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 29.03.2017, 00:01  

La nouvelle vie locloise de Jämes Pellaton

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Michel Dawalibi a créé et déposé la marque en 2006. «Pour rendre hommage à Jämes Pellaton, qui n’est malheureusement pas apprécié à sa juste valeur dans sa région d’origine», confie ce Libanais d’origine de 48 ans. Horloger, ancien directeur de l’Ecole technique du Locle, Jämes Pellaton est décédé en 1954.

«Je l’ai découvert de plusieurs manières. Dans la famille de mon épouse, il y a plusieurs Pellaton. Quand je me suis rendu au château des Monts, j’ai découvert les collections. J’ai fait le rapprochement»,...

Michel Dawalibi a créé et déposé la marque en 2006. «Pour rendre hommage à Jämes Pellaton, qui n’est malheureusement pas apprécié à sa juste valeur dans sa région d’origine», confie ce Libanais d’origine de 48 ans. Horloger, ancien directeur de l’Ecole technique du Locle, Jämes Pellaton est décédé en 1954.

«Je l’ai découvert de plusieurs manières. Dans la famille de mon épouse, il y a plusieurs Pellaton. Quand je me suis rendu au château des Monts, j’ai découvert les collections. J’ai fait le rapprochement», ajoute-t-il. «J’ai fait la connaissance de son arrière-petit-fils Eric. Son père Jean-Pierre a fondé Ismeca. En discutant avec lui, il m’a dit: ‘Vas-y. C’est une belle démarche.’»

Premières pièces en 2009

La marque avance pas à pas. Les premières montres ont été dévoilées en 2009. «Trois, pas des prototypes. Un pur produit régional pour rendre cohérente la démarche», glisse-t-il. «Il a laissé des collections au château des Monts. Il faut garder la tradition, la passion qu’il a mises dans ses œuvres. Avec l’ancien président du comité du Musée d’horlogerie du Locle Charles-André Breguet, nous avons fait beaucoup de recherches. Nous parlons de l’homme aussi.»

La société franchit un nouveau pas aujourd’hui. Pour affiner sa stratégie, Michel Dawalibi fait appel à Emmanuel Vuille, un ancien de Parmigiani et Greubel Forsey. «Nous avons tout de suite accroché. Nous avons les mêmes idées, la même force, la même envie», relève le propriétaire de la marque. «C’est un homme plein de modestie, de compétences. Il a beaucoup d’activités dans la sous-traitance. Il est riche de par sa nature, sa culture», renchérit Emmanuel Vuille.

Pure tradition

A Bâle, Jämes Pellaton dévoile le chronomètre Royal Marine avec un tourbillon de haut de gamme. Cette montre est déclinée en trois modèles, limités 12 pièces chacun, un en or rose, un en or gris et 12 pièces uniques, dont une montre squelette. Ce chronomètre à remontage manuel intègre aussi une réserve de marche et un quantième rétrograde.

«Quand on s’appelle Jämes Pellaton, on doit faire un tourbillon», justifie Emmanuel Vuille. «Jämes Pellaton, c’est un contenu historique extrêmement intéressant. C’était un maître du tourbillon. Il a travaillé pour Ulysse Nardin, Patek Philippe, Zenith et Girard-Perregaux. Il a écrit des ouvrages de référence sur la théorie de l’échappement», rappelle-t-il.

«Le manteau de la marque est la tradition, la finition, l’innovation. Le mouvement a été développé par Michel Dawalibi et réalisé par Renaud Papi», explique-t-il. «Il est extrêmement robuste. Il est anglé main dans la plus pure tradition horlogère.» Le prix est en phase avec ce produit de haute horlogerie: 298 000 francs hors taxe. La marque propose aussi un calibre de montre de poche, limité à six exemplaires.

Stratégie redéfinie

Pour réaliser ces produits hors normes, des artisans de la région sont à l’œuvre. Horlogers, angleurs, décorateurs: leur savoir-faire est nécessaire à plus d’un tittre. Et les candidats ne manquent pas. «Michel Dawalibi a une longue activité dans l’habillage. Quand vous faites ce niveau de qualité, vous trouvez toujours des gens.»

Emmanuel Ville s’attache maintenant à refaire la stratégie de la marque. «Redévelopper les outils de communication; aller sur les points de vente.» Côté produits, «l’objectif est de faire une dizaine de pièces par an, peut-être 30. Faire des choses qui tiennent la route. Nous le savons très bien. C’est cinq ans de travail. Mais les fondamentaux sont là.»

En quête de notoriété

Sur le plan de la distribution, «l’idée est d’avoir quelques détaillants-clés dans le monde. De travailler à augmenter la notoriété de la marque. Nous avons de très bons échos», indique Emmanuel Vuille. «Il y a une vraie crédibilité historique contemporaine. Jämes Pellaton est décédé en 1954. Un homme vraiment compétent, qui a travaillé pour les autres.»

Cerise sur le gâteau, la marque intégrera bientôt la ferme qu’elle acquise sur les Monts aux abords du Musée d’horlogerie. L’idée est d’y regrouper les artisans. «Nous allons gentiment faire les choses, correctement. En octobre, nous commencerons les travaux. Nous avons déjà organisé un atelier à même de recevoir les collectionneurs», dit Michel Dawalibi. Le tout devrait être terminé dans les deux ans environ. Ce sera davantage qu’un atelier. Une bibliothèque, avec l’appui de l’éditeur neuchâtelois Antoine Simonin, sera aménagée. «D’amener un environnement où il n’y a pas que le produit, mais de la culture aussi», conclut le propriétaire de la marque Jämes Pellaton.


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