21.03.2017, 00:01  

En quête de ministres romands

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Après la défaite d’Oskar Freysinger en Valais dimanche, l’UDC ne compte plus qu’un seul élu romand  au sein des exécutifs cantonaux, Pierre-Alain Schnegg à Berne.
Par Philippe Boeglin

UDC - Pas réélu, Oskar Freysinger laisse un vide en Romandie. Le parti veut inverser la tendance. Prochaines échéances, les votations vaudoises et neuchâteloises.

Toni Brunner y croyait dur comme fer. Juste après la victoire-fleuve de ses troupes aux élections fédérales de 2015, le président d’alors de l’UDC ne cachait pas ses vues sur la Suisse romande. L’accession au Conseil fédéral du Vaudois Guy Parmelin devait lancer la croissance en terres francophones. Un an et demi plus tard, la réalité s’écarte des ambitions.

Oskar...

Toni Brunner y croyait dur comme fer. Juste après la victoire-fleuve de ses troupes aux élections fédérales de 2015, le président d’alors de l’UDC ne cachait pas ses vues sur la Suisse romande. L’accession au Conseil fédéral du Vaudois Guy Parmelin devait lancer la croissance en terres francophones. Un an et demi plus tard, la réalité s’écarte des ambitions.

Oskar Freysinger vient de se faire évincer du gouvernement valaisan. Quelques semaines plus tôt, le premier parti de Suisse échouait dans sa conquête d’un siège au Conseil d’Etat fribourgeois. Il ne reste donc plus qu’un seul UDC romand dans un exécutif, le bernois Pierre-Alain Schnegg. L’histoire se répète: déjà emprunté dans les élections aux exécutifs, le parti blochérien peine encore plus à l’ouest de la Sarine.

Pour la direction de l’UDC Suisse, l’heure est grave. «Plus que jamais, la Romandie constitue une priorité! Nous devons nous atteler à y trouver des têtes, ne serait-ce que dans l’optique des élections fédérales de 2019», fait savoir le secrétaire général Gabriel Lüchinger.

De nombreux espoirs reposent sur le conseiller fédéral vaudois Guy Parmelin, et sur son rôle de locomotive. «Notre potentiel de croissance en Suisse romande lui est très étroitement lié. Il fait du bon travail et cela pourrait nous aider», relève Gabriel Lüchinger. Mais la patience reste de mise: «Nous n’avons pas encore établi de stratégie précise pour remonter la pente.»

Un espoir vaudois

Loin d’être nouvelles, les difficultés de l’UDC à s’installer dans des exécutifs ne résultent pas d’un problème de fond, estime-t-on au sein du parti. «La non-réélection d’Oskar Freysinger est liée à son comportement et à sa personne», selon Gabriel Lüchinger. «Sa stratégie et sa campagne agressives n’ont pas porté leurs fruits», analyse Jean-François Rime, conseiller national (UDC/FR). «Le cas particulier d’Oskar Freysinger dénote un problème de personne, pas de parti», abonde un autre élu.

La relève ne ferait pas défaut. «Jacques Nicolet, candidat dans le canton de Vaud, est solide. J’ai bon espoir qu’il soit élu, car il s’inscrit dans la même ligne que feu Jean-Claude Mermoud (réd: ancien conseiller d’Etat UDC vaudois)», loue Raymond Clottu, conseiller national (UDC/NE).

Le Neuchâtelois détecte d’autres ministres cantonaux potentiels. «Dans mon canton (réd: les élections s’y déroulent en avril), Stephan Moser et Marc Arlettaz possèdent toutes les qualités nécessaires. Marc Arlettaz le prouve d’ailleurs à l’exécutif de La Chaux-de-Fonds (réd: des deux, seuls Stephan Moser est candidat)

Jean-François Rime voit dans l’ex-aspirant au gouvernement fribourgeois Stéphane Peiry une personnalité «reconnue, considérée comme raisonnable».

Apparentements en question

La synthèse sort de la bouche du conseiller national Pierre-André Page (UDC/FR). «Le profil idéal doit évidemment être charismatique, mais aussi dégager une forme de rondeur.» Oskar Freysinger possédait la première caractéristique, «mais il était trop virulent».

Tout le monde s’accorde sur un point. Les apparentements avec d’autres partis bourgeois ne tiennent pas leurs promesses – le cas fribourgeois est exemplaire. «Cela ne marche vraiment pas. C’est clair», constate Gabriel Lüchinger. «Il faudra probablement arrêter de sceller des alliances si elles ne rapportent rien. L’essentiel reste de se concentrer sur sa propre politique», résume Jean-François Rime.

Dans cette optique, l’apparentement entre l’UDC et le PLR pourrait jouer un mauvais tour à Jacques Nicolet. Les électeurs vaudois livreront leur verdict à la fin avril.

vice-présidence vacillante?

La fonction d’Oskar Freysinger de vice-président de l’UDC Suisse pourrait se voir fragilisée par le désaveu de la population valaisanne. Le tribun se retrouve en effet démuni de tout mandat politique. Secrétaire général de l’UDC Suisse, Gabriel Lüchinger temporise. «Cette question n’est pas urgente, Oskar Freysinger est élu jusqu’en été 2018.» Le secrétaire général lâche ensuite une phrase sibylline. «Oskar Freysinger va certainement faire sa propre analyse.» Connaître l’avis de l’ex-ministre valaisan aurait été fort intéressant. Mais celui-ci n’a pas répondu à nos sollicitations.


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