Union Neuchâtel
 13.05.2017, 00:01  

Union est déjà prêt à repartir au combat

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BASKETBALL - Le club neuchâtelois doit se trouver un coach et reformer une équipe, mais la motivation est intacte.

Absent du «final four» de la Coupe de la Ligue, éliminé en quart de finale de la Coupe de Suisse, cinquième seulement du championnat, Union Neuchâtel est contraint de brosser son pire bilan sportif depuis son retour en LNA au printemps 2012.

«Cette saison ne satisfait pas nos ambitions, mais elle correspond à nos moyens», philosophe Patrick Cossettini, directeur technique du club neuchâtelois. «Nous sommes des compétiteurs. Après deux finales des play-off jouées en2015 et2016 et une victoire en Coupe de la Ligue en 2014, nous ne pouvons pas être contents de ces résultats. Je ne parlerai pas d’un constat d’échec, mais il y a clairement un sentiment d’inachevé.»

Quelques jours ont toutefois suffi pour tempérer la douche froide. «Nous ne lâcherons rien», assure le vice-président d’Union Neuchâtel. «Nous travaillons déjà pour renforcer le club sur le plan sportif, administratif (comité) et structurel. Nous allons mettre sur pied une équipe compétitive et repartir avec des ambitions élevées. L’objectif sera d’aller le plus loin possible, et de faire mieux que lors de la saison écoulée. Nous ne serons pas là pour faire de la figuration.» Le budget global restera le même, à hauteur de 800 000 francs. Union a déjà reçu sa licence pour la saison prochaine.

Si le président Andrea Siviero tient toujours (et fermement) la barre, le club de la Riveraine doit se trouver un nouveau coach principal après le départ de Manu Schmitt à Hyères-Toulon. Et ce ne sera pas le Belge Thibaut Petit... Après «un premier round de discussions», trois candidats seulement (un Français et deux Serbes) sont encore en course. Le nom du successeur de l’Alsacien sera connu au plus tard à la fin du mois du mai.

Une «équipe ferme» en première ligue

«Notre philosophie sera de faire un peu plus et un peu mieux partout. Nous cherchons un entraîneur capable de gérer une équipe professionnelle, mais également de développer le basket dans l’ensemble du canton, de donner envie à des jeunes joueurs de nous rejoindre», précise Patrick Cossettini. «L’association cantonale de basket, malheureusement, est en grande difficulté. Une fusion se dessine d’ailleurs avec l’association fribourgeoise. Nous devons donc compter sur nous-mêmes pour aller de l’avant. Notre volonté n’est pas de tirer la couverture à nous, mais de travailler avec les autres clubs pour le bien de notre sport. C’est tout le basket neuchâtelois qui doit améliorer ses structures pour parvenir à sortir des jeunes.»

Annoncée l’année dernière déjà, une formation M23 de première ligue verra le jour cet automne, en partenariat avec le BBC Val-de-Ruz. «Ce sera notre équipe ferme», dévoile le directeur technique d’Union. «Actuellement, il n’y a aucune passerelle entre notre mouvement jeunesse et la Ligue A. L’idée est de permettre aux jeunes de jouer, de faire des erreurs et d’apprendre le métier. Ce n’est pas en rongeant leur frein sur le banc en LNA qu’ils pourront progresser et gagner en expérience. Aujourd’hui, le choix du club est de combler ce manque évident.»

Reconduit à son poste de coach assistant de la première équipe, Nicolas Decurtins aura un rôle «encore plus important» à jouer la saison prochaine. «Il sera chargé d’accompagner l’entraîneur lors de son entrée en fonction, et aura également un mot à dire dans la gestion de l’équipe de première ligue.»

Pour mémoire, le deuxième assistant Antoine Mantey quittera Union pour reprendre Troistorrents en LNA féminine.

«Nous allons devoir recruter des leaders, car on n’en a pas vu...»

été meurtrier Union a laissé filer ses illusions lors de la préparation. «L’été, c’est 70% de la réussite en basket», évalue Patrick Cossettini, en admettant des erreurs ou des mauvais choix dans le recrutement. «Après son opération à l’épaule, Tony Brown méritait notre confiance. Mais sa phase de récupération a été plus longue que ce que nous imaginions. Pareil pour Cédric Mafuta. Ces deux cadres n’étaient pas à 100% lors des deux premiers tours, et cela nous a handicapés.» L’arrivée tardive du meneur Brian Savoy, après la campagne de l’équipe de Suisse, n’a rien arrangé.

malchance tenace Si l’on passe sur l’erreur de casting Tre Ale-Edmerson, il reste la malchance, tenace. «Juwann James a traîné une pubalgie pendant deux mois, avant d’être contraint de mettre un terme à sa saison en raison d’une blessure à l’épaule. Construite autour de lui, l’équipe s’est déconstruite en 30 secondes», soupire le directeur technique. Durand Johnson – «Un bon choix au niveau du basket» – n’a pas été épargné. Obligé de rentrer aux Etats-Unis début novembre en raison de problèmes familiaux, l’Américain a fait son retour à la Riveraine début avril pour remplacer son compatriote. Et n’oublions pas la blessure au genou de Leo Schittenhelm, l’une des grandes révélations de la saison d’avant.

avec des si... Dans un championnat de Suisse toujours plus relevé, cela a pesé lourd. «Swiss Central et Boncourt ont signé quelques exploits, hélas contre nous», souffle Patrick Cossettini. «Sans ces deux défaites, nous aurions terminé deuxièmes à la fin des deux premiers tours. Nous aurions été qualifiés pour les demi-finales de la Coupe de la Ligue et l’ordre des matches n’aurait pas été le même lors de la phase intermédiaire. Nous n’aurions pas non plus affronté une équipe aussi forte que Genève en quart de finale des play-off... C’est là que notre saison s’est jouée.»

faillite finale Les arrivées de Zoran Krstanovic, Raimundas Danys et David Ramseier n’ont pas permis d’inverser la tendance. «Le collectif s’est effrité, la confiance aussi, et certains joueurs se sont liquéfiés. Si l’on regarde les statistiques, certains cadres n’ont pas rendu la partition que nous étions en droit d’attendre d’eux.»

(auto) critique Le meneur Brian Savoy (3 points de moyenne en play-off, photo Lucas Vuitel) semble dans le viseur. «Il pourrait se reconnaître», admet Patrick Cossettini. «Malgré la fatigue et le manque de récupération liés à sa campagne avec l’équipe de Suisse, il a réussi deux bons premiers tours. Mais il y a eu un retour de manivelle... En tant qu’international, j’espère qu’il est frustré de sa saison. Ce n’est pas lui qui nous a fait terminer cinquièmes, c’est le groupe. Mais il en faisait partie... Chacun doit maintenant faire son autocritique pour aller de l’avant.»

en quête de leaders... Du côté des joueurs, seul Cédric Mafuta est sous contrat pour la saison prochaine. S’il est acquis que Zoran Krstanovic et Juwann James ne poursuivront pas leur carrière à la Riveraine, le sort des autres membres de l’équipe est en suspens. «Les étrangers sont remis en question chaque année, dans la mesure où ils sont là pour combler les vides après l’engagement des Suisses», rappelle Patrick Cossettini. Un équilibre entre maturité et fougue devra être trouvé. «David Ramseier, Brian Savoy – sa saison ratée ne fait pas de lui un mauvais joueur... – ou Bryan Colon figurent sur notre longue liste, comme sur celles d’autres clubs... Il y aura des arrivées et des confirmations. Il faut laisser le marché se décanter un peu», conclut le directeur technique d’Union. «Mais nous allons devoir recruter des vrais leaders, comme l’étaient Babacar Touré ou James Mathis. Car cette année, on n’en a pas vu.»

«nous n’aurions pas retenu manu schmitt...»

Patrick Cossettini a tenu à remercier Manu Schmitt, en partance pour Hyères-Toulon. «Depuis son arrivée en 2013, il nous a challengés, forcés à devenir meilleurs en tout», glisse le directeur technique d’Union Neuchâtel. «Grâce à son engagement, le public a retrouvé le chemin de la salle, et les sponsors ont suivi. En prolongeant son contrat l’an dernier jusqu’en 2019, l’idée était de capitaliser sur ses compétences et de stabiliser le club à moyen terme.»

Raté! Le destin en a décidé autrement. L’Alsacien a fait valoir sa clause libératoire pour partir en ProA française cet été. «On peut écrire ce que l’on veut dans les contrats, à la fin, cela reste une histoire d’hommes», relance Patrick Cossettini. «Même sans cette clause, nous ne l’aurions pas empêché de partir à l’étranger, cela aurait été stupide et contre-productif. Notre objectif n’est pas de bloquer une progression de carrière. En revanche, nous ne l’aurions évidemment pas laissé filer à Genève ou à Fribourg... Nous lui souhaitons le meilleur. Ce sera difficile, mais Manu est un homme de défi.»


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