Union Neuchâtel
 06.05.2017, 00:01  

«La clé se situe entre les deux oreilles»

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David Ramseier (entre les Genevois Marko Mladjan et Paul Gravet) est toujours très motivé face à son ancienne équipe. Jusqu’à présent, cela n’a pas suffi durant ces play-off. Il le faudra bien ce soir.

 06.05.2017, 00:01   «La clé se situe entre les deux oreilles»

BASKETBALL - Union n’a plus le droit à l’erreur en quarts de finale des play-off, ce soir face à Genève à la Riveraine (18h).

Union est «condamné» à renouer avec le succès. Encore une défaite ce soir (18h face à Genève, à la Riveraine) et la saison qui aurait dû constituer celle de la consécration se transformera en flop. De très loin la moins bonne des Neuchâtelois depuis leur retour en LNA de basketball, en 2012. Jugez plutôt: non-qualification pour le «final...

Union est «condamné» à renouer avec le succès. Encore une défaite ce soir (18h face à Genève, à la Riveraine) et la saison qui aurait dû constituer celle de la consécration se transformera en flop. De très loin la moins bonne des Neuchâtelois depuis leur retour en LNA de basketball, en 2012. Jugez plutôt: non-qualification pour le «final four» de la Coupe de la Ligue, élimination en quarts de finale de la Coupe de Suisse et du championnat.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Les Neuchâtelois peuvent modifier le cours de l’histoire. «La clé se situe entre les deux oreilles», estime Stefan Volery. L’ancien champion de natation – quatrième sur 50 m libre aux JO de Séoul en 1988 –, est aujourd’hui coach mental, spécialiste notamment en hypnose clinique thérapeutique. «Je suis un fou de basket, j’adore ça», assure-t-il.

Toutefois, ce n’est pas au niveau technique que le Neuchâtelois décortique Union. Il offre son éclairage sur les mécanismes mentaux qui ont pu conduire à la situation actuelle et les moyens d’inverser la tendance.

Union reste sur une triste série de sept revers. Pourtant, même contre les ténors de LNA, l’équipe n’a jamais été larguée. Elle est passée tout près du succès, que ce soit à Monthey en fin de tour intermédiaire ou lors des deux premiers actes des quarts de finale des play-off au Grand-Saconnex. «L’équipe se trouve face à un mur. Elle essaie de de le franchir mais se tape systématiquement la tête dedans», image Stefan Volery. «Or, si elle prenait un mètre de recul, elle verrait que, juste à côté, il y a une porte grande ouverte...» D’accord, mais comment faire pour la trouver? «A mes yeux, ce n’est pas une question de consignes, mais plutôt de qui les délivre. Je ne remets pas en question les compétences de Manu Schmitt. Je suis certain que son discours est juste. Simplement, c’est comme avec des adolescents. Parfois, le message a davantage d’impact lorsqu’il vient de l’extérieur. L’entraîneur peut être perçu comme un membre de la famille.»

Durant cette saison tourmentée, avec de multiples blessures, arrivées et départs, Manu Schmitt a souvent évoqué la difficulté à trouver la bonne alchimie. Ce que Stefan Volery appelle «le sixième joueur. Cela n’a rien à voir avec la technique. Il faut réussir à harmoniser cinq personnes avec des émotions différentes pour créer une vibration collective. Si l’on y parvient, c’est comme si on disposait d’un sixième joueur, autrement dit l’équipe. On se rapproche donc nettement de la victoire.»

Selon le coach mental, dans des périodes de doute, il est plus difficile de «créer» ce sixième homme. «Les joueurs peuvent craindre de ne pas disposer de suffisamment d’énergie pour eux-mêmes, donc ils n’en donnent pas assez aux autres.»

Stefan Volery explique qu’il existe des techniques, comme l’hypnothérapie ou la programmation neurolinguistique (PNL), pour surmonter cette difficulté. Mais rien ne vaut un leader reconnu et performant. «Regardez Cristiano Ronaldo. Il marque but sur but, pas uniquement pour lui mais pour aider le Real à décrocher des trophées. Il offre une grosse dose d’énergie positive à ses coéquipiers qui, en contrepartie, se dévouent corps et âme, car ils savent qu’ils peuvent compter sur un homme capable de faire la différence pour le bien collectif.»

Or, cette saison, avec le départ de Babacar Touré, cette figure fait défaut à Union. «Des joueurs comme Tony Brown ou Brian Savoy ont aussi endossé ce rôle l’an dernier. Je pense qu’ils peuvent porter ce costume. A moins qu’il s’agisse au final d’une saison de transition. Peut-être le club a-t-il simplement placé la barre trop haut.»

Lorsque l’on se retrouve dos au mur, rien ne sert de ressasser le passé, estime le double médaillé aux Européens. «Il ne faut pas se poser de question. N’avoir peur ni de perdre ni de gagner. Quand tu accumules les défaites, tu commences à penser à ton sport comme à un devoir. Les joueurs cherchent à comprendre ce qui ne va pas, plutôt que faire ce qu’ils doivent et savent faire.» Pour éviter de «gamberger», il convient de revenir aux fondamentaux, préconise Stefan Volery: «Le basket est un jeu. La notion de plaisir doit être prépondérante. Il faut qu’ils lâchent les chevaux, qu’ils s’éclatent.»

Si, malgré l’enjeu, les joueurs parviennent à se réapproprier cette joie de jouer, tous les espoirs sont permis. «Même s’il a souvent perdu, Union ne s’est jamais fait écraser: les joueurs se sont toujours battus, même après s’être mis des ‘autogoals’. Donc, il ne manque pas grand-chose pour inverser la dynamique

L’ancien nageur prend exemple sur le... hockey! «Regardez le CP Berne la saison passée. Pendant une bonne partie de la saison, les Bernois ont été nuls, ils ont frôlé le tour de relégation. Et puis, avec les mêmes joueurs et sans changer d’entraîneur, ils ont décroché le titre de champion! »

Un cas de figure qui pourrait s’appliquer à Union? «Pourquoi pas? Si les Neuchâtelois battent Genève samedi, cela peut produire un déclic. Les défaites honorables se changeraient alors en victoires à l’arraché. Ils pourraient même aller au bout. Tout est dans la tête.»

«Un peu de déception mais aucune résignation»

La France va se séparer sous peu de son président «normal». Le «boss» d’Union Manu Schmitt – qui pourrait, lui, quitter Neuchâtel (pour entraîner Hyères-Toulon, notre édition du 28 avril) – s’inspire pourtant du trait de caractère de François Hollande pour préparer un match décisif.

«Nous n’avons rien fait de particulier en vue de la rencontre face aux Lions. C’est une série de play-off, donc comme un match de Coupe. Nous sommes parfaitement conscients que nous n’avons pas de droit à l’erreur. Genève a fait son job en gagnant les deux premiers actes à domicile. A nous de faire de même. N’oublions pas que nous n’avons plus joué à la Riverainedepuis plus d’un mois (réd: c’était le 1er avril face à... Genève!). Il y a clairement là un facteur à exploiter.»

La «normalité» représente sans doute le meilleur moyen de ne pas crisper encore davantage des joueurs pleins de bonne volonté, mais qui calent dans le «money time». Ils paient le prix d’une accumulation de petites erreurs. Donc pas de «boot camp», ni d’apport externe. «Si un intervenant pouvait me garantir que nous arrêterions de perdre des balles stupidement, je l’accueillerais à bras ouverts», lâche, un brin sarcastique, l’Alsacien.

Non, Manu Schmitt préfère se focaliser sur le terrain. «Depuis le début de la série, et particulièrement lors du deuxième match, nous avons vu que les systèmes mis en place fonctionnent, pour autant que chacun fasse preuve de rigueur et d’implication.»

Ce n’est d’ailleurs pas ce dernier point qui inquiète le coach. «J’ai senti certes de la déception pour n’avoir pas gagné, mais aucune résignation. Au contraire, il existe une solidarité intéressante, et chacun a envie de fournir l’effort supplémentaire pour renverser la vapeur. Il n’y a rien à inventer, juste à tout faire un peu mieux.»

Manu Schmitt pourra compter sur son contingent (actuel...) au complet et ne se soucie pas trop des choix stratégiques de Genève, qui pourrait modifier sa batterie d’étrangers. «Nous connaissons très bien les Lions, ainsi que leurs qualités, individuelles et collectives. Après, selon les choix de leur coach, il peut y avoir une petite différence sur l’une ou l’autre position. Ce n’est pas l’essentiel. Il faut que nous répondions présents. Soyons efficaces et concentrés. Chacun sait ce qu’il a à faire. Aux joueurs de prendre leurs responsabilités.»


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