15.07.2017, 00:01  

«Non, je ne suis pas immortel!»

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 15.07.2017, 00:01   «Non, je ne suis pas immortel!»

TENNIS - Roger Federer disputera demain face à Marin Cilic sa onzième finale à Wimbledon.

«Gagner deux jeux décisifs et sauver les balles de break (5 sur 6) que j’ai pu sauver démontrent que je suis en confiance. Mais je peux mieux jouer que je ne l’ai fait et, très vite, j’ai compris que cette demi-finale ressemblerait plus à un marathon qu’à un sprint.»

Qui s’est plongé hier dans le match de Roger Federer...

«Gagner deux jeux décisifs et sauver les balles de break (5 sur 6) que j’ai pu sauver démontrent que je suis en confiance. Mais je peux mieux jouer que je ne l’ai fait et, très vite, j’ai compris que cette demi-finale ressemblerait plus à un marathon qu’à un sprint.»

Qui s’est plongé hier dans le match de Roger Federer (ATP 5) face à Tomas Berdych (ATP 15) en sera ressorti partagé. Septuple vainqueur à Wimbledon, le Bâlois cherchera demain à coiffer une 8e couronne lors de ce qui sera sa 11e finale sur le gazon de Church Road, la 29e en Grand Chelem. Car Roger Federer a gagné, en trois sets (7-6 7-6 6-4), à l’image de ses cinq tours précédents, preuve qu’il survole l’herbe de Londres comme Rafael Nadal avait lévité au-dessus de la terre battue parisienne un mois plus tôt. Mais pourquoi ce sentiment bizarre qu’il aurait pu ne pas s’en sortir indemne? Parce que c’est la vérité.

Pourquoi pinailler?

Pourquoi pinailler? Tomas Berdych lui-même ne mange pas de ce pain-là. «Est-ce que j’étais proche, est-ce que j’étais loin? On s’en fiche puisque seul le résultat compte.» Et le Tchèque, pourtant avare en compliments, d’ajouter dans un mélange de désespoir et d’admiration: «Roger (Federer) a bientôt 36 ans et je n’ai vu chez lui aucun signe de vieillissement. Comment fait-il? Je ne sais pas. Mais il est tout bonnement incroyable pour notre sport.»

L’âge de Roger Federer: le sujet du moment, plus intéressant pour les statisticiens que pour le Suisse lui-même qui, loin d’être ennuyé ou particulièrement fier, s’amuse de toutes ses questions sur la longévité de ses artères. «La clé, c’est l’amour que j’ai pour le tennis. Chaque jour, il faut être prêt à s’entraîner, à disputer un match ou à se présenter devant la presse, ce qui fait aussi partie du métier», sourit-il. Avant de s’esclaffer vraiment: «Non, je ne suis pas immortel! Je me considère plutôt comme un privilégié. Je sais à quel point beaucoup de joueurs aimeraient fouler ce court central ne serait-ce qu’une fois dans leur carrière. Moi, dimanche, j’y jouerai ma 11e finale. C’est plus que je n’aurais jamais pensé.»

Dimanche, c’est déjà demain. Et demain, Roger Federer aura 35 ans et 342 jours. En face de lui, un Croate de sept ans son cadet, Marin Cilic (ATP 6), qu’il a battu cinq fois en six confrontations et qu’il a déjà croisé sur ce même terrain, l’an passé, mais au stade des quarts de finale. Serrée, la rencontre avait basculé en faveur du plus âgé des deux, qui avait comblé deux sets de retard pour finir par s’imposer dans la douleur (6-7 4-6 6-3 7-6 6-3).

«Au minimum correct»

«Marin Cilic et Tomas Berdych ont deux jeux similaires, à la différence que Cilic retourne mieux et plus souvent. Difficile de lui faire des aces. Il prend aussi davantage de risques, et je pense que c’est comme cela qu’il faut jouer contre les meilleurs», analyse l’homme aux 18 titres du Grand Chelem.

Il n’imagine pas que le Croate, sacré à l’US Open en 2014 (lire ci-dessous), puisse être rattrapé par l’enjeu ou la solennité du moment: «Il va faire un match au minimum correct. En tout cas, il ne peut pas passer complètement à côté. Il est trop vieux pour ça.» Ceci dit sans ironie.

Marin Cilic, le profil de l’emploi

Trois ans après son sacre à l’US Open, où il avait marché sur l’eau autant que sur ses adversaires, parmi lesquels un certain Roger Federer, Marin Cilic (photo Keystone) s’est qualifié hier pour sa deuxième finale de Grand Chelem. Vainqueur 6-7 6-4 7-6 7-5 de l’Américain Sam Querrey (ATP 28), le No 6 mondial tentera dimanche de succéder à Goran Ivanisevic, dernier – et seul – Croate à s’être imposé sur le gazon londonien. C’était en 2001.

Colosse de 1m98, Marin Cilic, 28 ans, a la particularité d’être aussi puissant que sa raquette est réputée peu hospitalière. C’est dire la capacité qu’a son bras droit à créer de la vitesse et, donc, du danger, chose qu’il avait démontrée à New York, en 2014, lorsqu’il avait fait souffler sur Flushing Meadows un vent dévastateur. «Cette victoire à l’US Open m’a ouvert de nouveaux horizons. Pour moi, tout devenait soudain possible», se souvient celui qui, avant même le début de cette édition de Wimbledon, était le favori – le favori caché pour le moins – de nombre d’observateurs, Goran Ivanisevic et l’Espagnol Feliciano Lopez, lequel avait battu Cilic deux semaines plus tôt en finale du Queen’s, les premiers. «Je suis conscient de mes possibilités, mais que des gens disent du bien de vous est toujours très sympathique», reprend le Croate avant d’ajouter: «Les deux derniers matches, contre Müller et Querrey, ont été difficiles et intenses, mais il me faudra franchir une nouvelle marche, dimanche: battre Roger (Federer) dans sa maison, car j’ai l’impression qu’il se sent comme chez lui ici.» Marin Cilic et son tennis de déménageur ont le profil de l’emploi. psa

Martina Hingis en finale du double mixte

Martina Hingis s’est qualifiée pour la finale du double mixte à Wimbledon. La Saint-Galloise et son coéquipier Jamie Murray ont écarté la paire hispano-brésilienne Maria Jose Martinez Sanchez/Marcelino Demoliner (6-2 7-5).

Tête de série No 1, l’équipe helvético-écossaise a mis 1h03 pour se hisser en finale. Après avoir survolé la première manche, le duo a été accroché dans le deuxième set, dans lequel il était mené 4-5 avant de remporter les trois derniers jeux du match.

Martina Hingis et Jamie Murray, dont c’est le premier tournoi en commun, joueront le titre demain face au Finlandais Henri Kontinen et à la Britannique Heather Watson.

C’est la 33e fois (!) que Martina Hingis se qualifie pour une finale en Grand Chelem, la sixième en double mixte. Elle n’a, en revanche, gagné qu’une seule fois le mixte à Wimbledon, en 2015 au côté de Leander Paes. ats


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