13.07.2017, 00:42

Il n’en reste plus qu’un: Federer

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 13.07.2017, 00:42 Il n’en reste plus qu’un: Federer

Par pierre salinas

Hécatombe hier au tournoi de Wimbledon. Des quatre membres du «big four», celui-là même qui s’était montré si impressionnant lors de la première semaine, il ne reste plus que lui, Roger Federer, 36 ans le 8 août prochain et plus vaillant que jamais.

Deux jours après l’élimination de Rafael Nadal (ATP 2), Andy Murray (ATP 1) puis Novak Djokovic...

Hécatombe hier au tournoi de Wimbledon. Des quatre membres du «big four», celui-là même qui s’était montré si impressionnant lors de la première semaine, il ne reste plus que lui, Roger Federer, 36 ans le 8 août prochain et plus vaillant que jamais.

Deux jours après l’élimination de Rafael Nadal (ATP 2), Andy Murray (ATP 1) puis Novak Djokovic (ATP 4) sont tombés sur le tapis vert, hier après-midi. Le premier battu par Sam Querrey (ATP 28) autant que par un mal de hanches récurrent (lire ci-dessous), Djokovic trahi par son coude «qui me gêne depuis près d’un an», précise-t-il. Alors qu’il était mené 7-6 2-0 par Tomas Berdych (ATP 15), le Serbe, qui aurait dû affronter Roger Federer en demi-finales, a jugé plus judicieux de jeter l’éponge. Son retour en grâce attendra.

Centième victoire

Roger Federer (ATP 5) profite du sien comme le gamin qu’il devient à chaque fois qu’il entre sur un terrain. Vainqueur à l’Open d’Australie après avoir dû observer une pause de six mois, le Bâlois est, avec tout le respect que l’on doit aux trois autres qualifiés pour le dernier carré, bien parti pour enlever son deuxième Grand Chelem de l’année, Wimbledon, où il vient de signer sa 100e victoire. Et qu’il avait quitté mal en point, le genou meurtri, 12 mois plus tôt. Alors, Milos Raonic n’avait eu aucune pitié.

Hier, les deux joueurs ont échangé les rôles. Le bourreau est devenu victime, le loup s’est transformé en agneau, Roger Federer, vainqueur 6-4 6-2 7-6, ne faisant qu’une bouchée d’un Canadien qui ne l’a guère mis que deux fois en difficulté: à 4-3 en sa faveur dans le troisième set, lorsqu’il se procurait quatre balles de break, puis dans le jeu décisif de cette même manche, dont il s’adjugeait les trois premiers points (3-0). Deux moments clés pour autant d’instants effrontément magiques. Coups droits, passings, volées, retours, tous gagnants bien sûr: comme souvent, le Suisse a attendu d’être poussé dans ses retranchements pour faire étalage de tout son talent. Non, face à Raonic, il n’y a pas eu de hic. Mais des «Oh» et des «Ah» d’admiration parmi le public. Et même une «ola».

«On ne peut pas comparer ce match avec la demi-finale de l’an passé pour la simple et bonne raison que je suis beaucoup mieux préparé et que Milos, lui, l’est un peu moins», analyse Roger Federer, avant d’ajouter: «J’avais traversé la saison sur terre battue avec des problèmes de dos. Puis c’est le genou qui m’avait empêché de jouer librement. Aujourd’hui, je suis redevenu un joueur normal, qui peut se concentrer sur la tactique avant de penser à sa Santé. Je suis frais, confiant. Et beaucoup de choses peuvent se passer quand onévolue avec confiance.»

En danger? Vraiment

Le meilleur serait-il à venir? Une chose est sûre: de rang de favori, le septuple vainqueur de Wimbledon, qui affrontera le Tchèque Tomas Berdych demain, est passé à celui de favori qui ne peut plus perdre. «Je souhaite à Andy (Murray) et Novak (Djokovic) un prompt rétablissement. Ils ne sont plus là, mais il reste de très grands compétiteurs en lice. Le danger peut venir de partout, qui plus est sur une surface aussi spéciale que le gazon, où la marge est plus petite qu’ailleurs», avertit Federer, qui s’est adjugé les sept dernières batailles qu’il a livrées à Berdych (18-6 dans les tête-à-tête). En danger le Suisse? Vraiment?

Trahi par son corps

andy murray «Les hanches ne mentent pas», chevrote plus que ne chante Shakira. Andy Murray pourra reprendre la ritournelle à son compte. Trahi par son corps, l’Ecossais (ATP 1) n’a pas tenu la distance et s’est incliné 6-3 4-6 7-6 1-6 1-6 devant l’Américain Sam Querrey (ATP 28), hier en quarts de finale de Wimbledon. «J’ai ressenti des douleurs pendant l’entier du tournoi, mais j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même et me suis battu jusqu’au bout. Aujourd’hui (réd: hier), cela aurait pu passer en trois sets. Je suis très déçu, car il y avait clairement quelque chose de mieux à faire», déclarait Andy Murray quelques minutes après avoir perdu son titre. Quant à sa place de joueur No 1 mondial, elle n’est pas en danger, Novak Djokovic, le seul qui aurait pu lui succéder lundi prochain en tête du classement de l’ATP, ayant abandonné.

Le mal était donc profond. Avant même le début de la quinzaine, nombre d’observateurs se posaient la question: à quel point Andy Murray, qui avait dû faire l’impasse sur une exhibition après sa défaite au premier tour au Queen’s, est-il touché? Si le Britannique a passé les quatre premiers tours sans encombre – seul Fabio Fognini avait réussi à lui voler un set –, la marche Querrey s’est révélée trop haute.

Il faut dire que le géant américain est un coupeur de têtes patenté. L’an dernier, sur le gazon de Church Road déjà, le grand serveur qu’il est n’avait-il pas mis Novak Djokovic au supplice? Mieux. Sur une surface qui sied parfaitement à ses lourdes frappes à plat, Sam Querrey s’est découvert une endurance de marathonien, lui qui vient d’aligner trois matches en cinq sets. Demain, dans ce qui sera la première demi-finale en Grand Chelem de sa carrière, le Californien de 29 ans affrontera le Croate Marin Cilic (ATP 6). Lequel a mis fin à la belle aventure de Gilles Muller (3-6 7-6 7-5 5-7 6-1).

Moi, Johanna Konta, citoyenne du monde

Demi-finales dames «JoKo», et non pas «Djoko», surnom réservé à Novak Djokovic, «Special K» ou encore «Kontattack»: depuis le début de la quinzaine, Johanna Konta (WTA 7) croule sous les sobriquets, le plus sympathique étant «la chérie de Wimbledon», évidemment. Depuis le début de la quinzaine, celle qui affrontera Venus Williams (WTA 11) cet après-midi pour une place en finale ne s’appartient plus tout à fait. Mais qui est-elle vraiment? Voici cinq choses à savoir sur la favorite des bookmakers.

Britannique? Oui, mais depuis 2012 seulement. Auparavant, Johanna Konta défendait les couleurs de l’Australie, son pays d’origine, et non pas celui de ses parents, qui sont hongrois. Vous ne comprenez pas tout? Reprenons depuis le début. Née il y a 26 ans à Sydney, Johanna Konta a émigré en Angleterre en 2005. A Londres puis à Eastbourne. Auparavant, la petite dernière de la famille avait séjourné six longs mois à Barcelone, dans l’Académie Sanchez-Casal. Là-bas, elle s’est construit un coup droit et a fait l’apprentissage de la solitude. «A l’époque, il n’y avait pas tous les moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui. Je me souviens d’une petite cabine téléphonique à la réception du club-house. Je m’y rendais à une heure fixe et mes parents m’appelaient», racontait-elle au «Guardian», récemment.

Deux titres ITF, l’antichambre du Circuit principal, en 2013. 2014: la voici parmi les 100 meilleures du monde. Un an plus tard, la Britannique entre au top 50, avant d’atteindre les demi-finales de l’Open d’Australie puis de remporter son premier titre WTA à Stanford, en 2016, saison à l’issue de laquelle elle est élue par les médias «joueuse à avoir le plus progressé» (elle est passée de la 47e à la 9e place). Bref, Johanna Konta a pris son temps. Aujourd’hui encore, le grand public ne la connaît que très peu. Dans les vestiaires au contraire, personne ne la sous-estime.

Parce qu’au moment d’enfoncer le clou, son bras tremblait souvent, Johanna Konta a fait appel à un psychologue du sport, Juan Coto, décédé à la fin de l’année dernière. De son mentor espagnol, avec qui elle a travaillé d’octobre 2014 jusqu’à sa mort, la Britannique continue de suivre les préceptes. «Juan m’a grandement influencée, il fait toujours partie de moi et de mon quotidien. Il a rendu la joueuse de tennis mais aussi la femme meilleure», soufflait-elle mardi au soir de sa victoire sur la Roumaine Simona Halep (WTA 2).

Et pour cause! Avant son élimination, hier, jamais l’Ecossais n’avait passé tournoi de Wimbledon aussi tranquille, tabloïds et autres quotidiens de boulevard n’ayant non plus un mais bien deux chats à fouetter. Et si Johanna Konta fait depuis quelques jours la «une» des pages sportives, celle-ci avoue ne pas lire les journaux. Une bonne idée, tant ses compatriotes pensent qu’elle est la «bonne», celle qui, 40 ans après Virginia Wade, hissera à nouveau l’Union Jack sur le prestigieux «centre court».

Petite, aviez-vous des posters de Venus Williams accrochés dans votre chambre? Réponse gênée de la Britannique, dont on sait qu’elle a pris Steffi Graf en exemple: «Non, pas vraiment.» Et de s’empresser d’ajouter: «Ce n’est qu’en grandissant que j’ai pris la mesure de ce que Venus et sa sœur avaient accompli et à quel point elles avaient fait avancer le tennis féminin.» L’honneur est sauf!


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