du Manitoba. «J’ai joué avec Nikolaj Ehlers au HC Bienne, c’était en minis-top», rappelle Denis Malgin. «Nous sommes toujours restés en contact.» Aujourd’hui, le Danois de 21 ans flambe aux Winnipeg Jets. Denis Malgin, lui,...

Mi-décembre. Deux potes se retrouvent, anonymes, pour une petite bouffe. Une température polaire, des montagnes de neige, l’hiver fait son office à Winnipeg, capitale du Manitoba. «J’ai joué avec Nikolaj Ehlers au HC Bienne, c’était en minis-top», rappelle Denis Malgin. «Nous sommes toujours restés en contact.» Aujourd’hui, le Danois de 21 ans flambe aux Winnipeg Jets. Denis Malgin, lui, découvre encore, à 20 ans, la rigueur de la NHL avec les Florida Panthers.

Hasard heureux, le destin a voulu que son premier entraînement avec l’équipe de Suisse se déroule, mercredi, sur la glace seelandaise. Celle de ses débuts, entre 2007 et 2010, quand son père Albert officiait comme entraîneur assistant du HC Bienne. Le destin, encore, a également voulu qu’il étrenne son statut d’international helvétique ce soir et demain, à la BCF Arena fribourgeoise (20h15) et la Tissot Arena (17h45), face à la Russie, la patrie de ses ancêtres.

«J’ai toujours vécu en Suisse. Je parle le russe et mes parents viennent de là-bas, ce sont mes seules relations avec la Russie», précise Malgin. «C’est toujours spécial de jouer pour son pays. Et commencer contre la Russie rend cette première sélection encore plus excitante.» La Sbornaja, jadis, a tenté de rapatrier dans son giron ce talent perdu en Helvétie. Sans succès. «Quand j’étais plus jeune, oui, j’ai eu des contacts avec la Fédération russe. Mais je suis né à Olten, je me sens suisse et mon cœur est suisse», assène-t-il.

Des débuts fracassants

Le hockey, aussi, il l’a appris en Suisse. Après avoir rejoint les usines à champions des ZSC Lions en 2010, il n’avait que 16 ans quand, avec les GCK Lions, il a disputé son premier match en LNB. Une année plus tard, le 29 septembre 2014, il ouvrait son compteur en LNA lors de sa première sortie dans l’élite suisse. Dans le calme apaisant du Hallenstadion, il ne lui a fallu que 30 minutes pour préparer l’ouverture de la marque de Roman Wick, terreau d’un succès 4-1 des ZSC Lions face à Fribourg.

En septembre dernier, Malgin le brûleur d’étapes a embrayé en «faisant l’équipe» à peine les patins posés aux Florida Panthers. «Je m’étais bien préparé. Le tournoi des recrues et le camp d’entraînement se sont bien déroulés», glisse-t-il. «L’entraîneur m’appréciait et m’a donné ma chance. Mes bons premiers matches en NHL m’ont permis de rester aux Panthers.» Quatre buts, autant d’assists, lors de ses 17 premières sorties dans la plus prestigieuse ligue du monde: du bon boulot. «Au début, je jouais vraiment bien. Mais il y a eu un changement d’entraîneur...» Le 27 novembre, Gilbert Gallant – «J’avais toute sa confiance», dit-il – a été contraint de laisser son fauteuil à Tom Rowe. «Avec le nouveau coach, ça s’est avéré un peu plus difficile, c’était différent...»

Passage obligé dans le rite initiatique d’un jeune pro évoluant en NHL, Malgin est envoyé en ligues mineures, aux Springfield Thunderbirds, club ferme des Panthers. «Quand je suis arrivé en AHL, il était important de trouver des repères. Dans l’équipe, il y avait Reto Berra et Tim Bozon. Ils ont en quelque sorte été mes points d’accroche. Ensemble, on pouvait se parler en allemand, cela m’a aidé. J’avais peut-être besoin de connaître cette expérience-là, tant cette ligue est différente de la NHL, où tout est si grand et si fou.»

Le couac de Montréal

Entre le 20 janvier et le 25 février, Malgin dispute 15 matches avec les Thunderbirds (12 points) avant d’être rappelé par Florida. «Mentalement, cette parenthèse en AHL m’a été bénéfique», note-t-il. «En NHL, j’ai connu un bon final. Lors des derniers matches, j’ai eu droit à pas mal de temps de glace. Dans ces conditions, tout devient plus facile.»

Des conditions qui n’évitent pas les couacs. Le 31 mars, Malgin s’est retrouvé à cinq reprises sur la glace lors de la victoire 6-2 du Canadien de Montréal sur les Panthers. «Cela doit être le premier ‘minus cinq’ de ma carrière», sourit-il timidement. «Je venais de passer neuf matches en tribune. Ce n’est pas évident de retrouver dans l’ambiance du Centre Bell face à une excellente équipe.» En plus, ce soir-là, les «Habs» avaient pour mission de valider leur ticket pour les play-off devant leurs partisans. Au mauvais endroit, au mauvais moment. «Ce n’était pas ma soirée...»

Les play-off, les Panthers les ont laissés aux autres malgré la présence, dans leur escouade, d’une superstar mondiale, un certain Jaromir Jagr. «C’est une légende... La première fois que je l’ai rencontré, j’étais très nerveux», confie Denis Malgin. «Mais c’est un gars très simple, très abordable, qui m’a beaucoup aidé. A 45 ans, il reste un des meilleurs. Sa façon de s’entraîner, tout ce qu’il fait hors de la glace, c’est juste impressionnant...»

Un Russe en admiration devant un Tchèque: le monde a bien changé. Heureusement.

trois bernois appelés, encore beaucoup d’incertitudes

Le sélectionneur Patrick Fischer a donné des nouvelles des deux Sven, toujours absents de l’équipe car convalescents: «Pour Bärtschi, c’est un problème à la nuque qu’il est en train de soigner à Portland chez un spécialiste. On attend le feu vert de Vancouver. Pour Andrighetto, c’est un souci à l’aine. On saura samedi s’il pourra venir en France.» Mais dans l’esprit du sélectionneur, il est clair que la présence des deux attaquants made in NHL rendraient l’équipe meilleure.

Concernant Nico Hischier et Martin Plüss, le tout jeune et le vétéran, il faudra également patienter jusqu’à demain pour savoir si les deux joueurs viendront grossir les rangs de la sélection nationale. «On regardera après la fin des Mondiaux M18 pour Hischier», souligne Patrick Fischer. «Quant à Martin Plüss, on communiquera samedi.» Si l’on croit «Blick», les coéquipiers du capitaine du SCB, Leonardo Genoni, Thomas Rüfenacht, Ramon Untersander et Simon Bodenmann rejoindront l’équipe la semaine prochaine. Eric Blum et Simon Moser sont eux blessés et leur présence est plus qu’incertaine. Pour le quotidien zurichois, les deux hommes ainsi que Martin Plüss ne seront pas du voyage.

Engagés en play-off avec Nashville et plutôt bien partis (3-0 contre Chicago), les cas de Roman Josi, Yannick Weber et Kevin Fiala sont en suspens. Mais si les Predators éliminent Chicago, la fenêtre sera de plus en plus serrée. «Ils auront eu deux tours de play-off, plus le décalage horaire pour éventuellement disputer les deux derniers matches avec nous, ce sera difficile», avoue Patrick Fischer. Le seul joueur qui pourrait être concerné, c’est Josi. Le Bernois est clairement un plus peu importe la situation.


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