18.07.2017, 00:01  

La méthode au service de la créativité

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Roger Federer a su s’adapter et se remettre en question pour rester en haut de la hiérarchie mondiale.

 18.07.2017, 00:01   La méthode au service de la créativité

Par ats

TENNIS - Un cocktail explosif de multiples qualités explique les succès et la longévité de Maître Roger Federer.

Une créativité hors norme doublée d’une méticulosité sans faille, un talent précoce à la Usain Bolt, une capacité de travail au service d’une grande intelligence de jeu: ce mélange unique de qualités, qui se dégage des analyses des spécialistes de la balle jaune, explique les formidables succès et la longévité de Roger Federer. Un couteau suisse en forme d’œuvre...

Une créativité hors norme doublée d’une méticulosité sans faille, un talent précoce à la Usain Bolt, une capacité de travail au service d’une grande intelligence de jeu: ce mélange unique de qualités, qui se dégage des analyses des spécialistes de la balle jaune, explique les formidables succès et la longévité de Roger Federer. Un couteau suisse en forme d’œuvre d’art.

«Très jeune, on l’a vu chez Swiss Tennis, Roger avait des capacités physiques au niveau de celles des professionnels, notamment en termes d’élasticité. Un surdoué, simplement, un peu comme Usain Bolt», relève un «insider» romand du tennis suisse et international. Il résume en quelques mots ce qui peut unir les deux énormes champions: la capacité de surprendre et de ressurgir quand on ne les attend pas ou plus, grâce à une sorte de supériorité naturelle entretenue par le travail et l’instinct.

«Federer n’a besoin que d’un ou deux matches sur gazon pour se régler», vient de rappeler son entraîneur, Severin Lüthi. Ainsi, sa défaite d’entrée de jeu à Stuttgart contre le vétéran Tommy Haas, à mi-juin, ne l’a jamais inquiété. Federer n’est pas un «bourreau» de travail, mais il bosse ce qu’il faut.

Sa grande force est de tout capter et assimiler plus vite que les autres. Quand un Rafael Nadal, qui mise d’abord sur son physique, a besoin de taper des coups droits pendant trois heures de suite à l’entraînement, le Bâlois met l’accent sur les sensations, le toucher de balle, son coup d’œil, sa vitesse de déplacement, et bien sûr aussi un revers qui fait beaucoup de mal à l’adversaire, notamment depuis que le Maître a changé de raquette.

«L’Equipe» rappelait hier que Federer a adopté à la fin de 2014 une nouvelle raquette à plus grand tamis (626 cm2 contre 580 cm2 auparavant), qui lui permet de moins «boiser», de mieux gratter la balle côté revers et de servir plus fort.

Ce changement, un Pete Sampras par exemple n’avait jamais pu l’opérer. Chez Federer, il n’a pas payé tout de suite. Il a fallu que le Bâlois se remette de ses ennuis de santé (dos, genou en 2016) pour qu’il en tire profit.

L’ego de côté

L’intéressé lui-même a relevé dimanche, après son 8e sacre à Wimbledon, l’importance de la «constance» dans sa carrière. Constance et stabilité: sa famille – avec son épouse Mirka et ses enfants, ses parents – et «sa loge» (ses coaches Severin Lüthi et Ivan Ljubicic, ses amis) apparaissent très soudées. Cet environnement contribue grandement à l’incroyable force mentale du champion: «Federer a retrouvé l’emprise psychologique qu’il possédait sur le circuit quand il dominait outrageusement», analyse ainsi l’ancienne star suédoise Mats Wilander, qui le trouve même «plus fort» qu’il y a dix ans!

Les spécialistes le constatent: Federer possède cette aptitude rarissime à mêler créativité, fond de jeu et sens de la planification affirmé (sur ce dernier point, son entourage l’aide bien).

Un Benoît Paire par exemple est très créatif aussi, mais il ne tient pas la distance. Federer, en outre, se réinvente constamment. Il avait imaginé en 2015 le retour de service super-agressif quasiment en demi-volée, baptisé «Sabr» par les Américains, il invente aujourd’hui la méthode de l’«intermittent du spectacle» version champion: s’imposer de longues pauses (six mois) en 2016 pour revenir requinqué, au top.

«Il a l’art de faire tout juste», entend-on dans le circuit. L’art aussi, parfois, de faire déjouer l’adversaire. Avec lui, le joueur d’en face ne sait jamais à quoi s’attendre. Sa position sur le court peut faire penser à l’adversaire qu’il effectuera tel ou tel coup, mais le Bâlois fait souvent l’inverse. Son jeu est illisible. En constante évolution. Un créatif organisé.

Avec, pour couronner le tout, cette faculté à voir toujours le positif, à mettre son ego de côté quand il n’est pas au top. Sans compter son esprit parfois enfantin et ludique, véritable cure de jouvence. Bref, une espèce rarissime. De celle dont on fait les légendes. ats

«Je pense avoir mélangé un peu trop d’alcools»

La nuit a été courte et visiblement un peu trop arrosée pour Roger Federer... Le Bâlois, qui n’en a pas l’habitude, a admis lundi ne pas trop se souvenir de la soirée organisée après son 8e sacre historique à Wimbledon.

Facile vainqueur du Croate Marin Cilic (6-3 6-1 6-4) en finale dimanche, Federer a participé au traditionnel dîner des champions, aux côtés de la lauréate féminine, Garbiñe Muguruza, avant de retrouver une quarantaine d’amis et de proches dans un bar londonien.

«J’ai la tête lourde», n’a pas caché Roger Federer lors d’une conférence de presse hier matin. «Je ne sais pas ce que j’ai fait la nuit dernière. Je pense avoir mélangé un peu trop d’alcools.» Une gueule de bois rarissime pour le no 3 mondial, loin d’être un noceur, qui dégage, à 35 ans, une image de père de famille idéal. «Nous avons passé un bon moment», a-t-il ajouté. «Je suis allé au lit à 5 heures du matin et je ne me sentais pas au top quand je me suis réveillé. Je n’ai commencé à aller mieux qu’il y a une heure.»

Roger Federer, avec son 8e sacre sur le gazon londonien, a effacé des tablettes Pete Sampras et William Renshaw, tous deux couronnés à sept reprises. Une performance qui valait bien quelques verres...

Parmi les quelques questions sérieuses abordées lors de la traditionnelle conférence de presse, Federer a assuré qu’il ne se fixait pas d’objectif en termes de nombre de succès en Grand Chelem ou de classement mondial. «Je veux profiter de ce qui m’arrive, rester en santé et ensuite voir ce qu’il advient. Je joue pour gagner des titres, le classement ne m’intéresse pas tant que ça. Si tu remportes les principaux tournois et que tu bats les meilleurs joueurs, tu es automatiquement récompensé au classement.»


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