19.04.2017, 00:01  

«Je ne pouvais pas espérer mieux»

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David Jobin soulève le trophée réservé au champion de Suisse. Le cinquième (et dernier) de sa formidable carrière.

 19.04.2017, 00:01   «Je ne pouvais pas espérer mieux»

Par laurent kleisl

HOCKEY SUR GLACE - David Jobin a mis un terme à sa carrière sur un nouveau titre avec Berne, son club de toujours.

Un happy end à l’américaine, un rêve éveillé. Lundi, le Franc-Montagnard David Jobin a quitté la scène sur un dernier titre. En LNA, le défenseur de 35 ans n’a porté le maillot que d’un seul club, le CP Berne. Sa reconversion dans l’immobilier, il l’a minutieusement préparée.

David Jobin, vous vous retirez après 19 saisons au CP Berne sur un...

Un happy end à l’américaine, un rêve éveillé. Lundi, le Franc-Montagnard David Jobin a quitté la scène sur un dernier titre. En LNA, le défenseur de 35 ans n’a porté le maillot que d’un seul club, le CP Berne. Sa reconversion dans l’immobilier, il l’a minutieusement préparée.

David Jobin, vous vous retirez après 19 saisons au CP Berne sur un cinquième titre national. N’est-ce pas là la plus belle des fins?

Je suis tellement heureux de terminer comme ça, sur deux titres consécutifs. C’est comme un vieux rêve qui se réalise. Tout est parfait, je ne pouvais pas espérer mieux! Je quitte le hockey sur une saison magnifique, durant laquelle j’ai réussi à être performant.

Pour ajouter une touche dramatique au dernier match de votre carrière, vous avez terminé la rencontre de lundi le visage en sang, avec une arcade sourcilière explosée!

C’est un accident, Josh Holden n’a pas fait exprès. Il était dans un duel avec un de mes coéquipiers. Il lui a soulevé la canne et je l’ai prise en plein visage. Je suis content d’avoir encore toutes mes dents! Cela aurait été bête d’en perdre sur le dernier «shift» de ma carrière.

Quand avez-vous effectivement décidé de raccrocher?

En janvier, après que le SCB m’a annoncé qu’il ne souhaitait pas renouveler mon contrat. Dès lors, j’ai commencé à réfléchir à mon avenir, à l’après-hockey. J’ai regardé les possibilités qui s’offraient à moi, ce qui était envisageable.

Il se dit que Berne aurait changé d’avis à votre propos après coup...

(il sourit) Qu’importe. De toute façon, ma décision était prise.

Le nouveau David Jobin gagnera sa croûte en tant qu’estimateur immobilier, exact?

Oui. Je vais travailler dans toute la région, mais mon bureau sera à Saignelégier. Avant de me lancer dans ma nouvelle activité, nous avons encore pas mal de soupers avec des sponsors et de sorties avec mes coéquipiers prévus cette semaine (rires)! Samedi, il y a la parade en ville de Berne puis, sans doute, un voyage d’équipe. Après, je pense que j’aurai mérité de partir un moment en vacances avec ma famille (réd: il est père de deux filles de 3 et 5 ans).

Auriez-vous pu continuer dans le hockey sur glace?

Oui, j’avais des possibilités. Mais j’ai très vite dit à mon agent que je ne me sentais pas prêt à discuter. Si je l’avais voulu, j’aurais pu trouver un nouveau contrat sans trop de problèmes.

En mettant un terme à votre carrière maintenant, vous répondez aux critères du SCB pour que votre No 72 soit retiré et votre maillot accroché au plafond de la PostFinance Arena. Est-ce que cet augure a joué un rôle dans votre décision?

Un peu, quand même... Il aurait été dommage de jouer 19 saisons dans le même club, de partir sur deux titres nationaux et d’ensuite aller gratter une année je ne sais où pour je ne sais quoi. Je préfère devenir une des légendes du SCB... Si je jouais pour l’argent, il serait mieux pour moi d’encore tirer deux ou trois ans. Mais l’argent n’a jamais été ma priorité. C’est aussi un choix familial.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de vos 19 saisons au SCB...

Tout est encore trop frais, il m’est impossible de répondre à cette question! Il me faudra un peu de temps pour digérer. J’ai vécu tellement de choses extraordinaires avec Berne, comme ces cinq titres nationaux. J’ai dû attendre six ans pour remporter le premier, en 2004. C’est à ce moment-là que j’ai constaté toute la difficulté de gagner le championnat. J’ai savouré chacun de mes sacres.

Durant les lock-out qui ont paralysé la NHL, en 2004-2005 et en 2012-2013, vous avez côtoyé quelques superstars internationales à Berne…

C’est juste. On a eu Daniel Brière, Dany Heatley et, bien sûr, John Tavares. J’ai même eu la chance d’être le partenaire de défense de Mark Streit durant le dernier lock-out. A son arrivée à Berne, Christian Dubé était également très impressionnant, tout comme Sébastien Bordeleau. Et il y a Martin Steinegger, qui a en quelque sorte été mon mentor. J’ai vécu plusieurs époques avec les SCB, des époques durant lesquelles le hockey a beaucoup changé.

Vous n’avez jamais participé aux Mondiaux avec l’équipe de Suisse, est-ce un regret?

Non, je n’ai aucun regret. Je n’ai pas eu beaucoup de chance avec la sélection. Quand je marchais bien, que j’étais en forme, je me blessais au mauvais moment. Ce n’est pas bien grave, car j’ai toujours mis la priorité sur mon club. Et au SCB, les saisons sont longues. J’étais parfois dans un tel état de fatigue après les play-off que je ne sais pas si j’aurais encore eu l’énergie pour rejoindre l’équipe de Suisse. J’ai participé à six championnats du monde en juniors mais jamais avec le cadre A. Toutefois, ce n’est pas du tout une déception.

Le CP Berne a écrasé les play-off et, notamment, l’EV Zoug en finale. Vous sentiez-vous invincibles?

Non, jamais! On a respecté chacun de nos adversaires. Paradoxalement, j’ai l’impression que notre quart de finale contre le HC Bienne a été la série la plus compliquée. Tous les matches ont été très accrochés et, sur le plan physique, cela n’a pas été de la rigolade! Je peux vous garantir que nous n’avons jamais fait l’erreur de prendre les Seelandais de haut. Notre chance a été qu’à chaque manche de cette série, un autre joueur faisait la différence.

Le hockey, est-ce définitivement terminé ou allons-nous vous revoir sur la glace, l’hiver prochain, au HC Franches-Montagnes?

(rires) Non, c’est terminé. En tout cas pour l’instant... Là, je vais ranger mes patins pour un bout de temps.


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