Football régional
 18.03.2017, 00:01  

Pourquoi les clubs de 2e ligue sont en grande difficulté une fois promus

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A l’image de ce duel entre le Stellien Anthony Gumy (au centre) et le Boudrysan Kevin Jacot (en bleu), la lutte pour la première place s’annonce difficile ce printemps.

FOOTBALL - Après la trêve hivernale, le championnat de deuxième ligue reprend enfin ses droits ce week-end.

«C’est bien de monter, mais si c’est pour faire l’ascenseur...» Cette pensée du coach de Bôle, Mario Suriano, partagée par son homologue de Boudry, Sébastien Grossin, et le président d’Etoile, Gérard Prétôt, révèlent les difficultés rencontrées par les clubs régionaux à se maintenir en 2e ligue inter. Les clubs qui accèdent à cette catégorie de jeu éprouvent d’énormes difficultés,...

«C’est bien de monter, mais si c’est pour faire l’ascenseur...» Cette pensée du coach de Bôle, Mario Suriano, partagée par son homologue de Boudry, Sébastien Grossin, et le président d’Etoile, Gérard Prétôt, révèlent les difficultés rencontrées par les clubs régionaux à se maintenir en 2e ligue inter. Les clubs qui accèdent à cette catégorie de jeu éprouvent d’énormes difficultés, comme le prouve Ticino, actuel bon dernier du classement. Une situation qui ne crée pas l’enthousiasme chez les candidats neuchâtelois à l’ascension.

Etoile mène actuellement le bal avec 26 points devant Auvernier (24), qui devrait avoir une deuxième partie de saison compliquée en raison d’une trêve hivernale agitée (notre édition du 28 février). Quant à Boudry (3e, 22 pts) et Bôle (4e, 19), ils n’ont pas dit leur dernier mot et assumeraient aussi une promotion en cas de titre.

«Nous avions l’objectif de terminer dans les quatre premiers. Si nous gardons notre place de leader à la fin de la saison, nous voulons monter», déclare le président du club chaux-de-fonnier. «Ça serait une bonne expérience pour l’équipe de retrouver pour la deuxième fois de notre histoire l’échelon supérieur (réd: la première promotion en 2e ligue inter a été décrochée à la fin de la saison 2010-2011)».

D’un point de vue sportif, la promotion n’a donc que du bon. «On pourrait enfin voir autre chose, affronter des équipes d’un autre calibre et se frotter à un meilleur niveau», souligne le Bôlois Mario Suriano. Du côté du président stellien, la montée amènerait plus de monde autour du terrain. «Cette année, nous sommes la seule formation des Montagnes neuchâteloises en 2e ligue. En montant, on pourrait avoir au moins un derby contre Le Locle, voire deux si Ticino se maintient.»

Ce n’est pas le même son de cloche pour les deux clubs du Bas qui, eux, n’auraient plus qu’un seul derby contre Colombier, pour autant que ce dernier parvienne à se maintenir. «En 2e ligue, tout le monde se connaît, les gens viennent au stade. On ne retrouverait pas ça en 2e ligue inter. En tout cas plus dans ces proportions», indique Sébastien Grossin.

Désavantages en masse

Malheureusement, d’autres problèmes sont à déplorer en cas de promotion. «Nous avons un bassin de population assez restreint, il y a donc beaucoup moins de joueurs pour énormément d’équipes contrairement aux autres cantons. Comme il y a déjà trois clubs du canton de Neuchâtel à l’échelon supérieur (Ticino, Colombier et Le Locle), qui ont déjà mis la main sur les meilleurs éléments de la région, cela nous rend la tâche difficile de trouver des joueurs pour le niveau de la 2e ligue inter», souligne l’entraîneur boudrysan. De son point de vue, il ne faut pas monter pour monter. «La politique du club est de faire marcher le mouvement juniors. Grâce à ça, on a déjà beaucoup de joueurs à disposition. Un ou deux éléments viendraient nous renforcer en cas de promotion. On aurait donc aucune difficulté en cas de relégation contrairement à d’autres clubs qui bâtirait une équipe de toutes pièces en recrutant en masse et payant la majeure partie des joueurs.»

Pour le président stellien, le problème économique est mis en avant. «Nous sommes un petit club avec des moyens limités. Les joueurs évoluant en 2e ligue inter réclament souvent une somme d’argent conséquente que nous ne pouvons pas donner.»

Pas assez d’infrastructures

D’autres difficultés au niveau des installations sportives sont à prendre en compte. «Il faut avoir de bonnes infrastructures qui permettent au club de s’entraîner entre neuf et dix mois par année, alors qu’aujourd’hui nous ne pouvons nous entraîner que sept mois par année», déclare Mario Suriano. Le problème est également récurrent du côté du club chaux-de-fonnier. «Nos éclairages ne sont déjà pas homologués cette année, et le terrain aurait dû être changé en 2015 pour un terrain synthétique, mais ça ne s’est finalement pas concrétisé. On est déjà obligé de jouer ailleurs le soir (à la Charrière) et, à cause de ça, personne ne peut profiter de notre buvette», rappelle Gérard Prétôt.

Il ne faut pas oublier non plus qu’une équipe ne peut pas vivre en 2e ligue inter sans des bases solides. «Derrière la montée, il faut que ça suive, c’est-à-dire avoir un club bien structuré, et un bon engagement des joueurs. Aujourd’hui, les jeunes font des études et ont aussi un job, ils ne sont donc parfois pas disponibles. Si Bôle est promu, il faudra qu’on puisse vraiment compter sur eux», lance Mario Suriano, qui montre l’importance des jeunes dans le football neuchâtelois.

Reste encore à savoir qui sera le club qui finira la saison en tête du classement.

De plus grands déplacements en 2e ligue inter

Boudry, Bôle et Etoile sont tous d’accord sur une chose: le problème des déplacements en 2e ligue inter. Entre les frais que peuvent engendrer la location d’un bus et les longs trajets pour chaque match, il n’est pas évident de pouvoir toujours compter sur l’intégralité de son effectif, comme le dit l’entraîneur de Bôle, Mario Suriano. «Ça doit être difficile pour les pères de famille de consacrer tous leurs samedis ou tous leurs dimanches, chaque week-end, pour le foot.»

En effet, les joueurs de 2e ligue interrégionale restent des amateurs, qui ont un travail ou des activités à côté. Le fait de devoir se déplacer assez loin est une grande contrainte pour beaucoup de joueurs. L’effectif de ces trois équipes est aussi relativement jeune. «Il est difficile d’empêcher un jeune de ne pas sortir s’amuser la veille d’un match», lâche le président chaux-de-fonnier, Gérard Prétôt.


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