09.03.2017, 00:01  

La grande sœur bien aimée du NUC

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VOLLEYBALL - Laura Girolami remplit bien plus que la fonction d’assistante de Silvan Zindel.

Le NUC compte une arme supplémentaire dans ses rangs cette saison, et pas n’importe laquelle. Libero emblématique de la formation neuchâteloise entre 2009 et 2015, Laura Girolami (30 ans) est revenue au club après une première expérience de six mois à l’Université américaine de Springfield, dans le Massachusetts.

Pas dans la peau de joueuse, mais dans son nouveau costume de coach assistante. «C’est comme si, d’une certaine manière, je n’étais jamais vraiment partie», plaisante-t-elle. «Le lendemain de mon retour, j’étais à la Riveraine pour assister au match de Coupe d’Europe du NUC. Ici, je me sens à la maison.»

Ce n’est donc pas un hasard de retrouver la Landeronnaise depuis cette saison de l’autre versant de la ligne, aux côtés de l’entraîneur Silvan Zindel. Enfin, même si l’ancienne No 15 assure que la transition n’a pas été aussi naturelle que son parcours le laisse penser. «Il est vrai que le coaching m’a toujours intéressé. Entre mes remplacements dans les écoles ou les cours de tennis que je donnais par le passé, j’ai toujours eu l’impression quelque part d’entraîner», concède l’Italo-Espagnole, qui avait dû renoncer à sa formation universitaire en sport pour se consacrer à sa carrière professionnelle. «Toutefois, je ne suis pas partie aux Etats-Unis en pensant que j’allais obtenir un poste d’assistante au NUC par la suite. Mais bien pour vivre une expérience originale.»

Le rêve américain

Dans le Massachusetts, où elle s’est engagée en tant que volontaire, Laura Girolami a pu découvrir un environnement professionnel, dédié uniquement à la cause du Dieu volley. «Les moyens à disposition, les infrastructures dont bénéficie l’équipe, l’énormité du staff: tout est dans l’exagération par rapport à ce qu’on connaît en Suisse», explique l’ex-pilier de «Valtra», qui a ramené dans ses bagages quelques outils à utiliser sur place. «Là-bas, la puissance physique est un paramètre central. Les Américains accordent aussi davantage d’intérêt au collectif qu’à l’individu. Ils n’ont d’ailleurs pas besoin de s’y intéresser outre mesure, car l’identification des filles au maillot est telle qu’elles sont prêtes à mourir sur le terrain. Autant que faire se peut, j’essaie d’insuffler ce ‘fighting spirit’au groupe.»

En Suisse en revanche, l’individu tient une place centrale. Exactement comme Laura Girolami au sein du staff. Outre sa fonction de soutien de Silvan Zindel tant dans les tâches sportives (analyse vidéo, gestion du groupe, direction des entraînements) qu’administratives, elle tient le rôle sacré de grande sœur auprès des filles. Pour sa grande expérience du championnat de Suisse, mais pas seulement. «Etant donné que je suis une femme, les joueuses viennent plus facilement se confier vers moi, que ce soit pour des questions en lien avec le volley ou pas», admet l’ancienne libero au tempérament de feu. «Oui, mais j’ai dû apprendre à me canaliser depuis que je suis passée de l’autre côté. Par exemple, lorsque Silvan pousse une ‘gueulée’lors d’un temps-mort, j’essaie d’arrondir ses propos. Sans le contredire, mais en apportant un plus en termes de motivation.»

L’importance du mental

Evidemment, être assistant ne se résume pas à aider l’entraîneur-chef dans ses choix tactiques. L’aspect psychologique – bien que souvent invisible – se révèle très souvent déterminant dans le succès d’un groupe. «Je n’ai pas encore fini de connaître toutes les ficelles de la personnalité et du caractère des joueuses de l’équipe. Il faut savoir précisément quelle fille a besoin de quel type de message selon la situation donnée. Pour tout connaître, une année n’est pas suffisante», reconnaît Laura Girolami, engagée jusqu’au terme de la saison.

Un message indirect aux dirigeants? «Non, pas du tout. Pour le moment, j’aime ce que je fais. Mais dans le sport plus encore qu’ailleurs, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve», conclut la grande sœur bien aimée du NUC.

Avec Schwerin, le NUC commence par le dessert

Schwerin ce soir (19h) en Coupe d’Europe, Schaffhouse samedi et Guin dimanche en clôture de championnat régulier: le NUC s’apprête à vivre une fin de semaine ô combien importante (lire nos éditions de lundi). Avec pour objectif final d’accrocher cette troisième place au terme de la saison régulière, qui lui permettrait d’éviter l’épouvantail Volero en demi-finale. Mais avant l’entrée schaffhousoise et le plat de résistance singinois, les Neuchâteloises commenceront par le dessert. Défaites 3-0 à la Riveraine il y a deux semaines par le leader de la Bundesliga, Mandy Wigger et ses copines ne comptent, en tout cas, pas brader ce quart de finale retour de la Challenge Cup. «Pourquoi investir autant d’argent et de temps si c’est pour ne pas jouer le coup à fond?», souligne Silvan Zindel. «On ne va pas utiliser un quart de finale de compétition continentale pour préserver de la fraîcheur dans l’optique du championnat. Cela ne colle pas avec l’esprit du sport ni avec celui du club. Ce serait aussi contre-productif en termes de préparation mentale pour le groupe.» Le Saint-Gallois – qui pourra compter sur tout son groupe – sait exactement ce que ses filles doivent réaliser pour avoir un espoir de qualification historique. «Nous devrons servir bien plus fort et améliorer notre bloc-défense pour tenter de les contrecarrer.»

au filet

bioexpress Née le 20 septembre 1986 au Landeron; est l’aînée d’une fratrie de trois enfants (une sœur, Dania, et un frère, Pablo); a effectué des études commerciales à Neuchâtel puis la passerelle pour obtenir la maturité gymnasiale.

Carrière de joueuse A effectué ses juniors à l’E2L avant de rejoindre Val-de-Travers. Avec le club vallonnier, elle a décroché une promotion en 1e ligue et une autre en LNB. Elle rejoint le NUC en 2009 où elle évoluera jusqu’en 2015. Elle a participé à cinq aventures européennes, dont le célèbre quart de finale de CEV Cup perdu contre Krasnodar en 2010.

Fin de carrière «J’ai toujours dit que je voulais arrêter au sommet. Nous avions vécu une saison difficile avec notamment un changement de coach en cours de saison. Ces épreuves avaient rendu le groupe plus fort, mais il arrivait aussi au bout de son histoire. L’opportunité américaine a facilité mon choix. Honnêtement, je ne sais ce que j’aurais fait si j’étais restée à Neuchâtel», livre-t-elle.

Carrière de coach Est partie «apprendre» le métier à l’Université de Springfield (juillet- décembre 2015); est assistante au NUC depuis le début du présent exercice. A commencé en 2016 la formation de base d’entraîneur à Macolin.


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