HC La Chaux-de-Fonds
 24.06.2017, 00:01  

Sans Martigny, une «orgie» de derbies

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Jonathan Hazen (à gauche) et Loïc Burkhalter vont se revoir très souvent.

 24.06.2017, 00:01   Sans Martigny, une «orgie» de derbies

Par julián cerviño

HOCKEY SUR GLACE - La faillite du club valaisan débouche sur dix confrontations entre le HCC et le HCA.

CONTEXTE
La faillite de Martigny Red Ice est désormais officielle. Le comité de sauvetage du club valaisan a renoncé à faire recours contre cette décision, prononcée le 14 juin par la justice. Selon les dirigeants octoduriens membres de cet organe, «les montants nécessaires» pour assurer la survie de leur club étaient bien supérieurs à ceux réunis depuis quelques jours. Donc, ce club disparaît et on se retrouve à 11 équipes en LNB.

 

L’annonce de...

CONTEXTE
La faillite de Martigny Red Ice est désormais officielle. Le comité de sauvetage du club valaisan a renoncé à faire recours contre cette décision, prononcée le 14 juin par la justice. Selon les dirigeants octoduriens membres de cet organe, «les montants nécessaires» pour assurer la survie de leur club étaient bien supérieurs à ceux réunis depuis quelques jours. Donc, ce club disparaît et on se retrouve à 11 équipes en LNB.

 

L’annonce de la faillite de Martigny Red Ice était prévisible et les clubs de LNB – pardon Swiss League – s’y sont préparés lors de leur dernière séance, le 20 juin. La formule retenue est basée sur la précédente et prévoit 46 matches pour chaque équipe, avec quatre tours normaux et un cinquième tour régional intégré dans le calendrier.

Les groupes régionaux sont restés les mêmes: Langenthal avec Viège et Olten; Rapperswil avec Thurgovie et Winterthour; les GCK Lions avec les Ticino Rockets et Zoug Academy; le HC La Chaux-de-Fonds avec le HC Ajoie. Afin de compenser les quatre matches prévus contre Martigny Red Ice, qui faisait partie de ce groupe régional, le HCC et le HCA disputeront quatre derbies en plus des six autres agendés. On en arrive donc à dix confrontations au total entre ces deux équipes. Dix!

«Pas 36 000 solutions»

«Nous n’avions pas 36000 solutions pour faire face à cette situation», explique Gérard Scheidegger, manager du HCC. «Il n’était pas envisageable en saison olympique de passer à cinq tours normaux avec 50 matches au total. En plus, le championnat commencera une semaine plus tard (le 15 septembre). Etant donné les circonstances, nous sommes satisfaits de cette solution.» Entre une «orgie» de derbies et six matches supplémentaires contre les GCK Lions, les Ticino Rockets et Zoug Academy, le choix s’impose de lui-même.

«Folie des grandeurs»

Reste que ce plan B échafaudé dans l’urgence, n’est qu’un pis-aller pour faire face à une situation dramatique. «Ça ne doit pas devenir une habitude», confirme Gérard Scheidegger. Le manager des Mélèzes regrette, à plus d’un titre, la faillite de Martigny Red Ice: «D’abord, on ne peut pas se réjouir de la disparition d’un club. Ensuite, on ne peut que constater que cela arrive trop souvent en LNB (réd: Sierre, Neuchâtel YS, Forward-Morges, Martigny une première fois en 2008, Coire, Herisau, etc.). Cela dit, je ne pense pas que ce dénouement était forcément prévisible. Il semblait que les personnes impliquées dans ce club étaient capables d’assumer certains investissements. Je regrette que la folie des grandeurs de certaines personnes conduise à cette issue.»

Pour rappel, le budget du club valaisan était passé de 3,5 à 5,5 millions de francs entre la saison 2015-2016 à 2016-2017. Plusieurs joueurs de LNA et de LNB avaient été recrutés à grands frais. «Nous avions aussi souffert de cette situation», rappelle Gérard Scheidegger, «car nous n’avions pas pu enrôler ou conserver certains joueurs. Maintenant, certains d’entre eux se retrouvent à la rue. Plusieurs acteurs du monde du hockey doivent se poser des questions à la suite de ce dénouement.»

Lionel Girardin mal barré

Forcément, le contrôle exercé par la Ligue nationale dans ce genre de cas est aussi remis en question. Gérard Scheidegger n’en disconvient pas, mais souligne que «les dirigeants concernés doivent répondre de leurs actes en tant que responsables d’une société anonyme».

Des responsabilités légales pourraient être déterminées après cette faillite dont plusieurs joueurs sont les victimes.

Le Chaux-de-Fonnier Lionel Girardin (27 ans) fait partie des principaux lésés. «Cette issue n’est pas une grande surprise», convient ce défenseur. «Depuis la déclaration de faillite du 14juin, je ne me faisais plus de grandes illusions. Quand on ne reçoit plus son salaire depuis le mois de février, c’est mauvais signe. Comme d’autres joueurs, j’avais renoncé à engager des poursuites. Nous avons reçu des versements de la caisse de chômage pour une partie de nos salaires. Sans plus. Maintenant, je me retrouve dans une situation de merde.»

Il ne sera pas évident pour l’ex-joueur du HCC de retrouver un autre club à cette époque de l’année. «Et si nous devions recevoir une offre, elle ne serait pas négociable et certainement très basse», déplore Lionel Girardin qui assure ne pas avoir quitté le HCC en 2016 pour des raisons financières. «Je touchais le même salaire à Martigny qu’à La Chaux-de-Fonds. Je n’avais juste plus voulu attendre de recevoir une offre du HCC avant de signer à Red Ice.»

Cette issue dramatique touche aussi l’entourage du club. «C’est aussi dommage pour les gens qui ont travaillé d’arrache-pied pour tenter d’assurer la survie», se désole Lionel Girardin qui a disputé cinq saisons en Octodure.

Au Forum, l’amertume est immense et l’heure d’une union semble avoir sonné en Valais.

Des leçons, quelles leçons?

Et encore une! Les faillites en LNB se succèdent à un rythme aussi diabolique que régulier. Ce n’est pas difficile, il y a bientôt moins de clubs de deuxième division à y avoir échappé que ceux qui n’ont pas pu l’éviter. A chaque fois, on se pose des questions, les pontes de la Ligue nationale assurent vouloir tirer des leçons, mais quelles leçons? Ces messieurs ne parviennent pas à éviter ces déroutes pourtant souvent prévisibles. A l’image de celle survenue à Martigny.

Un club de LNB, qui peine à attirer plus de 1000 spectateurs par match, annonce une augmentation de budget de 2 millions de francs et on laisse faire. On se contente de recevoir chaque trois mois des garanties de paiements et de solvabilité, même pas officielles. Le tout supervisé par des dirigeants à la compétence douteuse et cependant réengagés.

Cette déroute remet aussi sur la table l’attractivité de la LNB et que son nom change de façon artificielle ne résout rien. Le «produit» ne se valorise pas de façon cosmétique. La diffusion de certaines rencontres en direct de cette catégorie la saison prochaine pourrait y contribuer, mais on doute que la présence de clubs formateurs soit la solution pour appâter les téléspectateurs.

Bref, on tourne en rond sans trouver de solutions ou sans vouloir affronter les problèmes frontalement. Dans ce pays riche, une ligue nationale de hockey forte de 24 équipes doit pouvoir tenir la route en évitant ce genre d’accidents à répétition. Avec de bons pilotes, ça serait plus simple.


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